Que fai­saient-ils dans la Manche?

Une ar­rière-pe­tite fille, en quête de l’his­toire de sa fa­mille, re­cherche des té­moi­gnages.

La Manche Libre (Avranches) - - La Une -

Mais qui sont Eu­gène et Ho­no­rine Sé­rée ? Une ar­rière-pe­tite-fille, en quête de l’his­toire de sa fa­mille, re­cherche des té­moi­gnages. Le couple a vé­cu à La Haye-du-Puits.

Juillet 1944. Mais qui sont Eu­gène et Ho­no­rine Sé­rée ? Au len­de­main des ter­ribles bom­bar­de­ments sur la com­mune de La Haye-du-Puits, Eu­gène Sé­rée, coif­feur, et son épouse Ho­no­rine dé­couvrent l’am­pleur des dé­sastres, mais aus­si la pré­sence li­bé­ra­trice des Amé­ri­cains. Un dur quo­ti­dien com­mence alors pour tous ces ci­vils.

Deux jours après la libération de la ville, le couple qui vient de ren­trer de Do­ville s’adresse aux Amé­ri­cains pour trou­ver à se lo­ger. Ils vont dor­mir quelques jours dans le ha­ras qui n’a pas été si­nis­tré, puis le maire leur trouve une pièce ha­bi­table rue Emile-Poi­rier.

Cette pho­to d’Eu­gène fait la “Une”

Eu­gène et Ho­no­rine re­çoivent ici des boîtes de ra­tions amé­ri­caines et le sol­dat Bill W. Le­mak, de San Fran­cis­co, leur offre un mor­ceau de cho­co­lat (notre pho­to). Cette pho­to d’Eu­gène fait ac­tuel­le­ment la “Une” du dé­pliant des ma­ni­fes­ta­tions liées au Dé­bar­que­ment de 1944, dis­po­nibles sur La Haye, Pé­riers et Les­say.

Eu­gène et Ho­no­rine se sont ma­riés à La Haye-du-Puits en 1902. Ils ont eu deux fils, Eu­gène et Charles, qui vont exer­cer éga­le­ment comme coif­feurs dans deux sa­lons dif­fé­rents : au 9, rue Emile-Poi­rier et au 5, rue du Doc­teur-Cal­le­ga­ri, an­cienne rue de Ca­ren­tan. Puis la fa­mille s’agrandit avec neuf pe­tit­sen­fants.

Un ar­rêt à La Haye-du-Puits

Voi­là un an, Syl­viane, une des ar­rière-pe­tites-filles d’Eu­gène et Ho­no­rine, s’est mise en quête de re­tra­cer l’his­toire de sa fa­mille et de son ar­ri­vée dans la Manche. En ef­fet, le ber­ceau his­to­rique de la fa­mille Sé­rée, de­puis le 17e siècle au moins, est à Mon­treuil-surHoulme et à Rânes, dans l’Orne, à quelques ki­lo­mètres de Ba­gnoles-del’Orne. Là-bas aus­si, Syl­viane a re­trou­vé des an­cêtres dé­jà coif­feurs, per­ru­quiers et sa­bo­tiers. Comme quoi cette li­gnée de coif­feurs vient de loin. Le père de Syl­viane, Guy Sé­rée, a lui-même fait son ap­pren­tis­sage de coif­fure dans l’un des deux sa­lons fa­mi­liaux. Mais son père Eu­gène dé­cède en 1948. La fa­mille part pour Le Havre et la longue tra­di­tion des coif­feurs s’ar­rête là. Au gré des ren­contres, des té­moi­gnages mais aus­si à tra­vers journaux, photos et documents d’époque, cette “sa­ga de coif­feurs” s’écrit pe­tit à pe­tit, ren­dant en­core un peu plus proches tous ces noms et vi­sages au fur et à me­sure des dé­cou­vertes. L’ar­rière pe­tite-fille lance donc un ap­pel pour l’ai­der dans ses re­cherches, à tous ceux dont le nom de Sé­rée - coif­feurs, ayant vé­cu à La Haye-du-Puits du dé­but des an­nées 1900 à l’après Se­conde Guerre mon­diale parle.

Mais com­ment lui est ve­nue cette en­vie de réa­li­ser des re­cherches sur ses an­cêtres ? “Une de mes deux soeurs a dé­cou­vert dans un livre de Mi­chel Pi­nel, écri­vain qui pu­blie des livres de mé­moire sur le can­ton de Les­say, une pho­to lé­gen­dée ‘Eu­gène et Ho­no­rine Sé­rée’”, ex­plique Syl­viane Sé­rée. “J’ai re­vu cette pho­to il y a un an et de­mi et je me suis in­té­res­sée à mes ar­rière-grands-pa­rents. Je ne les ai pas connus. Per­sonne n’en a ja­mais par­lé. Mon frère avait com­men­cé quelques re­cherches, et j’ai pris le re­lais.”

Par deux fois, Syl­viane Sé­rée et son com­pa­gnon Eric De­mare dé­cident de se rendre à La Haye-du-Puits à la re­cherche de té­moi­gnages. La der­nière re­monte à fin juin. “Nous avons pu ren­con­trer l’an­cien coif­feur, ou en­core un ga­ra­giste qui connais­sait mon père.”

Des cou­sins ja­mais vus

Le couple avoue éga­le­ment avoir bien tra­vaillé avec la mai­rie de La Haye : “Nous les avons in­ter­ro­gés, concer­nant les ma­riages.” Grâce à ces re­cherches, Syl­viane Sé­rée a pu ren­trer en contact avec des cou­sins et des cou­sines qu’elle ne connais­sait pas et réunir une di­zaine de té­moi­gnages.

Mais une ques­tion sub­siste : pour­quoi Eu­gène et Ho­no­rine Sé­rée se sont-ils ins­tal­lés à La Haye ?

Une pho­to d’Eu­gène et Ho­no­rine Sé­rée prise le 11 juillet 1944. La ville en ruines a été li­bé­rée après de durs com­bats le 9 juillet.

Syl­viane Sé­rée, l’ar­riè­re­pe­tite fille.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.