Mi­grants : une fi­lière vers Saint-Lô ?

La pré­fec­ture soup­çonne une fi­lière saint-loise.

La Manche Libre (Saint-Lô) - - SAINT-LO -

54 mi­grants ont été ins­tal­lés dans la salle Beau­fils, après les pluies du week-end. Un évé­ne­ment de­ve­nu ba­nal : tous les six mois, le pro­blème res­sur­git. Pour­quoi ces per­sonnes - dont on ne sau­rait nier la dé­tresse - ar­rivent-elles ici, alors que la ville-pré­fec­ture n’offre au­cune so­lu­tion pé­renne d’ac­cueil ? L’hy­po­thèse qui était sur toutes les lèvres semble être en­fin ar­ri­vée à la pré­fec­ture, qui ré­agit avec un lan­gage ferme, as­sez in­ha­bi­tuel : “il y a pro­ba­ble­ment des fi­lières [illé­gales]”, dé­clare le sous-pré­fet. Ceux qui font ve­nir les mi­grants ne sont pas naïfs. Tout en se payant sur leurs dos, ils savent qu’à SaintLô, des ci­toyens gé­né­reux se dé­pensent pour les ac­cueillir. Un jeu de dupes dan­ge­reux: “lais­ser croire à ces fa­milles qu’elles vont pou­voir res­ter [...] se­rait ir­res­pon­sable et crée­rait [...] un ap­pel d’air”, in­dique le sous-pré­fet. A bon en­ten­deur…

Quelles sont les pos­si­bi­li­tés d’ac­tions de la pré­fec­ture ?

“Les gens qui sont dans la salle Beau­fils sont ar­ri­vés de ma­nière éche­lon­née dans le cou­rant de l’été, par des ca­naux qui res­tent à iden­ti­fier. Les ca­pa­ci­tés d’ac­cueil dont nous dis­po­sons ne per­mettent pas de sa­tis­faire toutes les de­mandes. Eu égard à la si­tua­tion, ils sont tem­po­rai­re­ment à l’abri à la salle Beau­fils, et nous condui­sons ce mar­di 9 oc­tobre une mis­sion d’in­for­ma­tion pour sa­voir quelle est leur po­si­tion ad­mi­nis­tra­tive, pour en­suite voir quelles ac­tions nous au­rons à me­ner. La salle Beau­fils ne se­ra pas une so­lu­tion pé­renne. Il faut que nous re­gar­dions quelles sont les si­tua­tions des uns et des autres pour voir s’ils peuvent bé­né­fi­cier d’un hé­ber­ge­ment ou pas.”

Vous par­lez de “ca­naux” d’ar­ri­vée. Quels sont-ils ?

“Il y a pro­ba­ble­ment des fi­lières. J’en veux pour preuve, à titre d’exemple, une fa­mille tchét­chène qui est ar­ri­vée exac­te­ment de­vant la pré­fec­ture il y a quinze jours. Donc ce­la montre bien que ces gens-là sont ren­sei­gnés pour al­ler à un en­droit don­né à un mo- ment don­né. Des ac­tions sont me­nées en termes d’en­quête. Pour le mo­ment, nous n’avons pas d’élé­ments tan­gibles, mais ce­la montre bien qu’il y a une or­ga­ni­sa­tion ou des vel­léi­tés de faire ar­ri­ver ces fa­milles sur Saint-Lô. On ne connaît pas en re­vanche les au­teurs de ces ac­tions.”

Ces ac­tions sont-elles ré­pré­hen­sibles ?

“L’or­ga­ni­sa­tion d’ar­ri­vée de mi­grants est ré­pré­hen­sible. On est dans une si­tua­tion où il n’est pas lé­gal d’or­ga­ni­ser ces flux de mi­grants sur le ter­ri­toire na­tio­nal, qui plus est s’ils sont en si­tua­tion ir­ré­gu­lière.”

Gil­bert Man­ciet, di­rec­teur de ca­bi­net du pré­fet de la Manche, évoque la ques­tion des mi­grants.

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