Une Eu­rope “pas sé­rieuse” ?

La Manche Libre (Avranches) - - France-Monde -

Le ma­tin du 1er juillet à Bruxelles, les 28 chefs d’Etat et de gou­ver­ne­ment avaient dé­ci­dé de se re­voir le len­de­main mar­di pour ten­ter, à nou­veau, de s’ac­cor­der sur la dé­si­gna­tion d’un pré­sident de la Com­mis­sion eu­ro­péenne.

Mais l’échec du bras de fer entre di­ri­geants eu­ro­péens la nuit pré­cé­dente n’était pas im­pré­vi­sible. On voyait entre eux les di­ver­gences : d’in­té­rêts na­tio­naux, mais aus­si de concep­tion de l’UE.

D’un cô­té Em­ma­nuel Ma­cron, fervent “eu­ro­péen” mais par­ti­san d’une Eu­rope fé­dé­rale do­tée d’une po­li­tique com­mune.

Face à lui, An­ge­la Mer­kel et sa dau­phine dé­si­gnée, cer­taines que la vo­ca­tion de l’Eu­rope est de s’ali­gner sur Ber­lin.

Sans ou­blier, à l’Est, un groupe de pays d’adhé­sion ré­cente, plus en­clins à écou­ter Wa­shing­ton que Ber­lin ou Bruxelles...

Dans ce pay­sage, les idées au­da­cieuses d’Em­ma­nuel Ma­cron passent pour une ex­pres­sion de la lé­gen­daire “ar­ro­gance fran­çaise” - bête noire de l’Eu­rope ger­ma­nos­can­di­nave de­puis tou­jours, mais aus­si de l’Ita­lie de­puis 2018. Mme Mer­kel avait re­je­té di­manche la can­di­da­ture du pour­tant com­pé­tent Mi­chel Bar­nier, parce qu’alors la pré­si­dence d’un Fran­çais était hors de ques­tion. Même si le blo­cage sur la pré­si­dence ne sem­blait pou­voir se dé­nouer que par un com­pro­mis, en pro­fon­deur l’Eu­rope dont rêve Ma­cron n’est pas près de se mettre en place.

“Nous don­nons une image de l’Eu­rope qui n’est pas sé­rieuse”, dé­plo­rait-il lun­di.

Qui va prendre la pré­si­dence de la Com­mis­sion eu­ro­péenne ? Pour sa part, la can­di­da­ture de Mi­chel Bar­nier a été vic­time d’un conflit fran­co-al­le­mand, entre Em­ma­nuel Ma­cron et An­ge­la Mer­kel.

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