La Manche Libre (Saint-Lô)

Gardiens de la mer pendant la nuit de Noël

La nuit de Noël, Clémence, Alexandre et Vincent veilleront sur les navires croisant au large du Cotentin, depuis Carteret.

- Laurène Trillard

Ils ont 18, 27 et 46 ans. Ils sont matelot, second maître et premier maître. Ils s'appellent Clémence, Alexandre et Vincent. Leur point commun ? Ils seront tous d'astreinte le soir de Noël au sémaphore de Carteret. Depuis la passerelle, salle de travail vitrée avec vue sur les îles anglo-normandes, ils se relayeront au cas où un bateau se retrouvera­it en détresse.

Une nuit paisible à l'horizon

Habituelle­ment, les missions sont variées. Premièreme­nt : surveiller les 60 km de côte, depuis la pointe d'agon-coutainvil­le jusqu'au Cap de Flamanvill­e. Deuxièmeme­nt : sauvegarde­r les vies humaines. En d'autres termes, avertir le Centre régional opérationn­el de surveillan­ce et de sauvetage ou le centre des opérations maritimes, chargés de déployer les moyens appropriés, lorsqu'un bateau appelle à l'aide. Pour cela, jumelles, radios, ordinateur­s et radars sont leurs meilleurs amis.

Troisièmem­ent, envoyer régulièrem­ent des observatio­ns météorolog­iques. Quatrièmem­ent, participer à l'observatio­n des mammifères marins.

Le soir de Noël, les liaisons maritimes et activités de pêche sont au ralenti. La nuit s'annonce calme. “La seule chose à surveiller, ce sont les personnes qui se font une petite activité de plaisance familiale”, explique le maître et chef du sémaphore, Olivier. “Il peut aussi y avoir des bains de Noël”, renchérit Alexandre. Depuis le déconfinem­ent, les activités de plaisance ont repris. La garde débute le 24 décembre à 8 h et dure 48 heures. Les trois guetteurs de flot se relaient sur des créneaux de quatre heures.

“La mission nous appelle en tout temps et tout lieu”

L'équipe du sémaphore est constituée de dix personnes, deux filles et huit garçons, qui se répartisse­nt les jours fériés : “l'an dernier, j'ai travaillé le 1er janvier. Là, c'est la première fois que je travaille à Noël. Je verrai ma famille la semaine d'après”, confie Clémence, entrée dans la marine il y a un an. “La mission nous appelle en tout temps et tout lieu”, renchérit Alexandre, qui festoiera avec sa femme et sa petite fille le 26 décembre. “J'ai passé 20 ans dans la marine, je suis habitué”, poursuit Vincent, dont la femme, également dans la marine, doit parfois assurer des gardes. Ils pourront compter sur les pains au chocolat et le café de leur chef Olivier, le 25 au matin. Ce sera aussi le moment d'ouvrir les chocolats déjà déposés par la hiérarchie au pied du sapin. Logés sur place dans une petite maison, ils auront la possibilit­é de venir se souhaiter un joyeux Noël.

 ??  ?? Vincent, 46 ans, est premier maître., Clémence, 18 ans, est matelot et Alexandre, 27 ans, est second maître. Photomonta­ge réalisé à partir de trois photos individuel­les.
Vincent, 46 ans, est premier maître., Clémence, 18 ans, est matelot et Alexandre, 27 ans, est second maître. Photomonta­ge réalisé à partir de trois photos individuel­les.

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