Yann Bar­thès « Je pré­fère être bien-pen­sant que le contraire »

De re­tour pour une nou­velle sai­son de Quo­ti­dien, sur TMC, l’ani­ma­teur se confie sur sa ren­trée.

La Manche Libre (Avranches) - - Tv Magazine - Par Nicolas Vol­laire £@ ni­co­vol­laire

Il est aus­si rare en in­ter­view qu’un che­veu sur le crâne de Nicolas Can­te­loup. Car, s’il y a bien une chose que l’ani­ma­teur de TMC dé­teste par-des­sus tout, c’est par­ler de lui. Dis­cret ma­la­dif, il a ce­pen­dant ac­cep­té de ré­pondre. De Quo­ti­dien à la po­li­tique en pas­sant par Ha­nou­na, les cri­tiques et le suc­cès, Yann Bar­thès se livre sans conces­sion à TV Ma­ga­zine.

Quo­ti­dien en­tame sa 3e sai­son sur TMC en lea­der des talk-shows de l’avant-soi­rée, et l’au­dience pro­gresse tou­jours. Comment faites-vous à l’heure où la plu­part des au­diences stag­nent ou baissent ?

Quand on a lan­cé l’émis­sion, en sep­tembre 2016, j’avais dit que, si on fai­sait 1 mil­lion de té­lé­spec­ta­teurs en dé­cembre, le pa­ri se­rait gagné. Et on l’a fait dès la pre­mière ! Il y a peu d’émis­sions en di­rect chaque jour. La té­lé se consomme dif­fé­rem­ment, on re­garde moins en fa­mille, mais plu­tôt en re­play, sur un smart­phone, chacun dans son coin… Notre am­bi­tion, c’est de ras­sem­bler la fa­mille. Et c’est peut-être ça la rai­son du suc­cès de

Quo­ti­dien : une émis­sion qui ras­semble et qui tisse du lien so­cial.

Votre émis­sion est im­per­ti­nente. Avez-vous la même li­ber­té dans le groupe TF1 qu’à Ca­nal+ ?

’’ La discrétion est la chose la plus précieuse au monde pour moi’’

Non, pas du tout, c’est l’en­fer !

(Rires). Avec Alain Cha­bat ou le Pal­ma­show, on constate que l’im­per­ti­nence a un peu chan­gé de camp, ces der­nières an­nées… TF1 a aus­si chan­gé et nous avons tou­jours une to­tale li­ber­té de faire ce que l’on veut ! Mais c’est un com­bat de tous les jours, car j’ai l’im­pres­sion que l’hu­mour et l’im­per­ti­nence ont mau­vaise presse. Tout le monde se re­plie sur soi-même, sur sa com­mu­nau­té et le se­cond de­gré est mal vu. Tout ce­la m’in­quiète…

Quo­ti­dien est dé­sor­mais lea­der des talk-shows de l’avant-soi­rée de­vant C à vous et TPMP. Vous êtes heu­reux d’être nu­mé­ro 1 ?

Non, car je ne vois pas l’in­té­rêt d’être nu­mé­ro 1 ! On s’en prend plein la fi­gure. Moi, je pré­fère être nu­mé­ro 2. Et puis je ne m’in­té­resse pas aux au­diences. Je ne sais pas les lire et je ne les com­prends pas. Je de­mande juste si ça a mar­ché, on me dit oui ou non, puis c’est fi­ni… D’ailleurs, ça me fait mar­rer quand je re­çois un SMS de TF1 me di­sant qu’on a fait tel re­cord sur telle cible, alors qu’en réa­li­té je m’en fous com­plè­te­ment ! (Rires.)

La « guerre » avec Cyril Ha­nou­na a été vio­lente l’an­née der­nière. Cette sai­son, on a l’im­pres­sion que ça s’est cal­mé. Vous êtes sou­la­gé ?

Ah, je l’at­ten­dais la fa­meuse « ques­tion Ha­nou­na » ! Dé­so­lé, mais je n’ai rien de fra­cas­sant à dire sur le su­jet. Je suis juste dif­fé­rent de lui. Ce qui ne veut pas dire que je le mé­prise ou que je suis mieux que lui. On est dif­fé­rents, voi­là tout.

Si vous pou­viez « pi­quer » un chro­ni­queur à TPMP ou à

C à vous, le­quel pren­driez-vous ?

Au­cun ! Au­tant ne pas jouer à ce pe­tit jeu… (Rires.) Je suis ra­vi de mon équipe, qui est com­po­sée de su­per-jour­na­listes. Il y en a aus­si des bons dans C à vous et je ne connais pas les chro­ni­queurs de

TPMP, à part Isa­belle Mo­ri­ni-Bosc.

Votre an­cienne mai­son, Ca­nal+, a bien chan­gé, sur­tout sur les cases en clair. Qu’est-ce que sa si­tua­tion vous ins­pire ?

L’an pro­chain, on au­ra fait au­tant de sai­sons de Quo­ti­dien sur TMC qu’on avait fait de sai­sons du Pe­tit Jour­nal sur Ca­nal. Je ne re­garde plus Ca­nal, car on m’a cou­pé mon abonnement quand je suis par­ti et je ne l’ai pas re­nou­ve­lé. Mais je suis triste de sa­voir que la chaîne lance un plan de dé­parts, car ce sont des cen­taines de gens qui vont se re­trou­ver sur le car­reau…

Quelles se­ront les nou­veau­tés de cette ren­trée sur Quo­ti­dien ?

On a mis trois ans à trou­ver une for­mule, alors on ne va pas tout foutre en l’air ! (Rires.) On va chan­ger un peu le dé­cor et l’ha­billage. Tous mes jour­na­listes res­tent, car ils ont très bien bos­sé toute l’an­née. Et Sal­hia Bra­kh­lia va prendre plus de place sur les in­ter­views et sur cer­tains ven­dre­dis, où elle me rem­pla­ce­ra.

Et les hu­mo­ristes, sa­chant que Nora Hamzawi vous quitte ?

Je suis triste de la voir par­tir, car j’au­rais bien conti­nué avec elle, mais elle a beau­coup de tra­vail par ailleurs. Mais, comme je ne peux plus me pas­ser d’elle, on a fait un deal : Nora pas­se­ra une fois par mois pour faire une maxi-chro­nique ! Quant aux autres, vous ver­rez en­core plus de Pa­blo Mi­ra et d’Ali­son Whee­ler, et on va ac­cueillir une nou­velle hu­mo­riste le ven­dre­di. Elle s’ap­pelle Lau­ra Fel­pin, vous ne la con­nais­sez sans doute pas, mais elle va vous éton­ner !

Les invités pres­ti­gieux se sont suc­cé­dé sur votre pla­teau.

Quel in­vi­té de rêve ai­me­riez-vous si je vous pro­pose Jeff Be­zos (pa­tron d’Ama­zon et homme le plus riche du monde), Bri­gitte Ma­cron ou Ba­rack Oba­ma ?

Tous ces invités m’iraient très bien. Jeff Be­zos, ce se­rait su­per, car j’au­rais plein de choses à lui de­man­der. Bri­gitte Ma­cron, c’est quand elle veut ! On a lan­cé l’in­vi­ta­tion de­puis qu’elle est à l’Élysée. Quant à Oba­ma, il fau­drait faire un gros chèque et comme on ne paie pas nos invités… (Rires.)

Votre cô­té bien-pen­sant et don­neur de le­çons que cer­tains vous reprochent, vous le res­sen­tez par­fois ?

Je peux com­prendre qu’on me re­proche un cô­té bien-pen­sant. Mais je pré­fère ça que le contraire ! On a des va­leurs que l’on porte haut, comme l’an­ti­ra­cisme, les droits LGBT, la li­ber­té in­di­vi­duelle… Ce­la fait par­tie de notre ADN. Sur le cô­té don­neur de le­çons, je ne suis pas d’ac­cord. Nous ne fai­sons que mettre en avant, avec hu­mour, les contra­dic­tions entre les dé­cla­ra­tions et les ac­tions de chacun, celles des po­li­tiques no­tam­ment. On es­saie d’être drôles, d’avoir du se­cond de­gré, mais je n’in­sulte ja­mais per­sonne. La seule li­mite, c’est de ne pas bles­ser les per­sonnes concer­nées.

’’ Tout le monde se re­plie sur soi-même et le se­cond de­gré est mal vu. Ce­la m’in­quiète…’’

Yann Bar­thès

L’équipe de Quo­ti­dien au grand com­plet : Marc Beau­gé, Mar­tin Weill, Étienne Car­bon­nier, Sal­hia Bra­kh­lia, Az­zed­dine Ah­med-Chaouch, Yann Bar­thès, Li­lia Has­saine, Paul Lar­rou­tu­rou, Va­len­tine Ober­ti, Julien Bell­ver et Bap­tiste des Mons­tiers.

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