Vic­tor Bin­del (1883-1962)

La Manche Libre (Avranches) - - Avranches -

Le com­man­dant Vic­tor Bin­del est né à Huisnes-sur-Mer le 9 août 1883. Le fu­tur maire d’Avranches est in­cor­po­ré au 48e ré­gi­ment d’in­fan­te­rie le 4 no­vembre 1904 à Guin­gamp (Côtes d’Ar­mor) et gra­vit les éche­lons (ca­po­ral, ser­gent, ser­gent chef en 1907 et ser­gent four­rier en 1912). Entre temps, il se ma­rie le 1er dé­cembre 1908 avec Ma­rie Gau­chet (ha­bi­tant Juilley) et se­ra père de deux filles dont l’une dé­cé­de­ra à l’âge de 21 ans. Le 5 août 1914, il est af­fec­té au 202e ré­gi­ment d’in­fan­te­rie de ré­serve comme ser­gent-ma­jor, puis sous­lieu­te­nant en 1915. Ce ré­gi­ment for­mé à Gran­ville dans les pre­miers jours du mois d’août 1914 est com­po­sé de ré­ser­vistes is­sus de l’Avran­chin et du Mor­tai­nais, il part en train pour le front et par­ti­cipe à plu­sieurs at­taques. Vic­tor Bin­del est bles­sé par balle à la tête le 7 juin 1915 au Bois-Sa­bot dans la com­mune de Souain (Marne), puis éva­cué. Il rentre au dé­pôt avec le grade de lieu­te­nant. Il est en­suite dé­si­gné comme ins­truc­teur au centre des as­pi­rants de Saint-Maixent (Deux-Sèvres). Pro­mu ca­pi­taine en 1920, il est en mis­sion au Ma­roc de 1921 à 1923. De re­tour à Avranches, il achète, en 1930, une mai­son au 52 rue de Mor­tain, dans la por­tion de rue qui de­vien­dra rue du Com­man­dant Bin­del. Il y de­meure jus­qu’à son dé­cès, ain­si que sa veuve et sa der­nière fille, pro­prié­taire jus­qu’en 2007. Il est vice-pré­sident de l’as­so­cia­tion des “Co­lo­niaux de l’Avran­chin”. Mo­bi­li­sé le 25 août 1939 alors qu’il était en re­traite et âgé de 56 ans, il par­ti­cipe en juin 1940 aux com­bats au­tour de Cher­bourg contre l’in­va­sion al­le­mande du Co­ten­tin. Quelques heures avant l’ar­mis­tice, il or­donne à tous les postes du sec­teur d’Oc­te­ville sous son com­man­de­ment de ré­sis­ter à ou­trance face à l’of­fen­sive al­le­mande. Il évite ain­si aux mil­liers de sol­dats de la gar­ni­son d’être faits pri­son­niers. Ce­la lui vaut les fé­li­ci­ta­tions du gé­né­ral, com­man­dant la place. Il est fait pri­son­nier le 18 juin 1940. Après les bom­bar­de­ments de juin 1944, il or­ga­nise les ser­vices d’en­traide (dis­tri­bu­tion de vivres, vê­te­ments, mo­bi­lier…) aux si­nis­trés d’Avranches et de six can­tons. Il est dé­lé­gué, puis pré­sident d’hon­neur de ce centre d’en­traide de 1944 à sa dis­so­lu­tion. Le foyer Com­man­dant Bin­del, si­tué place d’Es­tou­te­ville, per­pé­tue cette tra­di­tion. Il est le pre­mier maire d’Avranches élu après la Li­bé­ra­tion en 1945. Jus­qu’en 1953, il oeuvre à la Re­cons­truc­tion d’Avranches avec Léon Jo­zeauMa­ri­gné, alors conseiller mu­ni­ci­pal. Il est no­tam­ment pré­sident de la Croix-Rouge jus­qu’en 1961. Il dé­cède à Avranches en 1962.

A Avranches, la rue du Com­man­dant Bin­del rend hom­mage à l’an­cien maire d’Avranches. La rue de Mor­tain lui fait suite.

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