In­so­lite : Une drôle de carte.

Les Etats-unis in­édits,

La Manche Libre (Avranches) - - Le Mag - Alain Fergent

Le confi­ne­ment mène à tout : quand il n'est pas à son ca­bi­net comptable gran­vil­lais, Ni­cho­las Bel­lée, collection­neur pas­sion­né et grand spé­cia­liste de l'his­toire du jour J, concep­teur entre autres de WD Bags, les sacs confec­tion­nés à par­tir de toiles de L'US Ar­my, passe une grande par­tie de son temps de “confi­né” à pi­quer, coudre et bro­der. Sa nou­velle “spé­cia­li­té” mai­son : le point de croix !

“Je n'avais ja­mais fait de cou­ture au­pa­ra­vant. Je m'y suis mis. C'est un pro­jet vieux de deux ans que j'ai res­sor­ti des ti­roirs, confi­ne­ment oblige”. Et dans les ti­roirs de ce touche-à-tout de la col­lec­tion, dont une par­tie des tré­sors est ex­po­sée au Nor­man­dy Vic­to­ry Mu­seum près de Ca­ren­tan, il y avait une vieille toile de tente amé­ri­caine de 1944 ré­cu­pé­rée il y a un pa­quet d'an­nées dans un vide-gre­niers. Il a eu l'idée de s'en ser­vir pour re­cons­ti­tuer à sa fa­çon le sup­port d'une carte “vin­tage” de l'amé­rique dont chaque Etat est dé­cou­pé dans des vieux tis­sus de ré­cu­pé­ra­tion. Le tout est as­sem­blé, cou­su et bro­dé sur cette vieille toile de tente qui sert de sup­port à cette réa­li­sa­tion géo­gra­phique d'un genre par­ti­cu­lier.

Les cé­lé­bra­tions du 76e an­ni­ver­saire du Dé­bar­que­ment n'au­ront pas lieu. Ni­cho­las, qui a suf­fi­sam­ment de ma­té­riaux pour réa­li­ser quatre grandes cartes US, ai­me­rait bien en en­voyer une de l'autre cô­té de l'at­lan­tique, pour l'of­frir et rendre ain­si hom­mage à nos li­bé­ra­teurs.

Dans un sou­ci de l'au­then­tique, le tra­vail a été réa­li­sé avec du fil, des ai­guilles et une paire de ci­seaux re­trou­vés dans un pa­que­tage d'un an­cien GI'S

Ce mo­dèle de carte US est ins­pi­ré des vieilles cartes sco­laires qui or­naient au­tre­fois les murs de nos écoles et sur les­quelles les en­fants d'après-guerre tra­vaillaient leurs le­çons de géo­gra­phie. Le collection­neur-cou­tu­rier gran­vil­lais a consa­cré pas moins d'une cen­taine d'heures après ses jour­nées de tra­vail au bu­reau, à la réa­li­sa­tion de cette carte, as­sem­blée tel un patch­work.

Pour réus­sir ce tour de passe-passe de confec­tion, Ni­cho­las a pio­ché dans ses ré­serves, il a l'ha­bi­tude de chi­ner des mor­ceaux d'étoffe de la pé­riode d'après-guerre. C'est à par­tir aus­si des chutes de ses sacs réa­li­sés avec des ma­té­riaux de ré­cu­pé­ra­tion de l'ar­mée amé­ri­caine qu'il a pu bro­der et coudre. Tous les tis­sus qui ont été uti­li­sés ba­laient la pé­riode qui va des an­nées 40 aux an­nées 90 : ac­co­lés à chaque Etat, ils ra­content tous une his­toire en lien pré­ci­sé­ment avec le ter­ri­toire.

Ici, un mor­ceau de jean usé des an­nées 40, là le mor­ceau d'un vieux dra­peau amé­ri­cain dé­chi­ré et re­trou­vé dans une bro­cante, ailleurs un mor­ceau de veste usa­gée por­tée par un sol­dat de la guerre du Golfe, etc.

Sou­ci en­core et tou­jours de l'au­then­tique : pour réa­li­ser ses cartes, le Gran­vil­lais uti­lise du fil, des ai­guilles et même un dé à coudre du jour J, ré­cu­pé­rés dans les trousses à cou­ture glis­sés dans les pa­que­tages des GI'S en 44. Même la paire de ci­seaux uti­li­sée pour son tra­vail est d'époque !

Pré­sen­tée à ses amis sur Fa­ce­book, la réa­li­sa­tion fait un ta­bac ! Elle a don­né une autre idée au collection­neur : réa­li­ser de­main et se­lon le même prin­cipe, une carte de France dé­cou­pée dans des an­ciens bleus de tra­vail usa­gés. Pour mar­quer les fron­tières dé­par­te­men­tales, Ni­cho­las Bel­lée uti­li­se­ra des bouts de tis­sus rouges pro­ve­nant de vê­te­ments de la guerre de 14 et que lui a pro­cu­rés un de ses amis col­lec­tion­neurs, Pa­trick Fis­sot.

Quand l'his­toire ne tient qu'à un fil !

■Pra­tique. https://wd­bags.fr/

Sur Fa­ce­book : https://www.fa­ce­book. com/wd­bag/

Ni­cho­las Bel­lée, collection­neur du jour J, a eu l'idée de cette carte vin­tage des USA en ré­cu­pé­rant de vieux tis­sus cou­sus sur une an­cienne toile de tente uti­li­sée par l'ar­mée amé­ri­caine en 1944, lors du Dé­bar­que­ment. Chaque mor­ceau est cou­su avec du fil d'époque re­trou­vé dans un pa­que­tage de GI'S !

Chaque tis­su cou­su fait ré­fé­rence à une his­toire de l'amé­rique. Ni­cho­las a no­tam­ment uti­li­sé de vieux bouts de jean usé et une an­cienne poche de veste de sol­dat de la guerre du Golfe.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.