In­fec­tions ORL : du soufre quand on en souffre

La Manche Libre (Granville) - - Santé - SO­PHIE LA­COSTE

Bron­chite ch­ro­nique, si­nu­site, rhi­nite, asthme… Le sys­tème res­pi­ra­toire peut être vic­time d’in­fec­tions à ré­pé­ti­tion, sur­tout du­rant les sai­sons froides, mais par­fois toute l’an­née. En­fants comme adultes sont tou­chés. Pour ren­for­cer lo­ca­le­ment les dé­fenses im­mu­ni­taires, agir de ma­nière pré­ven­tive et di­mi­nuer la fré­quence des in­fec­tions, le re­cours au ther­ma­lisme peut se ré­vé­ler sa­lu­taire.

Les eaux ther­males pro­viennent de sources na­tu­relles, et leur com­po­si­tion leur confère des pro­prié­tés spé­ci­fiques, des ca­rac­té­ris­tiques phy­siques et chi­miques qui dif­fèrent de l’une à l’autre. C’est le cas de leur ther­ma­li­té, c’est-à-dire la tem­pé­ra­ture à la­quelle elles émergent, mais aus­si de leur com­po­si­tion mi­né­rale. Pour les in­fec­tions ORL, les sources le plus sou­vent pré­co­ni­sées sont celles qui ap­portent du soufre, an­ti-in­fec­tieux très ef­fi­cace sur les mu­queuses.

La cure en pra­tique

De longue du­rée (18 jours) dans le cadre d’une pres­crip­tion mé­di­cale ou plus courte (une se­maine), la cure ther­male as­so­cie plu­sieurs types de soins. D’abord des soins lo­caux où l’eau ther­male est mise en contact avec la mu­queuse res­pi­ra­toire lé­sée. On pra­tique des gar­ga­rismes, des pul­vé­ri­sa­tions, des douches du pha­rynx, ou bien on ef­fec­tue cer­tains gestes plus tech­niques, comme des in­suf­fla­tions tu­bo­tym­pa­niques (avec une sonde, le mé­de­cin fait ve­nir le gaz ther­mal à l’en­trée de la trompe d’eus­tache, à l’ar­rière de la fosse na­sale), ou en­core une dés­in­fec­tion des fosses na­sales en fai­sant pé­né­trer l’eau ther­male dans les si­nus (voir en­ca­dré).

Et on ajoute à ce­la des in­ha­la­tions qui per­mettent de trai­ter l’en­semble de la mu­queuse res­pi­ra­toire. Pour ef­fec­tuer ces trai­te­ments à vi­sée ORL, l’eau ther­male est né­bu­li­sée (trans­for­mée en une sorte de brouillard consti­tué de mi­ni­gout­te­lettes), char­gée en ions né­ga­tifs, puis dis­per­sée sous

Di­mi­nuer l’in­flam­ma­tion

Les soins pro­di­gués, en gé­né­ral au nombre de six par jour, visent dans un pre­mier temps à di­mi­nuer l’in­flam­ma­tion et à faire en sorte que les pa­tients aient moins be­soin d’avoir re­cours aux an­ti­bio­tiques : les voies res­pi­ra­toires sont à la fois pu­ri­fiées et lo­ca­le­ment soi­gnées.

Dans le cadre d’une prise en charge thé­ra­peu­tique glo­bale, les soins ORL à base d’eau ther­male sont uti­li­sés de ma­nière pré­ven­tive (pour évi­ter les ré­ci­dives) et cu­ra­tive en cas de rhi­nites (in­fec­tieuses ai­guës à ré­pé­ti­tion ou non al­ler­giques), de si­nu­sites chro­niques et/ou ré­ci­di­vantes, de po­ly­poses na­sales, de pha­ryn­gites chro­niques, d’an­gines, d’otites, de la­ryn­gites ou de rhi­no­pha­ryn­gites à ré­pé­ti­tion. Le ther­ma­lisme, en cures spé­ci­fiques (avec ré­édu­ca­tion res­pi­ra­toire), est éga­le­ment in­di­qué en cas d’asthme chez l’en­fant et de bron­chite ch­ro­nique chez l’adulte. Cer­taines cures pro­posent des soins adap­tés, par exemple, à la très fré­quente BPCO (bron­cho­pneu­mo­pa­thie ch­ro­nique obs­truc­tive). À no­ter, le soufre, dont cer­taines eaux ther­males sont riches, est idéal aus­si pour les soins de la peau (en cas d’ec­zé­ma, pso­ria­sis, etc.) et pour sou­la­ger les ar­ti­cu­la­tions dou­lou­reuses. Il existe donc des cures aux in­di­ca­tions mul­tiples.

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