SNCF : le jeu de Ma­ti­gnon

La Manche Libre (Granville) - - France-monde -

La “réunion de la der­nière chance” se te­nait à Ma­ti­gnon le 7 mai : Edouard Phi­lippe re­ce­vait les syn­di­cats des che­mi­nots, mais aus­si les as­so­cia­tions d’usa­gers. Le len­de­main de­vait com­men­cer la hui­tième sé­quence de grève à la SNCF, la neu­vième de­vant avoir lieu les 13 et 14 mai.

De quelle marge de ma­noeuvre dis­po­saient les in­ter­lo­cu­teurs de la ren­contre de Ma­ti­gnon ? Le Pre­mier mi­nistre avait, ap­pa­rem­ment, fer­mé la porte à toute dis­cus­sion sur le conte­nu de la ré­forme. Une né­go­cia­tion ne pou­vait donc s’ou­vrir que sur des mo­da­li­tés : des­tin de la dette, plan de com­pé­ti­ti­vi­té, fu­ture conven­tion col­lec­tive… En­core fal­lait-il que cer­tains des in­ter­lo­cu­teurs d’edouard Phi­lippe ac­ceptent de se li­mi­ter à ce ter­rain et de dis­joindre ain­si l’uni­té syn­di­cale.

Pour contour­ner la CGT, Ma­ti­gnon mi­sait sur l’un­sa. Mais les res­pon­sables de cette cen­trale se mon­traient cir­cons­pects le week-end der­nier : “Les trois quarts du pacte qu’on nous pro­pose dé­pen­draient d’or­don­nances qui ne se­raient prises que dans un an ; comment s’en­ga­ger si on ne sait pas où on va?”, ar­gu­men­taient-ils.

Quant à l’opi­nion pu­blique, elle os­cil­lait tou­jours. Les son­dages du dé­but du mois de mai in­di­quaient une lé­gère re­mon­tée du sou­tien aux gré­vistes : 44 %, contre 41 % la semaine pré­cé­dente... Mais 79 %, toutes tendances confon­dues, se di­saient per­sua­dés que le gou­ver­ne­ment ne cé­de­rait rien. C’était cinq points de plus que la semaine pré­cé­dente.

Des quais vides, des trains ab­sents. Face aux dif­fi­cul­tés im­po­sées par les che­mi­nots gré­vistes, le Pre­mier mi­nistre re­ce­vait lun­di 7 mai les re­pré­sen­tants syn­di­caux de la SNCF.

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