Se faire li­vrer, c’est en­core pos­sible

La Manche Libre (Avranches) - - Saint-Hilaire -

En zone ru­rale, les com­mer­çants vont à do­mi­cile, même si c’est dif­fi­cile.

Pas tou­jours fa­cile de se rendre en bou­tique quand la mobilité de­vient dif­fi­cile et que l’on ne vit pas en ville.

Cer­tains com­mer­çants viennent vendre di­rec­te­ment leurs pro­duits à do­mi­cile. Si la tra­di­tion­nelle tour­née que cer­tains com­mer­çants fai­saient en­core il y a quelques an­nées semble peu à peu dis­pa­raître, la li­vrai­son à do­mi­cile elle per­dure. Be­noit De­chan­cé, gé­rant de trois ma­ga­sins d’op­tique, s’est lan­cé dans l’aven­ture en 2016. Jus­qu’à une di­zaine de fois par mois, il se rend chez des clients pour ef­fec­tuer un contrôle de vue ou pour li­vrer les lu­nettes. Ces dé­pla­ce­ments de­mandent un temps im­por­tant. Pour une li­vrai­son, il peut ain­si être par­ti entre 1 h à 2 h. “Ce ser­vice est rare mais il est im­por­tant”, confie Be­noit De­chan­cé. L’op­ti­cien se dé­place aus­si dans les mai­sons de re­traite pour pro­cé­der à des contrôles et des li­vrai­sons de lu­nettes. L’en­tre­pre­neur s’est tout de même fixé des li­mites : “On livre jus­qu’à 30 mi­nutes au­tour de chaque bou­tique.”

Le ser­vice pro­po­sé est gra­tuit. Il ne fac­ture rien en plus du prix des lu­nettes. Il se rend ain­si dans des coins très ru­raux où les per­sonnes ne vont pas for­cé­ment consul­ter ré­gu­liè­re­ment un oph­tal­mo. “Par­fois, on se dé­place pour faire du dé­pis­tage et di­ri­ger la per­sonne vers un oph­tal­mo”, note Be­noit De­chan­cé.

Au-de­là du ser­vice, le com­mer­çant aime ce contact humain. “Lorsque l’on va chez eux, c’est par­fois la seule vi­site de la jour­née”, confie l’op­ti­cien. Au­pa­ra­vant, cer­tains com­merç a nt s te l s que les bou­lan­gers ou pois­son­niers pro­po­saient des tour­nées et s’ap­puyaient sur cette seule ac­ti­vi­té pour réa­li­ser leur chiffre d’af­faires.

Au­jourd’hui, ce­la semble uto­pique. “Ce n’est pas quelque chose de ren­table, ça fait par­tie d’un en­semble. Au­jourd’hui on ne peut pas faire que ça”, ex­plique Be­noit De­chan­cé. L’op­ti­cien n’est pas le seul com­mer­çant à pro­po­ser de la li­vrai­son à do­mi­cile.

C’est le cas aus­si de plu­sieurs bou­tiques.

Par exemple Xa­vier Lam­bert de la bou­lan­ge­rie Le Mi­tron. “Moi je fais vrai­ment de la li­vrai­son, je ne fais pas de tour­née pour vendre mon pain”, ren­seigne le bou­lan­ger. Il livre ain­si 6-7 clients par jour, dans un rayon de 15 ki­lo­mètres au­tour de Saint-Hi­laire.

Par exemple, il se dé­place dans des com­munes comme La­pen­ty ou Vi­rey. “C’est un moyen de fi­dé­li­ser la clien­tèle”, af­firme Xa­vier Lam­bert.

Jean-Paul Ro­ger, pré­sident de la fé­dé­ra­tion pour la dy­na­mi­sa­tion du Com­merce et de l’ar­ti­sa­nat du Mor­tai­nais (FDCAM), va dans ce sens. “On rentre tout juste dans nos frais quand on fait de la li­vrai­son à do­mi­cile”.

Il confirme ain­si que la li­vrai­son dans le mor­tai­nais est avant tout une aide pro­po­sée aux clients qui ne peuvent pas se dé­pla­cer. Le pré­sident de la fé­dé­ra­tion af­firme que beau­coup de com­merces du mor­tai­nais font de la li­vrai­son à do­mi­cile, mais “ce n’est pas quelque chose de for­cé­ment for­ma­li­sé. C’est plus dans l’es­prit de rendre ser­vice aux per­sonnes.” Ce ser­vice de li­vrai­son à do­mi­cile est donc vi­tal pour de nom­breuses per­sonnes âgées. D’ailleurs en ma­tière de san­té, les phar­ma­cies pro­posent sou­vent cette li­vrai­son à do­mi­cile no­tam­ment pour le ma­té­riel mé­di­cal.

Une grande par­tie des ser­vices énu­mé­rés sont gra­tuits, cer­tains peuvent ce­pen­dant s’avé­rer payants.

“Les tour­nées ? Ce n’est pas quelque chose de ren­table”

Be­noit De­chan­cé et son épouse ont mis en place le ser­vice à do­mi­cile en 2016.

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