Au se­cours des pa­rents sé­pa­rés

La Manche Libre (Avranches) - - Societe -

Des ren­contres pour pa­rents sé­pa­rés sont lan­cées par l’Udaf et la Caf de la Manche.

L’opé­ra­tion est nom­mée “Être pa­rent après la sé­pa­ra­tion”. Les 10 et 24 no­vembre, la Caisse d’Al­lo­ca­tions fa­mi­liales (Caf) et l’Union dé­par­te­men­tale des As­so­cia­tions fa­mi­liales (Udaf) de la Manche or­ga­nisent des ren­contres avec les pa­rents sé­pa­rés afin de les conseiller et les gui­der pour une sé­pa­ra­tion en dou­ceur.

“Une sé­pa­ra­tion a une consé­quence ju­ri­dique, certes, mais éga­le­ment émo­tion­nelle et fi­nan­cière im­por­tante”, ex­plique Ugo Pa­ris, di­rec­teur de l’Udaf de la Manche. Or au ni­veau na­tio­nal, il a été dé­ci­dé de pro­té­ger les pa­rents de fa­milles mo­no­pa­ren­tales, plus sou­mises à des risques de pau­vre­té.

“Ne pas se sen­tir seul dans cette si­tua­tion”

“On constate mal­heu­reu­se­ment que beau­coup de pères ne paient tou­jours pas la pen­sion ali­men­taire”, ex­plique Jean-Marc Malfre, di­rec­teur de la Caf de la Manche qui, dans un pre­mier temps, est ha­bi­li­tée à re­ver­ser la­dite pen­sion ali­men­taire au pa­rent en dé­tresse.

4000 sé­pa­ra­tions

en trois ans

Ce­pen­dant elle exerce en­suite un tra­vail de re­cou­vre­ment au­près du se­cond pa­rent. Ce­la re­pré­sente la ma­jeure par­tie de l’en­ve­loppe dé­diée à l’Al­lo­ca­tion de Sou­tien fa­mi­lial qui s’élève à 8 mil­lions d’eu­ros chaque an­née. Le reste est at­tri­bué aux fa­milles dont l’un des pa­rents est dé­cé­dé. Mais cette si­tua­tion tra­duit avant tout un manque de com­mu­ni­ca­tion au sein de la fa­mille, d’où l’im­por­tance d’en­ga­ger la dis­cus­sion. L’Udaf et la Caf ont pri­vi­lé­gié des ac­tions grou­pées afin de li­bé­rer la pa­role de cha­cun. “Nous avons re­mar­qué que ce­la fai­sait du bien aux pa­rents de se rendre compte qu’ils n’étaient pas les seuls dans cette si­tua­tion”, jus­ti­fie Sté­pha­nie Cor­net, tra­vailleur so­cial à la Caf. Une réunion test a dé­jà eu lieu à Cou­tances où une quin­zaine de per­sonnes se sont pré­sen­tées. “Ce qui était in­té­res­sant, c’est qu’il y avait plu­sieurs pro­fils dif­fé­rents, des pa­rents qui n’ont pas la garde des en­fants, des pa­rents qui s’étaient dé­jà re­mis en couple”, dé­taille Claire Pau­lette, res­pon­sable de l’ac­com­pa­gne­ment so­cial à la Caf de la Manche. Au de­là de la com­mu­ni­ca­tion au sein des fa­milles et de la lutte contre la pau­vre­té, se cache le réel en­jeu des deux ins­ti­tu­tions : pro­té­ger les en­fants des désa­gré­ments de la sé­pa­ra­tion. “Nous sou­hai­tons faire en sorte que les deux pa­rents conti­nuent d’avoir un lien avec leur en­fant, même s’ils ne sont plus un couple. C’est pour ce­la que nous in­sis­tons sur la mé­dia­tion”, in­dique Cé­cile Cha­ron, mé­dia­trice fa­mi­liale à l’Udaf de la Manche, qui cite l’exemple du Ca­na­da où la mé­dia­tion est obli­ga­toire avant de pas­ser de­vant le juge des en­fants. “Ce n’est pas la po­li­tique de la France, la mé­dia­tion peut avoir lieu à n’im­porte quel mo­ment du pro­ces­sus, mais au moins on a une chance de ré­gler les choses à l’amiable”. Elle rap­pelle d’ailleurs que la pre­mière réunion d’in­for­ma­tion sur la mé­dia­tion est prise en charge par la Caisse d’Al­lo­ca­tions fa­mi­liales. Le prix de la consul­ta­tion par la suite res­tant très abor­dable, “en moyenne ra­re­ment plus de 15 eu­ros par pa­rents”.

L’an­née 2018-2019 ver­ra donc le dé­ve­lop­pe­ment de ces réunions d’in­for­ma­tion du­rant les­quelles plu­sieurs vo­lets de la sé­pa­ra­tion sont évo­qués et des sup­ports au­dio­vi­suels pré­sen­tés. Il existe d’ailleurs une for­ma­tion en ligne (MOOC) avec des vi­déos ex­pli­ca­tives sur les droits des pa­rents. L’Udaf et la Caf s’as­so­cient éga­le­ment pour dé­mar­cher en amont les pa­rents qui si­gnalent leur chan­ge­ment de si­tua­tion, afin de s’as­su­rer qu’ils ont bien les in­for­ma­tions dont ils ont be­soin, voire de les in­vi­ter à un ren­dez-vous. “Dès le pre­mier ap­pel, nous avons énor­mé­ment de pa­rents qui sou­haitent prendre ce ren­dez-vous. Cer­tains même nous contactent pour s’in­for­mer, alors qu’ils sont en­core en pro­jet de sé­pa­ra­tion”, ex­pliquent les ac­teurs du pro­gramme “Être pa­rent après la sé­pa­ra­tion”. Sur le ter­ri­toire dé­par­te­men­tal, près de 4 000 foyers ont dé­cla­ré leur sé­pa­ra­tion au cours des trois der­nières an­nées.

De droite à gauche : Claire Po­lette, Ugo Pa­ris, Sté­pha­nie Cor­net, Cé­cile Cha­ron et Jean-Marc Malfre guident et conseillent les pa­rents sé­pa­rés.

L’ob­jec­tif est de gar­der un lien pa­rent-en­fant.

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