Dé­con­fi­ne­ment

Le pré­fet de la Manche Gé­rard Ga­vo­ry a dé­taillé la stra­té­gie de dé­con­fi­ne­ment au ni­veau du dé­par­te­ment.

La Manche Libre (Avranches) - - Coronaviru­s -

Le ton est don­né. “Le dé­con­fi­ne­ment n’est pas un retour à la li­ber­té que nous avions avant la crise sa­ni­taire. Le vi­rus est en­core pré­sent et nous n’avons tou­jours pas de vac­cin ni de trai­te­ment. Les seules me­sures pos­sibles sont celles prises pour cas­ser les chaînes de trans­mis­sion”, sou­ligne le pré­fet de la Manche Gé­rard Ga­vo­ry. La sor­tie du confi­ne­ment est certes ef­fec­tive, mais ré­ver­sible, “si le nombre de cas re­part à la hausse”. La si­tua­tion épi­dé­mio­lo­gique est pour l’heure peu in­quié­tante, puis­qu’au mer­cre­di 13 mai, seules trois per­sonnes étaient hos­pi­ta­li­sées en ré­ani­ma­tion dans le dé­par­te­ment.

“Une li­ber­té en­ca­drée”

Le dé­con­fi­ne­ment a donc dé­bu­té lun­di 11 mai avec un prin­cipe simple : “La li­ber­té en­ca­drée”, rap­pelle le pré­fet. “On fait confiance aux ci­toyens.” Les mar­chés peuvent rouvrir “en res­pec­tant les gestes bar­rières et la dis­tan­cia­tion so­ciale” ; les écoles aus­si com­mencent à rouvrir. Mar­di 12 mai, 42 % d’entre elles étaient ou­vertes, avec 16 % des élèves pré­sents : elles se­ront 54 % jeu­di 14 mai.

“La ren­trée s’est bien pas­sée”, se­lon le pré­fet. “Nous avons une ap­proche pro­gres­sive, pru­dente et dif­fé­ren­ciée pour cha­cune des 321 écoles du dé­par­te­ment. Dans cer­taines écoles, plus an­ciennes que d’autres, la ren­trée ra­pide n’était pas pos­sible.” Pour le pré­fet, l’en­jeu des écoles se tra­vaille au­jourd’hui pour sep­tembre. “Nous vi­vrons en­core pro­ba­ble­ment avec le vi­rus : les dis­po­si­tifs ac­tuels doivent pou­voir pré­fi­gu­rer la pro­chaine an­née sco­laire.”

Le pré­fet donne le feu vert à la ré­ou­ver­ture des plages

Mais l’un des su­jets sur le­quel le pré­fet était le plus at­ten­du, c’est la ré­ou­ver­ture des plages. “Elles sont tou­jours de prin­cipe in­ter­dites, mais les maires peuvent de­man­der l’ac­cès aux ports et aux plages pour des ac­ti­vi­tés phy­siques in­di­vi­duelles et dy­na­miques, comme la marche, la course, la pêche à pied, les en­traî­ne­ments de che­vaux...” Les ac­ti­vi­tés nau­tiques se­ront elles aus­si sur le prin­cipe ré-au­to­ri­sées sur de­mande des maires. Au ven­dre­di 15 mai, 24 des 104 com­munes du lit­to­ral man­chois avaient re­çu l’au­to­ri­sa­tion pré­fec­to­rale de ré­ou­ver­ture. “Pour l’heure, je n’ai pas de rai­son de dire non. Je prône une ap­proche bien­veillante du su­jet et fais confiance aux maires, qui doivent pou­voir m’as­su­rer le res­pect des règles sa­ni­taires.”

Par contre, pas de bron­zette sur la plage. “On veut évi­ter les ras­sem­ble­ments de per­sonnes. Si les règles ne sont pas res­pec­tées, je pour­rais re­ve­nir sur les ar­rê­tés.” Des amendes pour­raient éga­le­ment être dis­tri­buées aux té­mé­raires qui posent leurs ser­viettes sur la plage. Pen­dant le confi­ne­ment, ce sont d’ailleurs près de 100 PV par jour qui ont été dres­sés dans la Manche, avec une nette di­mi­nu­tion dans les der­niers jours de confi­ne­ment.

8 000 en­tre­prises et 75 000 sa­la­riés en ac­ti­vi­té par­tielle

La pré­fec­ture a éga­le­ment re­pris son rythme de tra­vail ha­bi­tuel, tout en fa­vo­ri­sant le té­lé­tra­vail, n’ex­po­sant pas les plus vul­né­rables et chan­geant quelque peu ses règles de fonc­tion­ne­ment (fin des grandes réunions, moins de trois per­sonnes dans les bu­reaux, etc).

La prio­ri­té est don­née sur l’ac­com­pa­gne­ment de la re­prise de l’ac­ti­vi­té, avec no­tam­ment les ins­truc­tions d’au­to­ri­sa­tion d’ur­ba­nisme. Le BTP est ain­si tout par­ti­cu­liè­re­ment ci­blé, avec “plus de 35 % de re­prise d’ac­ti­vi­té dans la Manche”.

De ma­nière gé­né­rale, le pré­fet a don­né d’im­pres­sion­nants chiffres pour me­su­rer l’am­pleur de la crise éco­no­mique qui va tou­cher le dé­par­te­ment : au 11 mai, plus d’un sa­la­rié sur deux était en ac­ti­vi­té par­tielle, avec un to­tal dé­par­te­men­tal de 33,6 mil­lions d’heures d’ac­ti­vi­té par­tielle pour près de 8 000 en­tre­prises et 75 000 sa­la­riés.

Le fonds de so­li­da­ri­té pour les très pe­tites en­tre­prises est mon­té à 12,5 mil­lions d’eu­ros dans la Manche (avec un mon­tant moyen de 1 823 eu­ros par en­tre­prise) ; au 5 avril, 49,23 mil­lions d’eu­ros de co­ti­sa­tions so­ciales avaient été re­por­tés (4 238 de­mandes ef­fec­tuées) et 8,33 mil­lions d’eu­ros de me­sures fis­cales ont été re­por­tés (pour 637 en­tre­prises). En­fin, 167 mil­lions d’eu­ros de prêts ga­ran­tis par l’etat ont été dis­tri­bués à 1 517 en­tre­prises (soit en­vi­ron 110 000 eu­ros par bé­né­fi­ciaire). “Ces me­sures ont per­mis d’évi­ter de très nom­breux li­cen­cie­ments”, af­firme le pré­fet.

La foire de Les­say au­ra-t-elle lieu ?

D’autres su­jets ont été abor­dés, pê­le­mêle : la ré­ou­ver­ture des gîtes ; le main­tien de la fer­me­ture des plus grands mu­sées du dé­par­te­ment, mais aus­si des ser­vices des im­pôts, qui ont mis en place un nu­mé­ro vert et une mes­sa­ge­rie ; les doutes du pré­fet sur la te­nue de la foire de Les­say, “qui dans tous les cas, ne se tien­dra pas telle qu’on l’a connue les an­nées pré­cé­dentes”.

Le pré­fet de la Manche Gé­rard Ga­vo­ry donne un point presse sur le dé­con­fi­ne­ment mer­cre­di 13 mai - avec res­pect des dis­tances bar­rières pour les mi­cros, mais sans masque !

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