Ouf de sou­la­ge­ment pour les res­tau­ra­teurs

Les bars, ca­fés et res­tau­rants rouvrent leurs portes. Un sou­la­ge­ment pour la pro­fes­sion, même si des dif­fi­cul­tés s'an­noncent.

La Manche Libre (Avranches) - - Coronaviru­s -

Cette fois, c'est la bonne ! Après près de trois mois de fer­me­ture, les res­tau­rants ont en­fin le droit de rou­vrir de­puis le mar­di 2 juin. A Ca­ren­tan, Va­len­tin et Elo­die Do­ra­phé rouvrent leur éta­blis­se­ment L'es­cale des Sens mer­cre­di 3. Les an­nonces du Pre­mier mi­nistre jeu­di 28 mai ont pris de court le couple, qui avait pour­tant “an­ti­ci­pé”. “J'ai pas­sé des com­mandes pour les pro­duits frais il y a quinze jours, pour être sûr d'avoir du stock”, ex­plique Va­len­tin. “On a pris quelques risques, parce que l'ou­ver­ture n'était pas as­su­rée.”

“Va-t-on réus­sir à rem­plir le res­tau­rant ? Si oui, les clients vont-ils consom­mer comme avant ?”

Tous les res­tau­ra­teurs ont scru­pu­leu­se­ment éplu­ché un pro­to­cole of­fi­ciel de 23 pages. “On l'a re­çu un peu tard”,

re­grette So­nia Aus­sert, du Sex­ton de Ver­sur-mer. “Ça a com­pli­qué la pré­pa­ra­tion, même si nous nous en sommes bien sor­tis.”

Les règles (voir en­ca­dré) sont évi­dem­ment “contrai­gnantes”, ex­plique Pa­trice Girres, gé­rant de l'au­berge de la Sé­lune à Du­cey, “mais pos­sibles à mettre en oeuvre”.

Le mètre de dis­tance entre chaque table fait pour­tant grin­cer les dents. “On perd dix cou­verts sur 34”, ex­plique Va­len­tin Do­ra­phé. “Pour avoir un ser­vice ren­table, il nous faut une ving­taine de ta­blées. Ça peut être viable, mais va-t-on réus­sir à rem­plir le res­tau­rant ? Si oui, les gens vont-ils consom­mer comme avant ?” Le res­tau­ra­teur du centre-ville de Ca­ren­tan s'in­quiète no­tam­ment pour les dé­jeu­ners, avec de nom­breux clients qui tra­vaillent en bu­reau et qui pour­raient res­ter en té­lé-tra­vail.

Les autres règles im­pactent plus le fonc­tion­ne­ment des res­tau­rants. “Les pre­mières se­maines, ça va être du ro­dage”,

sou­ligne Ghis­lain Mon­chaux, le pa­tron du res­tau­rant La Bruyère à Jo­bourg. “Nous al­lons perdre du temps, mais les clients se­ront com­pré­hen­sifs.” Ces der­niers temps, les res­tau­ra­teurs se sont in­ter­ro­gés sur des pe­tits dé­tails. “Où va-t-on mettre les man­teaux ? Et les ronds de ser­viette ?”, se de­mande le chef co­ten­ti­nois. L'or­ga­ni­sa­tion des res­tau­ra­teurs va ain­si chan­ger. Vincent Le­de­mé, à la tête du res­tau­rant L'al­ba­tros à Bré­ville-sur-mer, près de Gran­ville, ne compte pas aban­don­ner sa vente à em­por­ter. “Je ne sais pas si ça va du­rer, mais il y a une forte de­mande avec la proxi­mi­té du golf.” Même suc­cès pour la tête de veau du pre­mier mer­cre­di du mois du Sex­ton. “C'est une nou­veau­té à dé­ve­lop­per, comme la vente de crêpes et de gaufres l'après-mi­di”, se ré­jouit la gé­rante du res­tau­rant à quelques pas de la mer.

La ques­tion du me­nu est un point sen­sible de la ré­ou­ver­ture, à cause du risque de pro­pa­ga­tion du vi­rus. Lais­sée au libre ar­bitre des res­tau­ra­teurs, elle sus­cite des idées dif­fé­rentes. L'al­ba­tros re­tourne à l'ar­doise, l'es­cale des Sens dés­in­fecte ses me­nus après chaque client et la Bruyère en­vi­sage de lire le me­nu à voix haute.

Le port du masque est aus­si au coeur des in­ter­ro­ga­tions : si Pa­trice Girres le juge “ras­su­rant pour les clients comme pour les sa­la­riés”, Vincent Le­de­mé a plus de doutes. “J'es­père que les gens ne vont pas croire que tout va re­prendre comme avant. On voit dé­jà du re­lâ­che­ment dans les rues...”

Va­len­tin et Elo­die Do­ra­phé, gé­rants du res­tau­rant L'es­cale des Sens dans le centre de Ca­ren­tan.

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