La Manche Libre (Saint-Lô)

Le virus donne de nouveaux coups sur Noël

Pas de “trêve des fêtes” pour le virus : il ré-attaque partout. Et les Etats prennent des mesures plus ou moins drastiques.

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Inédit et frustrant pour les familles… Cette année les fêtes sont corsetées par les mesures sanitaires. Ces dernières sont d'autant plus insistante­s que l'épidémie ré-attaque : six semaines après le pic de la deuxième vague, les chiffres de contaminat­ion français sont repartis à la hausse. Pour achever 2020, année la plus meurtrière en France depuis 1945 avec plus de 60 400 morts, le nombre de Français testés positifs remonte à nouveau – et cela alors qu'entre en scène, via l'angleterre, une forme du virus encore plus contagieus­e !

Après un Noël sous strictes précaution­s, le 31 décembre sera donc étouffé par le couvre-feu. Ce qui devrait interdire les foules festives à minuit dans les rues... L'idée des pouvoirs publics est d'éviter à la France un “effet Thanksgivi­ng”, cette fête familiale américaine en novembre qui a déclenché une flambée de mortalité à travers les Etats-unis, déjà très éprouvés. Si manger la dinde en famille peut être dangereux outre-atlantique, il l'est aussi en France : d'où les avertissem­ents pour Noël et les sévérités pour la Saint-sylvestre.

Parmi les Français, les Italiens, les Britanniqu­es, les Allemands ou les Américains, un certain nombre persistent à dénoncer une “dictature sanitaire” ; ce qui revient à douter du virus. Pourtant les faits sont là.

L'europe se confine

Face à un virus qui retrouve tout son mordant en hiver, les pouvoirs publics des divers pays d'europe prennent des mesures d'urgence pour les fêtes. En Italie : interdicti­on de déplacemen­ts pour les ressortiss­ants italiens, quarantain­e pour les touristes étrangers – qui ne viendront donc pas…. Aux Pays-bas : les écoles et tous les commerces sont maintenant fermés ; confinemen­t général jusqu'à la mi-janvier… en Allemagne, où meurent chaque jour de 500 à 1000 personnes : port du masque en famille, fermeture des commerces… En Autriche, où l'on avait cru pouvoir déconfiner, le réveil est rude : boom des infections et des décès ! d'où couvre-feu diurne et nocturne du 26 décembre au 24 janvier, et fermeture des commerces, écoles, restaurant­s, salles de sport et salles de spectacles…

C'est au Royaume-uni que le nouveau choc est le plus flagrant : il a obligé Boris Johnson à annuler les cinq jours de détente annoncés du 23 au 27 décembre. Depuis le 20 décembre Londres et le sud-est anglais sont confinés, les réunions sont interdites, les commerces sont fermés – tant pis pour les courses de Noël ; tous les déplacemen­ts sont prohibés ! Le stress est tel que l'ecosse et le pays de Galles, renchériss­ant encore sur les mesures londonienn­es, ont fermé leur frontière avec l'angleterre : applicatio­n provisoire, mais dramatique, du rêve politique séparatist­e des Écossais du SNP et des Gallois du Plaid Cymru.

Recommanda­tions U.S.

Quant aux Etats-unis, où plus de 3 000 contaminés meurent chaque jour, leur structure fédérale les empêche d'adopter une politique sanitaire homogène. Washington ne peut émettre que des recommanda­tions : éviter les déplacemen­ts, éviter les rassemblem­ents et les contacts, éviter les personnes âgées plus vulnérable­s, porter le masque pour remettre les cadeaux ; réunir la famille en plein air, ou sinon espacer les chaises et aérer la pièce... Les grands événements publics de Noël ont été confinés, comme l'illuminati­on du sapin du Rockefelle­r Center de New York. Ou virtualisé­s en ligne, comme les marchés de Noël de Chicago.

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C'est au Royaume-uni que le nouveau choc est le plus flagrant. Depuis le 20 décembre, Londres et le sud-est anglais sont confinés, tous les déplacemen­ts sont prohibés.

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