Les au­to­ca­ristes calent sur le tou­risme

Chez Mont Voyages, la sai­son tou­ris­tique 2020 est morte. Les trans­ports sco­laires et de voya­geurs sauvent l’ac­ti­vi­té.

La Manche Libre (Avranches) - - Coronaviru­s -

Croi­sières, sor­ties an­nuelles des as­so­cia­tions d’an­ciens, co­lo­nies de va­cances... “tout est an­nu­lé”, dé­plore Ma­rie-chris­tine Noyer, res­pon­sable de l’en­tre­prise de trans­port en au­to­car Mont Voyages à La Haye-pes­nel qui a per­du 80 % de son chiffre d’af­faires de­puis le confi­ne­ment. “La sai­son 2020 est fi­chue. Tout est re­por­té sur mars 2021 main­te­nant.” 2020 se­ra une “non-an­née” pour le tou­risme. A deux mois des va­cances d’été, per­sonne ne sait en­core s’il va pou­voir par­tir en va­cances à plus de 100 km de son do­mi­cile. Et si ce­la était pos­sible, l’au­to­ca­riste se de­mande bien comment transporte­r des clients en va­cances en res­pec­tant les me­sures bar­rières.

Cer­tains ne se re­lè­ve­rons pas

“Dans un car, nous pou­vons transporte­r une cin­quan­taine de per­sonnes. Si de­main nous de­vions res­pec­ter la règle de la dis­tan­cia­tion phy­sique, nous ne pour­rions en prendre qu’une tren­taine. Le coût du voyage pour les clients se­rait mul­ti­plié par deux car les frais fixes du bus, eux, ne changent pas.” A cette contrainte, s’ajoute celle qui de­vrait être im­po­sée aux res­tau­rants qui, s’ils rouvrent, de­vront eux aus­si res­pec­ter les gestes bar­rières et donc ré­duire leur ac­cueil. Pour les hô­tels, le res­pect des gestes bar­rières est moins pro­blé­ma­tique. La FNTV, Fé­dé­ra­tion na­tio­nale des trans­ports de voya­geurs de Nor­man­die - 44 adhé­rents, 1 800 au­to­cars - es­time que plu­sieurs au­to­ca­ristes de la ré­gion spé­cia­li­sés dans le tou­risme ne se re­lè­ve­ront pas de la crise liée à la pan­dé­mie.

Obli­gé de faire rou­ler les bus à trois quart-vide !

Chez Mont Voyages, le tou­risme ne re­pré­sente que 40 % de l’ac­ti­vi­té. 60 % est consa­cré aux lignes Ma­néo - les liai­sons du Dé­par­te­ment - et trans­ports sco­laires. Mal­gré l’ar­rêt des trans­ports sco­laires, la Ré­gion a conti­nué à ho­no­rer le contrat de Mont Voyages en lui payant 100 % de ses heures de trans­port. La réou­ver­ture des écoles et des lignes ré­gu­lières va re­lan­cer pe­tit à pe­tit l’ac­ti­vi­té de la so­cié­té, mais pour deux mois seu­le­ment. L’en­tre­prise doit adap­ter ses bus pour cette courte re­prise. Des pa­ra­vents plas­tiques isolent le conduc­teur lors de la mon­tée et des­cente des pas­sa­gers. Le chauf­feur de­vra en plus por­ter un masque. “Le pro­blème avec les masques, c’est la buée sur les lu­nettes. Nous avons des conduc­teurs qui en portent, sans comp­ter les so­laires.”

Sur les lignes ré­gu­lières, les voya­geurs de­vront obli­ga­toi­re­ment por­ter un masque. Les me­sures sa­ni­taires du Dé­par­te­ment

im­posent un quo­ta de 25 % de pas­sa­gers dans un bus Ma­néo et ceux de la Ré­gion 50 % pour les trans­ports sco­laires.

“Nous sommes obli­gés de prendre tous les élèves aux ar­rêts, même si le quo­ta est dé­pas­sé.” Ouf !

Ma­rie-chris­tine Noyer, res­pon­sable de la so­cié­té de trans­ports Mont Voyages à La Haye-pes­nel.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.