La val­lée de la... science

La Manche Libre (Granville) - - L’actu En Region -

Le co­mi­té scien­ti­fique de la “re­na­tu­ra­tion” de la val­lée de la Sé­lune n’est pas nou­veau. En ef­fet, une cen­taine de scien­ti­fiques de di­vers la­bo­ra­toires fran­çais scrutent cette val­lée de­puis dé­jà six ans. Mais après la dé­ci­sion du gou­ver­ne­ment d’ara­ser en 2019 et 2020 les bar­rages de Ve­zins et de La Roche-qui-boit, ce sui­vi scien­ti­fique est “re­lan­cé sur une phase al­lant de 2018 à 2027”. Les tra­vaux de dé­cons­truc­tion de­vant être ter­mi­nés en 2021.

Ce pro­gramme de re­cherche a fait l’ob­jet d’une conven­tion cadre entre l’etat et ses dif­fé­rents par­te­naires sur “un dos­sier avant tout en­vi­ron­ne­men­tal”, a rap­pe­lé Jean-marc Sa­ba­thé, pré­fet de la Manche, jeu­di 3 mai à Isi­gny-lebuat. Re­con­nais­sant les dif­fi­cul­tés à “chan­ger les modes de vie” ob­ser­vés de­puis 50 ans au­tour des bar­rages, il a tou­te­fois te­nu à ré­af­fir­mer “la dé­ter­mi­na­tion de l’etat” sur le pro­jet “ir­ré­ver­sible” d’ara­se­ment de ces in­fra­struc­tures. D’ailleurs, la pro­duc­tion élec­trique de l’ou­vrage de Ve­zins s’arrêtera dé­fi­ni­ti­ve­ment le 14 mai 2018, au pre­mier jour de sa vi­dange.

Sur le pro­gramme scien­ti­fique en lui-même, il s’agit-là d’une opé­ra­tion “in­no­vante” de re­tour à la na­ture, “unique en Eu­rope”, a sou­li­gné Jean-marc Sa­ba­thé, en pré­sence no­tam­ment de Sté­phane Fraisse, scien­ti­fique et membre de la cel­lule de coor­di­na­tion du pro­gramme. “L’ob­jec­tif est d’ef­fa­cer la main de l’homme et rendre à la na­ture la conti­nui­té éco­lo­gique d’un fleuve.” Grâce à cette opé­ra­tion ex­cep­tion­nelle, “le monde en­tier nous re­garde”, s’est-il fé­li­ci­té, voyant là “une réelle op­por­tu­ni­té” pour le ter­ri­toire.

Des études jus­qu’en 2027

Les scien­ti­fiques, eux, ont étu­dié l’état ini­tial du site de 2012 à 2016. De­puis 2017, ils se concentrent sur la ges­tion des sé­di­ments. Dès 2020, ils se pen­che­ront plus en dé­tail sur le dé­man­tè­le­ment du site, puis sur sa “re­na­tu­ra­tion”, entre 2021 et 2027. “Il est sou­hai­table que la Sé­lune de­vienne un site de re­cherche par­te­na­riale et plu­ri­dis­ci­pli­naire”, a dé­cla­ré Thier­ry Ca­quet, di­rec­teur scien­ti­fique de l’en­vi­ron­ne­ment à l’in­ra. L’en­semble du pro­gramme de­vrait tout de même coû­ter “1 mil­lion d’eu­ros par an”. L’agence de l’eau en fi­nan­ce­rait “moins de la moi­tié”, tan­dis que l’on nage en eaux troubles lors­qu’il s’agit de dé­fi­nir l’en­ve­loppe glo­bale.

Se­lon les pre­miers ré­sul­tats, les sé­di­ments sont plus nom­breux en aval qu’en amont. Le sau­mon et la loutre sont pré­sents à l’aval, tan­dis que l’écre­visse amé­ri­caine en pince pour l’amont.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.