Cha­rier “en­vi­sage de por­ter plainte”

La Manche Libre (Avranches) - - Isigny-le-buat -

VEZINS

L’en­tre­prise Cha­rier, man­da­tée par la Di­rec­tion dé­par­te­men­tale des ter­ri­toires et de la mer (DDTM) pour la dé­cons­truc­tion du bar­rage de Vezins, a ré­agi dans l’af­faire de l’em­ploi de quatre tra­vailleurs clan­des­tins - des Ivoi­riens - par la so­cié­té de gar­dien­nage Eu­ro­péen Op­ti­mal Sé­cu­ri­té Pri­vée. Mar­di 3 sep­tembre, en mi­lieu d’après-mi­di, le don­neur d’ordre de la so­cié­té de gar­dien­nage en ques­tion - au­tre­ment dit, la so­cié­té Cha­rier - a fait part dans un com­mu­ni­qué de son in­di­gna­tion, en­vi­sa­geant de “por­ter plainte” contre l’en­tre­prise Eu­ro­péen Op­ti­mal Sé­cu­ri­té Pri­vée. “Pour as­su­rer la sé­cu­ri­té du site, elle a fait ap­pel à la so­cié­té de gar­dien­nage Eu­ro­péen Op­ti­mal Sé­cu­ri­té Pri­vée à l’is­sue d’une consul­ta­tion en bonne et due forme, dé­clare-t-elle. Après un contrôle de l’ins­pec­tion du tra­vail, l’En­tre­prise Cha­rier dé­couvre que cette so­cié­té lui a four­ni de fausses at­tes­ta­tions. Suite à cette alerte, elle a mis im­mé­dia­te­ment en de­meure la so­cié­té de gar­dien­nage de ré­gu­la­ri­ser la si­tua­tion.” Et de conclure : “En l’ab­sence de ré­gu­la­ri­sa­tion, l’En­tre­prise a dé­ci­dé de sus­pendre son contrat avec Eu­ro­péen Op­ti­mal Sé­cu­ri­té Pri­vée et en­vi­sage de pour­suivre la so­cié­té de gar­dien­nage en jus­tice.” Rap­pe­lons que le contrat de gar­dien­nage cou­rait sur les 15 mois du chan­tier de dé­cons­truc­tion du bar­rage de Vezins mais s’est stop­pé le 28 août, date à la­quelle il a été de­man­dé aux quatre agents de sur­veillance, en si­tua­tion ir­ré­gu­lière et ex­ploi­tés, de ne plus se rendre à leur tra­vail. Comme le ré­vé­lait lun­di 2 sep­tembre 2019 La Manche Libre, les quatre hommes de na­tio­na­li­té ivoi­rienne, qui sou­hai­taient ré­gu­la­ri­ser leur si­tua­tion sur le ter­ri­toire fran­çais “en tra­vaillant au mi­ni­mum 3 mois”, ont non seule­ment été em­bau­chés sous une fausse iden­ti­té par l’en­tre­prise de gar­dien­nage mais ils n’ont aus­si ja­mais été ré­mu­né­rés - ou très fai­ble­ment - du­rant ces quatre der­niers mois. En ef­fet, ils n’avaient pas de pro­messe d’em­bauche, ni de contrat de tra­vail, ni même de bul­le­tin de sa­laire, alors qu’ils de­vaient tra­vailler de nuit entre 18 h et 8 h du ma­tin. Soit 14 h de tra­vail par jour. Ces quatre agents de sur­veillance fonc­tion­naient en bi­nôme, ef­fec­tuant des va­ca­tions en al­ter­nance du­rant la se­maine “et le week-end, c’était H 24”, a pré­ci­sé l’un d’eux. “Très en­ga­gée en ma­tière de res­pon­sa­bi­li­té so­cié­tale, Cha­rier dé­nonce ces pra­tiques contraires à ses en­ga­ge­ments so­li­daires en fa­veur du ter­ri­toire”, a te­nu néan­moins à pré­ci­ser le maître d’oeuvre du chan­tier. La jus­tice tran­che­ra. Maître Le Gall, avo­cat des quatre Ivoi­riens, sai­si­ra les Prud’hommes. La ligue des Droits de l’Homme a éga­le­ment été aler­tée.

L’am­biance est élec­trique de­vant le chan­tier de dé­mo­li­tion du bar­rage.

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