Re­lo­gés dans un gym­nase

La Manche Libre (Saint-Lô) - - SAINT-LO -

IM­MI­GRA­TION

A Saint-Lô, 54 per­sonnes, dont 28 en­fants, ont été ins­tal­lées dans le gym­nase Fer­di­nand Beau­fils, place du Champ de Mars, le 7 oc­tobre, après les pluies tor­ren­tielles.

“18 per­sonnes cam­paient der­rière le Centre Man­de­la, 14 per­sonnes étaient sur un ter­rain pri­vé, 14 autres étaient dans les lo­caux d’une as­so­cia­tion. Une fa­mille de 5 per­sonnes sort de l’hô­tel F1 ce ma­tin. Et une femme russe avec deux en­fants doit ar­ri­ver”, énu­mère Joël Fra­bou­let, du Col­lec­tif saint­lois d’aide aux mi­grants. La ma­jo­ri­té est Al­ba­naise, mais des Ka­za­khs, des Kir­ghizes, des Russes et des Tchét­chènes sont aus­si sur les lieux.

Le Col­lec­tif est al­lé di­manche 7 consta­ter les dé­gâts. “Le ter­rain près du Centre Man­de­la était en pleine dé­vas­ta­tion”, sou­ligne Joël Fra­bou­let.

En re­la­tion avec la Ville, la pré­fec­ture et l’Ag­glo, il a été dé­ci­dé d’ou­vrir la salle Beau­fils. “On a com­pris qu’il y avait une vo­lon­té de tout le monde de trou­ver une so­lu­tion. Ici, ça ne peut pas être dé­fi­ni­tif, il se pose le pro­blème de l’ali­men­ta­tion: rien n’est pré­vu pour cui­si­ner à l’in­té­rieur. Ce sont des gens qui ont su­bi des choses, ils sont in­quiets et en si­tua­tion de dé­tresse. On es­père qu’une so­lu­tion pé­renne se­ra trou­vée avant la fin de la se­maine. Ce­la ne peut pas du­rer, la salle doit être li­bé­rée, ils ont faim, ils ont froid. Pa­ra­doxa­le­ment, ils avaient presque plus chaud dans les tentes”, sou­pire Joël Fra­bou­let. “Le pro­blème, ce sont les en­fants, ex­plique un mi­grant. Ici, il fait froid comme dans la rue, on a eu froid toute la nuit et il n’y a pas d’eau chaude dans les douches.”

“Il faut lais­ser aux per­sonnes qui or­ga­nisent le temps de pou­voir le faire”, concluait le pré­sident du Col­lec­tif.

Après la dé­cla­ra­tion de Gil­bert Man­ciet, le ton est mon­té : le Col­lec­tif se dit “dans l’obli­ga­tion de ré­pondre aux pro­pos scan­da­leux et aux in­si­nua­tions mal­veillantes de la pré­fec­ture. Com­ment peut-elle se dé­cla­rer éton­née de trou­ver dans la salle Beau­fils 54 per­sonnes, alors qu’elles sont toutes en­re­gis­trées par ses ser­vices. La mis­sion du 9 oc­tobre a été l’oc­ca­sion de le vé­ri­fier. S’agit-il d’in­com­pé­tence ou de mal­hon­nê­te­té in­tel­lec­tuelle ? Non, [...] ils ne sont pas”sor­tis par en­chan­te­ment de quelque ré­seau lo­cal“! Ces dé­cla­ra­tions sont odieuses”, peste le Col­lec­tif, qui as­sure ne pas en­tre­te­nir “de faux es­poirs” et exige “une so­lu­tion concrète de lo­ge­ment digne et du­rable: des places en CADA (Centre d’Ac­cueil des De­man­deurs d’Asile) pour les de­man­deurs d’asile, confor­mé­ment à la loi, des places sup­plé­men­taires en hé­ber­ge­ment d’ur­gence, voire la ré­qui­si­tion de bâ­ti­ments vides.”

54 mi­grants, dont 28 en­fants, ont été ins­tal­lés salle Beau­fils en at­ten­dant de trou­ver une so­lu­tion d’hé­ber­ge­ment pé­renne.

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