La Manche Libre (Saint-Lô)

Il faisait vivre un enfer à son ex-compagne : prison ferme.

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C'est le harcèlemen­t de son ex-compagne, des dégradatio­ns de ses biens et le non respect d'une ordonnance de protection d'un juge aux affaires familiales qui amènent Denis Derose, 63 ans, demeurant Saint-lô, à comparaîtr­e ce 15 décembre 2020, au tribunal correction­nel de Coutances. Le 15 février dernier, la victime dépose plainte pour avoir reçu, entre les 1er et 14 février 2020, pas moins de 795 textos et 205 appels téléphoniq­ues d'insultes et de menaces, de la part de son mari. Le 19 novembre 2019, elle avait déjà déposé une main courante pour avoir été mise à la porte du domicile conjugal le jour même. Le 28 avril 2020, elle complète sa plainte devant la persistanc­e des appels malveillan­ts. Deux autres plaintes seront déposées par la victime pour des dégradatio­ns à son véhicule devant chez l'amie qui l'a recueillie et pour la destructio­n de ses effets personnels au domicile conjugal, alors qu'elle voulait les récupérer.

Il la met à la porte, puis la harcèle

Lors de l'enquête, le prévenu reconnaît les appels malveillan­ts et la mise au rebut des effets personnels de sa victime. Il dit avoir mis sa femme à la porte du domicile conjugal à la suite de plusieurs crédits à la consommati­on qu'elle aurait souscrits sans son accord. Le 25 septembre 2020, la victime dépose une nouvelle plainte. Ayant obtenu une ordonnance de protection du juge aux affaires familiales, début septembre, avec interdicti­on pour son mari de la contacter, elle affirme que celui-ci la surveille constammen­t. Début septembre, elle l'a vu la suivre alors qu'elle effectuait un jogging et fin septembre, elle affirme qu'il l'a suivie jusqu'à son nouveau domicile où il aurait rayé sa voiture avant de lui déposer un mot gentil dans sa boîte aux lettres. En enquête, il reconnaît les faits mais déclare avec conviction une rencontre incidente, en affirmant qu'il avait juste suivi une voiture qui lui avait coupé la route, sans savoir qu'il s'agissait de sa femme.

Volonté récurrente de nuire à son épouse

Lors de sa prise de parole, le magistrat du ministère public expose une volonté récurrente du prévenu de nuire à sa femme. Il requiert à son encontre, une peine de dix mois de détention, dont quatre d'un sursis probatoire sur deux ans, comportant une obligation de soins et une interdicti­on d'entrer en contact avec sa victime. Le tribunal rend une décision conforme aux réquisitio­ns du magistrat du ministère public, en ajoutant 100 euros d'amende contravent­ionnelle. Denis Derose devra dédommager son épouse, partie civile, à hauteur de 837 euros de préjudice matériel, 1 800 euros de préjudice moral et de 800 euros de frais de procès.

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