Res­tau­rants : à la conquête de l'es­pace

Res­tau­rants et bars de­vraient rou­vrir le 2 juin. Pour cer­tains com­mer­çants, la dis­tan­cia­tion phy­sique se­ra dif­fi­cile à ap­pli­quer.

La Manche Libre (Avranches) - - Avranches -

La règle des un mètre de dis­tan­cia­tion phy­sique se­ra dif­fi­cile à ap­pli­quer par­tout. Gour­mande en es­pace, elle met en dif­fi­cul­té les pe­tites salles de res­tau­rant. Pe­tit tour de table à Avranches.

“Si c'est li­mi­té à 4 m2 entre chaque table, ça ne sert à rien d'ou­vrir, je vais faire 15 cou­verts au lieu de 60 !”, dé­clare Cé­dric Ca­hu, pa­tron du O'ba­ray'o, pub-res­tau­rant de la rue Saint-ger­vais. Cette norme de dis­tan­cia­tion phy­sique ap­pli­quée dans les écoles se­lon le pro­to­cole na­tio­nal de dé­con­fi­ne­ment est re­je­tée par le Grou­pe­ment Na­tio­nal des in­dé­pen­dants de l'hô­tel­le­rie-res­tau­ra­tion (GNI) dans un com­mu­ni­qué en date du 15 mai. La so­lu­tion aux salles exi­guës pour­rait ve­nir des ter­rasses. Le pa­tron du Ba­ray'o a fait une de­mande de dé­ro­ga­tion à la mai­rie pour agran­dir sa ter­rasse, ce qui lui per­met­trait de rou­vrir sans perdre d'ar­gent. Mais tous les res­tau­rants n'au­ront pas la pos­si­bi­li­té de dis­po­ser d'une ter­rasse à proxi­mi­té. C'est le cas du Ha­noï, rue des Cha­pe­liers. “Notre ca­pa­ci­té d'es­pace à l'in­té­rieur se­ra ré­duite de moi­tié. Ce ne se­ra pas viable. C'est pour ce­la que nous conti­nue­rons les ventes à em­por­ter.”

“Il n'y au­ra pas de plexi­glas dans mon res­tau­rant”

A L'obione, res­tau­rant gas­tro­no­mique ins­crit au Guide Mi­che­lin 2020, pas de pro­blème de place. “Nous n'avons pra­ti­que­ment rien à chan­ger dans la dis­po­si­tion des tables. Nous avons de la chance car nous avons de la place”, ex­plique le chef Sé­bas­tien Go­de­froy qui pré­pare sa ré­ou­ver­ture. La grande ques­tion est : les clients von­tils re­ve­nir ? “Nous se­rons fer­més deux jours au lien d'un”, sou­ligne le chef qui a dû se sé­pa­rer d'une em­ployée. “Nous pré­fé­rons ou­vrir avec toutes les équipes en place.” Comme les res­tau­ra­teurs vont en­trer dans une phase in­con­nue, L'obione pro­po­se­ra chaque mi­di un me­nu bis­trot et ré­serve le me­nu dé­gus­ta­tion, plus haut de gamme, aux ven­dre­di et sa­me­di soirs. “Nous al­lons nous re­cen­trer sur l'es­sen­tiel.” L'autre in­con­nue est l'ac­cueil du client. “Nous ne sa­vons pas si nos ser­veurs de­vront por­ter des masques ou si les me­nus de­vront être im­pri­més sur des feuilles vo­lantes. J'ai peur que toutes ces pro­tec­tions cassent cet ins­tant de plai­sir que doit être le res­tau­rant.” Une chose est sûre, “il n'y au­ra pas de plexi­glas entre les convives à L'obione”. Comme de nom­breux col­lègues, en at­ten­dant de pas­ser à table, Sé­bas­tien Go­de­froy cui­sine des plats à em­por­ter.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.