Les res­tau­ra­teurs sur­vivent mais pour com­bien de temps ?.

Alors que le confi­ne­ment se pro­longe, les res­tau­ra­teurs misent sur des al­ter­na­tives pour ten­ter de sau­ver les plats.

La Manche Libre (Avranches) - - Avranches -

De­puis presque deux mois, la crise sa­ni­taire im­pacte les res­tau­ra­teurs. Bien sou­vent, ils ne pos­sèdent pas de tré­so­re­rie suf­fi­sam­ment grande pour te­nir plus de deux mois. “On a eu le droit à la pre­mière aide de 1 500 € mais elle ne nous sor­ti­ra pas d’af­faire”, af­firme Sandrine Mar­ton, gé­rante de la piz­ze­ria San Mar­co. Une aide éga­le­ment re­çue au res­tau­rant gas­tro­no­mique l’obione mais qui tarde pour d’autres. C’est le cas de Cé­dric Ca­hu, gé­rant du O’ba­ray’o qui l’at­tend, tout comme les rem­bour­se­ments d’une par­tie des sa­laires dans le cadre du chô­mage par­tiel. “Ça va être long et com­pli­qué, af­firme-t-il, d’au­tant plus qu’une par­tie de notre tré­so­re­rie était dé­jà par­tie lors de nos 15 jours de fer­me­ture pour tra­vaux juste avant le confi­ne­ment”. Pour gar­der le mo­ral, ils mettent en place des al­ter­na­tives pour es­sayer de payer quelques fac­tures.

Les res­tau­ra­teurs adaptent leurs offres

Dès l’an­nonce du confi­ne­ment, des res­tau­rants comme le San Mar­co et le O’ba­ray’o ont mis en place la vente à em­por­ter. Piz­zas tous les soirs pour le pre­mier, de 18 h à 21 h ; bur­gers, pâtes et tar­tines pour le se­cond, en li­vrai­son tous les mi­dis de 11 h 30 à 14 h et tous les soirs de 19 h à 21 h. “Ça nous crée une ac­ti­vi­té car dans la res­tau­ra­tion on a des rythmes de vie aty­piques et dy­na­miques”, ex­plique Cé­dric Ca­hu, qui ne tra­vaille plus qu’à trois. “On fait des choses simples pour li­mi­ter les charges, on ne fait pas ça pour ga­gner de l’ar­gent”, ajoute-t-il. La ren­ta­bi­li­té n’est pas non plus au beau fixe pour la piz­ze­ria San Mar­co. Ayant mis en place les piz­zas à em­por­ter juste avant le week-end de Pâques, les gé­rants du res­tau­rant s’in­quiètent aus­si de l’après-confi­ne­ment et at­tendent des ré­ponses. Bien qu’une pers­pec­tive de ré­ou­ver­ture se des­sine pour le 15 juin pro­chain, les res­tau­ra­teurs semblent être les per­dants de ce dé­con­fi­ne­ment. “Il y a plein de spé­cu­la­tions sur la mise en place de plexi­glass, une table sur trois… On at­tend les ré­ponses”, ex­plique Sandrine Mar­ton.

So­li­da­ri­té et in­no­va­tions

Pour l’heure, ces ser­vices de vente per­mettent avant tout d’en­tre­te­nir un contact hu­main. “Les gens sont so­li­daires par rap­port à nous, c’est re­mar­quable”, s’ex­clame Cé­dric Ca­hu, qui de­vrait res­sor­tir sa for­mule du mi­di à la suite de quelques de­mandes d’en­tre­prises en ré­ou­ver­ture. Un sys­tème de vente que ne par­tage pas le jeune chef gas­tro­no­mique, Sé­bas­tien Go­de­froy, qui table sur les pré-ré­ser­va­tions lors de la re­prise. Pré­sent sur la pla­te­forme de sou­tien Jai­me­mon­bis­trot. fr, l’obione pro­pose de ré­ser­ver des me­nus “apé­ri­tif, en­trée, plat, des­sert” à 50 € dans le cadre de ven­dre­dis so­li­daires. A la ré­ou­ver­ture, les clients pour­ront dé­gus­ter leur re­pas au cours de cette jour­née. “Ce sont des re­pas à l’avance, payables main­te­nant pour nous ai­der à pas­ser le cap”, af­firme Sé­bas­tien Go­de­froy, qui sou­haite à l’ave­nir re­ver­ser un pour­cen­tage des re­cettes à des as­so­cia­tions comme pour le per­son­nel hos­pi­ta­lier.

Mal­gré des pers­pec­tives de re­prises floues, le chef en­vi­sage des chan­ge­ments d’or­ga­ni­sa­tion et de moyens. L’obione pour­rait alors pas­ser à une seule for­mule pour chaque ser­vice, entre me­nus bis­tro éla­bo­rés et gas­tro­no­miques. En at­ten­dant, M. Go­de­froy pro­pose une vi­déo de re­cette par jour sur sa page Fa­ce­book L’obione. Un ren­dez-vous qui at­tire plus de 1 000 in­ter­nautes quo­ti­dien­ne­ment.

Grands per­dants du dé­con­fi­ne­ment, les res­tau­ra­teurs ont ob­te­nu d’em­ma­nuel Ma­cron l’an­nu­la­tion et le re­port de leurs charges pour le mois de juin. La dé­ci­sion de leur ré­ou­ver­ture au pu­blic se­ra prise fin mai.

Alors que les pers­pec­tives de dé­con­fi­ne­ment sont en­core floues pour les res­tau­ra­teurs, ces der­niers tentent de sau­ver les meubles en dé­ve­lop­pant des al­ter­na­tives de vente.

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