D’Ol­liergues jus­qu’au che­vet du dé­pu­té

La Gazette de Thiers - - FEMME DU TERRITOIRE - ALEXANDRE CHAZEAU

Der­rière chaque dé­pu­té, il y a des as­sis­tants par­le­men­taires. Co­rinne Ould’Ameur en fait par­tie. Au che­vet d’An­dré Chas­saigne, elle réa­lise elle aus­si son 4e man­dat. Re­tour sur une vie consa­crée à sa mis­sion.

◗ C’est peu dire que le lien entre An­dré Chas­saigne, le dé­pu­té de la cin­quième cir­cons­crip­tion du Puy­deDôme, et Co­rinne Ould’Ameur, son as­sis­tante par­le­men­taire de tou­jours, est in­dé­fec­tible. Mal­gré tout, au­cun des deux n’au­rait pa­rié en ar­ri­ver là en 1993. Quand le pre­mier, alors prin­ci­pal du col­lège de Saint­AmantRoche­Sa­vine, re­ce­vait la se­conde, alors âgée de 22 ans, pour un poste de se­cré­taire et de sur­veillante.

Co­rinne Ould’Ameur, après un CAP se­cré­ta­riat et un bac pro­fes­sion­nel comp­ta­bi­li­té à Am­bert, se re­trou­vait donc sur le mar­ché du tra­vail, elle, la na­tive d’Ol­liergues, qui au­ra tou­jours vé­cu avec ses grands­pa­rents. « Dans une pe­tite ferme, avec une grand­mère gaul­liste et un grand­père com­mu­niste. Ça don­nait », sou­rit Co­rinne en évo­quant son pas­sé. Un pas­sé qui reste an­cré en elle. Ni­veau convic­tions po­li­tiques, elle sui­vra son grand­père. Mais elle gar­de­ra des va­leurs des deux. « Des va­leurs de la terre, du bon sens pay­san, les va­leurs de so­li­da­ri­té, d’en­traide. Nous étions très mo­destes. Et j’ai gar­dé ce lien­là, c’est im­por­tant. »

« J’ai pas­sé des di­zaines de coups de fil »

Après le col­lège, elle se re­trouve em­ployée de la mu­ni­ci­pa­li­té, un peu mul­ti­fonc­tions, avec de nou­veau An­dré Chas­saigne, maire, comme chef. Et puis vient son bé­bé pro­fes­sion­nel, en 1995. « Nous avons créé un point ser­vice, un vrai centre de res­sources, ex­plique­t­elle. J’en étais l’ani­ma­trice, je fai­sais des pa­piers d’aides so­ciales, j’or­ga­ni­sais des for­ma­tions avec le Gre­ta, on fai­sait plein de choses. J’avais un rôle d’écoute, d’écri­vain pu­blic. Il fal­lait ai­mer les gens, car ce lieu était un vrai vec­teur de lien so­cial. Même An­dré pre­nait ses ren­dez­vous au point ser­vice, et pas à la mai­rie. Les gens sont ve­nus pe­tit à pe­tit. » Saint­Amant­Roche­Sa­vine avait alors une mai­son des ser­vices pu­blics avant­gar­diste. « C’était un lieu unique en France, où l’on avait éga­le­ment fu­sion­né les bi­blio­thèques de la com­mune. Au­jourd’hui, il conti­nue à vivre, via la mé­dia­thèque, te­nue par les bi­blio­thé­caires de la com­mu­nau­té de com­munes. »

Et puis, ar­rive l’an­née 2002. An­dré Chas­saigne est élu dé­pu­té pour la pre­mière fois. « Ça fai­sait dix ans que je tra­vaillais pour lui. On ne s’est même pas po­sé la ques­tion de sa­voir si je se­rais as­sis­tante par­le­men­taire, c’était lo­gique. Quand il a été élu, ça a été réunion dans le bu­reau, pour sa­ voir comment on fai­sait. On était no­vice tous les deux au ni­veau de l’As­sem­blée. »

Ses pre­miers jours dans sa nou­velle fonc­tion, la qua­dra­gé­naire s’en sou­vient en­core. « Il est mon­té à Pa­ris, il est re­ve­nu avec un dos­sier énorme qu’il a po­sé sur mon bu­reau. J’ai pas­sé des di­zaines de coups de fils à l’As­sem­blée, pour sa­voir comment tout se pas­sait. C’est très com­pli­qué. Et ça fait bi­zarre de s’y re­trou­ver pro­je­tée. »

Pour au­tant, Co­rinne prend du re­cul, et phi­lo­sophe : « Ce que je fai­sais au point ser­vice, c’est un peu la même chose au­jourd’hui. Ai­der les gens, faire des cour­riers, être là. Le tra­vail a évo­lué, mais dans le fond, c’est une conti­nui­té. Quand on est as­sis­tant par­le­men­taire, il faut ai­mer les gens. »

« La voi­ture, c’est un peu notre bu­reau »

Et l’équipe par­le­men­taire, elle la consi­dère comme une vraie fa­mille. Chaque vendredi, l’équipe mange en­semble à Thiers, c’est elle qui cui­sine. Il y a Ju­lien Bru­ge­rolles, Be­noît Pi­dou et Laurent Cour­tial. Cha­cun a ses do­maines de com­pé­tence. Et il y a le « chef ». An­dré Chas­saigne. Quand on parle de sa vie à elle, elle ré­pond du tac au tac : « Ma vie à moi, je n’en ai pas. Mais c’est un choix as­su­mé. » Gé­rer la comp­ta­bi­li­té, l’agen­da du dé­pu­té, gé­rer l’équipe, faire les cour­riers… Une fonc­tion qui ne laisse que peu de place au ré­pit. « J’ai aus­si un mi­temps de chauf­feur, la voi­ture c’est un peu notre bu­reau, ce n’est pas par co­quet­te­rie. Alors c’est qua­si­ment du sept jours sur sept. Comme An­dré est pré­sident de groupe, il est plus sol­li­ci­té, et moi aus­si. Il est sou­vent à Pa­ris, je gère le lien entre le ter­ri­toire et Pa­ris. Il faut es­sayer de tout équi­li­brer, je suis un peu le bou­clier pour le pro­té­ger, car il di­rait oui à tout. Faut faire le tam­pon par­fois. »

Mal­gré ce rythme ef­fré­né et tous ces rouages à maî­tri­ser, Co­rinne l’avoue, elle adore son tra­vail. « Et j’ai eu beau­coup de chance de me re­trou­ver avec lui. C’est un des dé­pu­tés les plus ap­pré­ciés de l’As­sem­blée na­tio­nale. » En 2022, la ro­mance de­vrait prendre fin, après vingt ans de bons et loyaux ser­vices en tant qu’at­ta­chée par­le­men­taire. Et si elle ne ré­flé­chit pas à l’ave­nir, une chose est sûre, im­pos­sible pour elle, de tra­vailler pour un autre élu.

Co­rinne Ould’Ameur est pré­sente aux cô­tés d’An­dré Chas­saigne de­puis sa pre­mière élec­tion en tant que dé­pu­té.

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