Ecoles : “Il s’agit-là d’une lâ­che­té com­plète”

Ce maire s’in­surge contre la dé­ci­sion du Pre­mier mi­nistre de lais­ser la res­pon­sa­bi­li­té d’ou­vrir ou non les écoles aux maires.

La Manche Libre (Avranches) - - Mortain-bocage -

Il faut lais­ser le maire “dire aux res­pon­sables de l’édu­ca­tion na­tio­nale” com­ment chaque école pour­ra être rou­verte ou non à par­tir du 11 mai, a ex­pli­qué le Pre­mier mi­nistre, Édouard Phi­lippe.

“Donc qui est res­pon­sable de cette ou­ver­ture ? Les maires !”, s’in­surge Her­vé De­se­rouer qui ne mâche pas ses mots au len­de­main de la pré­sen­ta­tion du plan de dé­con­fi­ne­ment par le Pre­mier mi­nistre. “Je dis bien qu’il s’agit là d’une lâ­che­té com­plète de notre gou­ver­ne­ment. C’est à lui de don­ner des di­rec­tives à ap­pli­quer et non de dire que la ré­ou­ver­ture des écoles se fe­ra en fonc­tion des maires (...) Si le vi­rus se pro­pa­geait, qui en se­rait res­pon­sable ? Ma res­pon­sa­bi­li­té de maire se­rait clai­re­ment en­ga­gée. Et fran­che­ment, pour un bon mois d’école, ça n’a pas de sens.”

Le maire at­tend les consignes du pré­fet

L’élu pointe aus­si toutes les in­con­grui­tés liées à cette dé­ci­sion gou­ver­ne­men­tale : “Pour une rai­son ou pour une autre, ima­gi­nons que les pa­rents mettent tous leurs en­fants à l’école. Com­ment fait-on ? Et les can­tines ? On ne va pas pous­ser les murs. Il fau­dra faire 3, voire 4 ser­vices ? En­fin, au­rat-on tous les en­sei­gnants ? Et s’il faut di­vi­ser les classes par deux, à rai­son de 15 en­fants par classe, les en­sei­gnants ne pour­ront de toute fa­çon pas se dé­dou­bler.”

Pour Her­vé Des­se­rouer, “la Ré­pu­blique, c’est l’éga­li­té (...) Sur le fond fi­na­le­ment, ce qui se­rait sou­hai­table, c’est que tous les pa­rents mettent leurs en­fants à l’école. Mais on se rend compte que ça ne pour­ra pas se faire.”

Aus­si, il fus­tige l’idée qu’une par­tie de la po­pu­la­tion soit ex­clue - le seuil maxi­mum dans une classe se­ra de 15 élèves - ou qu’elle s’ex­clut d’elle-même en ne met­tant pas les en­fants à l’école. Le maire de Mor­tain-bo­cage at­tend donc “les consignes claires des ser­vices de l’etat qui sont le re­lais du gou­ver­ne­ment (...) Par prin­cipe, je n’écoute plus les dis­cours des po­li­tiques, j’at­tends dé­sor­mais les consignes du pré­fet. Après, on ver­ra. Je me contre-fous des shows té­lé­vi­sés des po­li­tiques. On nous dit une chose un jour, une autre chose le len­de­main.”

“On est à nou­veau face à des men­songes”

Com­pre­nant qu’il faille re­lan­cer l’éco­no­mie, l’édile l’as­sure : “S’il faut ab­so­lu­ment ou­vrir les écoles à Mor­tain et à No­tre­dame-du-tou­chet - soit 210 en­fants au maxi­mum - dans des condi­tions sa­ni­taires sûres, nous avons des so­lu­tions. Nous avons les bâ­ti­ments, c’est jouable. Mais en­core fau­drait-il être équi­pé. Rien n’est prêt. On nous ex­plique que l’on rentre le 11 mai et que l’on fe­ra les tests à par­tir du 11… En plus, je n’y crois pas du tout. On est à nou­veau face à des men­songes. On nous cache la si­tua­tion réelle.” Lui siffle la fin de la ré­cré.

Her­vé Des­se­rouer, maire de la com­mune nou­velle Mor­tain-bo­cage, dé­plore le manque de moyens en vue de la ré­ou­ver­ture des écoles le 11 mai.

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