La com­mu­nau­té Em­maüs est en dan­ger

La com­mu­nau­té Em­maüs est im­pac­tée fi­nan­ciè­re­ment par la crise. Un ap­pel aux dons est lan­cé par Em­maüs France.

La Manche Libre (Avranches) - - Saint-hilaire -

Im­pac­tée fi­nan­ciè­re­ment par cette crise so­ciale sans pré­cé­dent, Em­maüs est au­jourd’hui en dan­ger. L’as­so­cia­tion ouvre une col­lecte na­tio­nale pour res­ter en vie. En­tre­tien avec Emi­lie De­la­fosse, res­pon­sable de la com­mu­nau­té Em­maüs à la ferme Pa­ron à Fou­gères, re­grou­pant le sud-manche, le nord-mayenne et le nor­dille-et-vi­laine.

Quelle est la si­tua­tion au car­re­four de ces ter­ri­toires ?

“Suite à la dé­ci­sion liée au confi­ne­ment, on a ces­sé toute ac­ti­vi­té. Les ap­ports de dons ont été stop­pés, nos ca­mions ne ra­massent plus chez les par­ti­cu­liers et nos salles de vente ont été fer­mées.”

Il y a donc des ré­per­cus­sions sur vos sa­la­riés et les com­pa­gnons d’em­maüs.

“On a 20 sa­la­riés en in­ser­tion et 12 per­ma­nents qui sont au chô­mage par­tiel. Quant aux 33 com­pa­gnons, ils touchent un pé­cule - une al­lo­ca­tion heb­do­ma­daire - qui n’a pas été pré­vu par l’etat. C’est à la charge des com­mu­nau­tés. Nous, nous conti­nuons à ver­ser cette al­lo­ca­tion aux 33 com­pa­gnons.”

Y a-t-il un risque de dis­pa­ri­tion de la com­mu­nau­té Em­maüs au­jourd’hui ?

“A Fou­gères, la com­mu­nau­té était en bonne san­té et on dis­po­sait d’une tré­so­re­rie sur la­quelle on s’ap­puie au­jourd’hui. Mais ce n’est pas le cas pour des com­mu­nau­tés voi­sines qui n’ont pas cette chance. On a d’ailleurs fait jouer cette so­li­da­ri­té, en payant l’al­lo­ca­tion aux com­pa­gnons d’une de ces com­mu­nau­tés. C’est dans notre ADN.”

Com­bien de temps cette com­mu­nau­té Em­maüs peut-elle en­core te­nir ?

“En termes de re­cettes, on a d’ha­bi­tude 60 000€ par mois. Là, de­puis le confi­ne­ment, on n’a plus rien. On perd 60 000€ et en plus, on pioche dans notre tré­so­re­rie pour don­ner le pé­cule des com­pa­gnons, soit en­vi­ron 13 200€ par mois. Et il faut les nour­rir. On pour­rait te­nir en­core le mois de mai mais pas beau­coup plus. C’est pour cette rai­son qu’on ap­pelle aux dons.”

Et cette cam­pagne na­tio­nale a-t-elle fait ré­agir les gens ?

“Les dons ar­rivent mais ils iront d’abord, et c’est évident, aux com­mu­nau­tés les plus im­pac­tées. La cam­pagne na­tio­nale en­tend at­teindre le seuil de 5 mil­lions d’eu­ros.

Le plus ter­rible, c’est que vous al­lez prendre de plein fouet le tsu­na­mi de la crise éco­no­mique et so­ciale.

”Exac­te­ment. La de­mande de place de com­pa­gnons risque d’ex­plo­ser car des gens vont être sans so­lu­tion de lo­ge­ment, sans pou­voir sub­ve­nir à leurs be­soins. Dé­jà en temps nor­mal, on ne peut pas ré­pondre à toutes les de­mandes. On n’ac­cueille que les gens de pas­sage tem­po­rai­re­ment.“

L’ac­ti­vi­té pour­rait-elle re­prendre le 11 mai ?

”Nous ne sa­vons pas au­jourd’hui si nos ac­ti­vi­tés de col­lecte, de tri et de vente vont pou­voir re­prendre à comp­ter du 11 mai. Des amé­na­ge­ments vont être mis en place pour ga­ran­tir les me­sures de dis­tan­cia­tion so­ciale. Nous sa­vons que beau­coup de per­sonnes ont pro­fi­té du confi­ne­ment pour trier, ran­ger et net­toyer. En don­nant ces ob­jets réuti­li­sables à Em­maüs, ils leur donnent une se­conde vie et contri­buent à don­ner une se­conde chance à ceux qui en ont le plus be­soin.“

Pra­tique : Pour sou­te­nir la com­mu­nau­té di­rec­te­ment, adres­sez un chèque li­bel­lé à l’ordre d’em­maüs Fou­gères au 11 rue des com­pa­gnons d’em­maüs 35300 Fou­gères.

Emi­lie De­la­fosse, res­pon­sable de la com­mu­nau­té Em­maüs lo­ca­le­ment, et des com­pa­gnons.

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