Ça se bous­cule au contrôle tech­nique

La réa­li­sa­tion des contrôles tech­niques pé­ri­més juste avant et pen­dant le confi­ne­ment en­gorge les centres de contrôle.

La Manche Libre (Avranches) - - Automobile -

“Les heures sup­plé­men­taires, on les en­chaîne en ce mo­ment ! Un peu le ma­tin, un peu pen­dant le dé­jeu­ner, un peu le soir... On fait comme on peut !”

Ba­sile Her­vieu, di­rec­teur des centres de contrôle tech­nique au­to­mo­bile Au­to­sé­cu­ri­té de Saint-lô et du Mo­lay-lit­try, ne compte pas ses heures en ce mo­ment. Pour leurs vé­hi­cules dont le contrôle tech­nique est ar­ri­vé à échéance juste avant et pen­dant le confi­ne­ment, les au­to­mo­bi­listes font le pied de grue de­vant ses centres pour être en confor­mi­té.

Les vé­hi­cules trop sales se­ront re­fu­sés

Tous veulent se mettre aux normes d'ici le 23 juin. Mais tout le monde n'a pour­tant pas à être en ordre dès cette date. La com­mu­ni­ca­tion peu claire du gou­ver­ne­ment les pre­miers jours de son an­nonce n'a pas ai­dé. Un temps com­prise comme date-bu­toir de mise aux normes, le 23 juin ne l'est en fait pas.

Pour les contrôles ar­ri­vés à échéance avant le 12 mars, il n'y a au­cun dé­lai sup­plé­men­taire. Pour ceux à échéance du 12 mars au 23 juin, 3 mois et 12 jours sont ajou­tés. Et à par­tir du 24 juin, vous n'avez pas de dé­lai sup­plé­men­taire. C'est donc un peu moins la course que com­pris à la ré­ou­ver­ture des centres, mais ce­la va res­ter très ac­tif.

Le “mal” est fait et les centres croulent sous les ap­pels. Le dé­lai d'at­tente est en gé­né­ral de 8 à 10 jours. “Si des per­sonnes doivent vendre un vé­hi­cule ou ont une date très dé­pas­sée, dé­jà avant le confi­ne­ment, on les prend en prio­ri­té”, sou­ligne néan­moins Ba­sile Her­vieu. En­suite, lui et ses 3 sa­la­riés ré­par­tis sur ses deux sites prennent les vé­hi­cules sans dres­ser de hié­rar­chie. Et après plu­sieurs se­maines de chô­mage par­tiel, ils pré­fèrent voir le po­si­tif de la si­tua­tion : ils ont du tra­vail.

Bon point pour eux, la mise en place des règles sa­ni­taires et de la dis­tan­cia­tion n'est pas dif­fi­cile. Le contrôle des vé­hi­cules se fait seul et le bâ­ti­ment est as­sez grand pour ne pas se mar­cher sur les pieds. Les pro­blèmes, s'ils se pro­duisent, sont plu­tôt le fait de clients. La pro­pre­té re­la­tive de l'in­té­rieur de cer­tains vé­hi­cules in­ter­roge. “Pour l'ins­tant, tout se passe bien avec eux, nous n'avons pas eu de pro­blème, les consignes de pro­pre­té sont bien ren­trées dans les moeurs, se fé­li­cite Ba­sile Her­vieu. Mais par sé­cu­ri­té, on se lave les mains en­core plus sou­vent que d'ha­bi­tude, on porte aus­si des gants.”

L'ul­time re­cours pour se pro­té­ger en cas de vé­hi­cule trop sale à l'in­té­rieur se­rait de car­ré­ment le re­fu­ser. “Ça n'est pas en­core ar­ri­vé mais on se ré­serve le droit de le faire. Je dois pro­té­ger la san­té de mes sa­la­riés.” Il ne vous reste qu'à pas­ser un coup de lin­gette et d'as­pi­ra­teur avant de dé­po­ser votre vé­hi­cule dans votre centre.

Pierre-maxime Le­pro­vost

Les pro­fes­sion­nels des centres de contrôle tech­niques voient un af­flux de voi­tures de­puis le dé­con­fi­ne­ment. Ils craignent de ne pou­voir prendre tous les vé­hi­cules à temps.

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