Le nou­veau bu­reau de poste a ou­vert

Fi­ni les gui­chets, la Poste du fu­tur mise sur de nou­veaux ser­vices.

La Manche Libre (Avranches) - - Avranches -

Après deux mois de tra­vaux, le bu­reau de poste d’Avranches, rue Saint-Ger­vais, a ou­vert ses portes. Le nou­vel amé­na­ge­ment colle aux nou­velles orien­ta­tions de La Poste, so­cié­té ano­nyme dé­te­nue en ma­jo­ri­té par l’Etat, qui cherche à di­ver­si­fier ses ac­ti­vi­tés face à la chute du trai­te­ment des cour­riers. L’ac­cueil se veut plus mo­derne et aé­ré avec la sup­pres­sion du gui­chet unique. A la place, des îlots de ser­vices des­ti­nés aux opé­ra­tions longues. Pour le tout-ve­nant, af­fran­chis­se­ment, achat de co­lis ou re­trait, il fau­dra pas­ser par le smart­phone du char­gé de clien­tèle ou les trois au­to­mates dis­po­nibles. Le gui­che­tier a vé­cu. La Poste compte sur ce mo­dèle pour faire dis­pa­raître les files d’at­tente et ré­pondre à une clien­tèle de plus en plus pres­sée et vo­la­tile.

Dès votre ar­ri­vée dans le hall, une per­sonne mu­nie d’un smart­phone vous ac­cueille et vous de­mande ce que vous dé­si­rez afin de vous orien­ter au mieux sur l’un des îlots ou au­to­mate qui dé­sor­mais struc­ture la nou­velle Poste d’Avranches, rue Saint-Ger­vais. Le fa­meux gui­chet li­néaire avec sa file d’at­tente a vé­cu. De quoi déso­rien­ter les ha­bi­tués des lieux. Après deux mois de tra­vaux, en­ta­més le 16 mai, l’agence postale d’Avranches a fait peau neuve. La der­nière trans­for­ma­tion re­monte à 2008 où la grande in­no­va­tion avait été de sup­pri­mer les vitres au gui­chet. Signe des temps, au­jourd’hui c’est au comptoir de prendre la tan­gente. “L’ac­cueil des clients se réa­lise en amont afin de rendre les flux les plus fluides pos­sible”, ex­plique Pas­cal Lus­ley, res­pon­sable com­mer­cial des bu­reaux de Poste de l’Avran­chin. D’une si­tua­tion d’at­tente du pu­blic, la Poste est pas­sée en mode ac­tif. So­cié­té ano­nyme de­puis 2010, dé­te­nue en ma­jo­ri­té par l’Etat, la Poste voit son mé­tier his­to­rique de dis­tri­bu­tion du cour­rier s’ef­fon­drer face aux mails, SMS, ré­seaux so­ciaux et nu­mé­ri­sa­tion des ad­mi­nis­tra­tions. De 2008 à 2016, la Poste est pas­sée de 18 mil­liards à 11,5 mil­liards d’ob­jets trai­tés. Et ça conti­nue de bais­ser. Con­cur­ren­cée éga­le­ment sur le mar­ché des co­lis de­puis la fin de son mo­no­pole, la Poste ne peut plus se per­mettre de faire at­tendre ses clients dans des queues in­ter­mi­nables à l’image du fa­meux sketch de Da­ny Boon. Le cli­ché est au­jourd’hui ob­so­lète. La nou­velle Poste se veut connec­tée, mo­derne et ra­pide. Le smart­phone de la Poste, un Samsung Ga­laxy, per­met au char­gé de clien­tèle, nou­veau nom des gui­che­tiers, de réa­li­ser des opé­ra­tions à la vi­tesse de l’éclair. Exemple avec l’achat d’un co­lis. Le smart­phone scanne le code-barres du pro­duit puis le trans­met à un au­to­mate où le client est in­vi­té à payer par carte bleue. “Dé­po­ser un co­lis prend 30 se­condes.” La même opé­ra­tion est pos­sible pour un re­trait. Un scan du re­çu, de la carte d’identité, une si­gna­ture nu­mé­rique et le tour est joué. Trois ma­chines per­mettent aux clients de pe­ser leur cour­rier et de l’af­fran­chir avant de le glis­ser dans l’une des boîtes aux lettres si­tuée à proxi­mi­té. L’un des au­to­mates offre même la pos­si­bi­li­té de réa­li­ser des opé­ra­tions ban­caires. “Les îlots sont ré­ser­vés aux opé­ra­tions longues comme les pro­cu­ra­tions ban­caires ou les trans­ferts Wes­tern Union.” Pour les agents, cette nou­velle or­ga­ni­sa­tion est éga­le­ment un grand chan­ge­ment. Can­ton­nés au­pa­ra­vant à un poste bien dé­fi­ni, ils sont au­jourd’hui ca­pables de ré­pondre à toutes les de­mandes des clients qu’elles soient ban­caires ou pos­tales. “Les agents ne sont plus af­fec­tés à un bu­reau de Poste mais tournent sur au moins deux agences.”

Obli­gée de di­ver­si­fier ses ac­ti­vi­tés, la Poste or­ga­nise de­puis 2015, grâce à la ré­forme Ma­cron du per­mis de conduire, des exa­mens du code de la route. A Avranches, le centre cour­rier, rue de la 4e-DBA, pro­pose des ses­sions col­lec­tives. Dans la nou­velle Poste d’Avranches, une salle est des­ti­née au can­di­dat qui sou­haite pas­ser seul l’exa­men. “Le client ré­serve son cré­neau sur le site de la Poste (poste.fr) et vient à l’agence où une salle lui est ré­ser­vée. Le can­di­dat passe son épreuve sur une ta­blette et ob­tient ses ré­sul­tats sous 48 heures.” De­puis la li­bé­ra­li­sa­tion de l’exa­men du code de la route, la Poste dé­tient 65 % des parts de mar­ché de ce sec­teur. Et de­puis le 22 juillet, la Poste d’Avranches pro­pose son nou­veau ser­vice de banque mo­bile postale : “Ma French Bank”.

“Flui­di­fier

les flux des clients”

200 ex­po­sants sont at­ten­dus les 26 et 27 juillet à Avranches.

Lau­rence Millet, char­gée de clien­tèle à la Poste d’Avranches, mer­cre­di 17 juillet 2019, dans la nou­velle agence de la rue Saint-Ger­vais.

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