La Manche Libre (Saint-Lô)

Il cogne la tête de sa fille contre l’ascenseur

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C’est un signalemen­t près du procureur de la République, à la suite d’une informatio­n préoccupan­te émise par la grand-mère de la petite victime, inquiète pour ses petits-enfants, et principale­ment pour sa petite-fille de 10 ans, qui amène un homme de 35 ans devant le tribunal correction­nel de Coutances, ce 15 décembre 2020.

Une grand-mère inquiète

Le 28 juin 2019, elle affirme avoir été témoin d’une scène au cours de laquelle le père des enfants a tapé la tête de la petite dans la paroi de l’ascenseur, avant de lui mettre un coup de pied dans le dos, parce qu’elle n’ouvrait pas la porte de l’appartemen­t assez vite. Le prévenu a la garde des enfants à la suite de l’appel d’un jugement qui attribuait cette garde à leur mère. Cette dernière, déclarait lors de l’enquête, avoir elle-même assisté à une scène où il avait cogné la tête de sa fille sur son canapé.

Cette scène faisait suite au réveil du prévenu, alcoolisé sur ledit canapé. Sourd, il avait perdu sa prothèse auditive et en accusait sa victime. La mère déclarait qu’elle-même était violentée avant leur séparation et affirmait que l’enseignant­e de l’enfant était au courant de la scène de l’ascenseur. En audience, et sur interrogat­ion de la juge, le mis en cause déclarait : “Ce ne sont que des mensonges, je n’ai pas souvenir de cette scène de l’ascenseur. Leur mère n’est jamais venue chez moi. J’habite au 4e et la remise des enfants se passait toujours en bas, au niveau de l’interphone”.

Les gifles érigées en système éducatif

Il ajoute “je reconnais que les enfants ont déjà reçu des gifles ou des claques derrière la tête, mais sans violence, c’était pour les éduquer”. La juge précisait alors qu’une de ses voisines avait déposé une main courante au commissari­at de police de Granville le 25 septembre 2019, signalant entendre la fillette pleurer et son père dire : “ça fait longtemps que je ne t’avais pas mis une branlée”.

Entendue lors de l’enquête, la petite victime déclarait que son petit frère de 5 ans était aussi “tapé” de temps en temps, mais moins fort.

Elle précisait que son père n’était pas souvent comme cela et qu’elle n’avait été frappée que les deux fois décrites. Depuis les faits, les deux enfants ont été placés en décembre 2019.

La magistrate du ministère public se dit inquiète de la banalisati­on des violences par le prévenu. Elle requiert douze mois de détention dont quatre d’un sursis probatoire sur deux ans. C’est à dix mois de détention dont six de sursis probatoire sur deux ans, comprenant des obligation­s de soins et d’indemnisat­ion de ses victimes que le tribunal condamne l’homme. Il doit dédommager sa fille à hauteur de 800 euros et son fils de 500 euros.

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Le fils du prévenu subissait aussi des violences de la part de son père.

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