“Je n’ai ja­mais pas­sé le Ré­veillon en mer”

A 80 ans, Jean-pierre Thé­lot, an­cien pê­cheur du port de Gran­ville, ra­conte le Noël d’au­tre­fois.

La Manche Libre (Granville) - - Noel En Fete -

“Mon pre­mier sou­ve­nir de Noël ? Mes pa­rents nous avaient ache­té des fu­sils à flèches, pour moi et mes frères. Lors­qu’ils nous les ont of­ferts, ils ne fonc­tion­naient plus… Et pour cause : on les avait trou­vés et on s’en était dé­jà ser­vis !” A 80 ans, Jean-pierre Thé­lot est un peu la mé­moire du port de Gran­ville. Lors­qu’on lui de­mande de se re­mé­mo­rer le Noël d’au­tre­fois, cet an­cien pê­cheur évoque l’in­évi­table

“orange ou le sucre d’orge” of­fert aux en­fants, “la messe de Mi­nuit cé­lé­brée à l’église Notre-dame-du­cap-li­hou” et le Ré­veillon pas­sé

“en­tou­ré de la fa­mille proche” :

“Avec les cou­sins, oncles et tantes, on se re­trou­vait plu­tôt aux com­mu­nions. Mais pour Noël, on n’était pas tel­le­ment dis­po­nibles.”

“Noël, c’était sa­cré”

Et pour cause : en ex­hu­mant ses sou­ve­nirs des veillées de Noël, Jean-pierre Thé­lot ne peut s’em­pê­cher d’évo­quer son tra­vail sur la mer - il a em­bar­qué pour la pre­mière fois sur un ba­teau de pêche à l’âge de 14 ans !. “Je n’ai ja­mais pas­sé le Ré­veillon en mer. Noël c’était sa­cré : les ba­teaux ren­traient au port”, rap­porte le Gran­vil­lais. Tout en dé­cri­vant l’ac­ti­vi­té in­tense à la­quelle les pê­cheurs de­vaient faire face au mo­ment des fêtes : “Dans la baie, on a com­men­cé à faire les praires vers les an­nées 1950. C’était une mar­chan­dise qui se ven­dait ma­jo­ri­tai­re­ment pen­dant les fêtes. On fai­sait donc une très grosse se­maine qui se ter­mi­nait par une der­nière ma­rée le 23 dé­cembre. On re­pre­nait le tra­vail le 26 dé­cembre pour re­faire trois à quatre ma­rées jus­qu’au jour de l’an… Bien sûr, on fai­sait tout ça s’il n’y avait pas de neige car comme une bonne par­tie de la pêche était en­voyée à Pa­ris, il fal­lait que les routes soient pra­ti­cables pour le trans­port.”

D’après Jean-pierre Thé­lot, 25 tonnes de praires étaient ven­dues quo­ti­dien­ne­ment à la criée en ce temps-là. “Au­jourd’hui, avec quatre tonnes, il y a des in­ven­dus”, note l’an­cien ma­rin. Dé­sor­mais, sur les tables de Ré­veillons, la praire a été dé­trô­née par la co­quille Saintjacques.

En ex­hu­mant ses sou­ve­nirs de veillées de Noël, Jean-pierre Thé­lot, qui a em­bar­qué pour la pre­mière fois sur un ba­teau à 14 ans, ne peut s’em­pê­cher d’évo­quer son tra­vail de ma­rin-pê­cheur.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.