Vente à la ferme : le boom va-t-il du­rer ?

Vente à la ferme et cir­cuits courts : le confi­ne­ment leur a été fa­vo­rable. Mais cette si­tua­tion vat-elle per­du­rer ?

La Manche Libre (Avranches) - - Consommati­on -

“J’ai ven­du toutes mes com­potes de pomme pré­vues jus­qu’à la fin de l’an­née !”

Dans la ferme de Cé­cile et Gon­zague Brionne, ma­raî­chers bio à Saint-de­nis-le­vê­tu près de Cou­tances, le confi­ne­ment a “per­mis de vendre un peu plus que d’ha­bi­tude”.

Au point qu’ils ont dû vite res­treindre leur pro­duc­tion à leur clien­tèle ha­bi­tuelle et à quelques nou­veaux clients, qui “conti­nuent d’ache­ter chez nous, même après le dé­con­fi­ne­ment”, s’en­thou­siasme Cé­cile Brionne.

“De­puis mars, je n’ai plus de restes et j’ai du mal à ré­pondre à la de­mande”

Et si la ferme avait ins­tau­ré un drive, les agri­cul­teurs sont heu­reux de re­voir leurs clients des­cendre de leur voi­ture : “On avait per­du l’hu­main, au coeur de notre vente, mais ça re­vient à la nor­male.”

Vir­gi­nie Va­rin, de la Ferme des Bou­clettes au Guis­lain, entre Saint-lô et Per­cy, pré­pare des fro­mages et des yaourts de bre­bis bio.

Pen­dant le confi­ne­ment, elle a plu­tôt comp­té sur ses clients ha­bi­tués à la ferme. “Dé­ve­lop­per la vente à la ferme, ça prend du temps. C’est une dé­marche pour­tant im­por­tante, dans un sou­ci de trans­pa­rence : si on est fiers de ce qu’on fait dans sa ferme, on l’ouvre au pu­blic.” Confi­ne­ment et fer­me­ture des mar­chés l’ont ce­pen­dant pous­sée à dé­ve­lop­per la vente di­recte. “Je suis sor­tie de ma zone de confort en fai­sant de la tomme avec mes ex­cé­dents de lait, mais aus­si en trou­vant de nou­veaux dé­bou­chés, comme des ventes à plu­sieurs pro­duc­teurs, qui ont fonc­tion­né et de­vraient per­du­rer.”

Pour la viande aus­si, le confi­ne­ment a été bé­né­fique. Ch­ris­tophe Os­mont, éle­veur cou­tan­çais au Do­maine de la Gué­rie, vend boeuf, veau et porc avec la Ferme Cou­tan­çaise, grou­pe­ment de pro­duc­teurs lo­caux. Il pense que le confi­ne­ment a “ac­cé­lé­ré le mou­ve­ment”. “On peut es­pé­rer une prise de conscience col­lec­tive, même si le cir­cuit court était dé­jà en aug­men­ta­tion avant le confi­ne­ment. Le drive a bon­di, même si ça s’est un peu cal­mé après le dé­con­fi­ne­ment.ce­pen­dant, de­puis mars, je n’ai plus de restes et j’ai du mal à ré­pondre à la de­mande.”

Pour au­tant, le dé­ve­lop­pe­ment de la vente à la ferme a des li­mites. “Lors­qu’il n’y a qu’un seul pro­duit à vendre, ça ne peut pas suf­fire”, ad­met Vir­gi­nie Va­rin. “Certes, il y a une prise de conscience, mais rien n’as­sure qu’elle va per­du­rer avec le re­tour à la vie nor­male. Les gens ont des contrainte­s ho­raires de tra­vail qui leur laissent moins le temps de faire le tour des fermes.” C’est sur le long terme que les agri­cul­teurs es­pèrent conser­ver cette ten­dance.

Vir­gi­nie Va­rin, de la Ferme des Bou­clettes au Guis­lain, pos­sède chez elle un la­bo­ra­toire pour créer ses propres fro­mages de bre­bis.

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