La Manche Libre (Saint-Lô)

Fan de Legos à 41 ans, et alors ?

Sabrina Charbonnel, 41 ans, a redécouver­t les Legos il y a un an grâce à son fils de 10 ans, Nathan. Elle est aussi mordue que lui.

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La boîte en carton de la pelleteuse grise à construire est presque vide. “12 ans et plus”, peut-on lire sur l'emballage. Du haut de ses 10 ans, Nathan n'en a que faire. Après deux jours de travail non-stop, il ne lui reste plus qu'un sachet avant de terminer son oeuvre. Il l'a reçue quelques semaines avant Noël. Ce cadeau est aussi celui de son anniversai­re. “On croyait être tranquille pour un bon bout de temps, c'est raté, il a déjà presque tout fini !”, plaisante sa maman. A 41 ans, Sabrina partage avec son fils cette passion pour les Legos. C'est lui qui l'a fait renouer avec cette pratique : “l'année dernière, je l'ai accompagné à une exposition de Legos organisée avec l'école. A la fin, j'ai acheté le train de Harry Potter”, explique-t-elle.

Elle achète neuf, d'occasion ou en vrac !

Si la passion de Lego est partagée par la mère et son fils, chacun défend son pré carré. Nathan s'intéresse aux constructi­ons techniques et aux créations de ville. Sabrina préfère l'univers de Harry Potter : terrain de Quidditch, chien à trois têtes, Tour de l'horloge... tout y est ! Depuis plus d'un an, toutes les occasions sont bonnes pour s'offrir des Legos : Noël, anniversai­re et même Pâques ! Sans oublier le calendrier de l'avent : “j'ai acheté une boîte de Legos que j'ai divisée en 24”, explique la quadragéna­ire, lassée du calendrier tout fait proposé par la marque. Neuf, d'occasion ou en vrac, tous les moyens sont bons pour acheter du nouveau matériel. Mais toujours avec tempérance : “je ne vais pas m'arrêter de manger pour des Legos. Je fais attention au budget”, explique la mère de famille, assistante maternelle de profession, qui élève son petit garçon seul. Elle peut débourser 300 € d'un coup, puis rien du tout le mois suivant.

“Ça me rapproche de mon fils”

“J'aime construire, et ça m'empêche de faire des écrans”, raconte Nathan, lorsqu'on l'interroge sur sa passion. Créer des mondes, mettre en scène des villes, c'est ce qui lui plaît. “Ça me rapproche de mon fils”, confie de son côté Sabrina. Ensemble, ils peuvent passer des week-ends entiers à construire. Même s'ils ne se parlent pas, concentrés chacun sur leur édifice, le plaisir est partagé. “Ça me vide la tête et l'esprit”, poursuit Sabrina. Au début, elle n'osait pas trop parler de son hobby autour d'elle, par peur d'être jugée. Aujourd'hui, elle en est fière et le revendique. D'autant plus que ce passe-temps a pour elle une valeur sentimenta­le cachée : “Tonton Joël m'avait payé ma première boîte de Legos à Noël 1988, avant de nous quitter brutalemen­t en janvier 1993”, se souvient-elle les larmes aux yeux. Un bel hommage.

 ??  ?? Nathan Belliard et sa maman Sabrina Charbonnel habitent à Mortain. Sabrina tient dans ses mains la première boîte de Legos reçue en 1988 de son oncle aujourd'hui décédé.
Nathan Belliard et sa maman Sabrina Charbonnel habitent à Mortain. Sabrina tient dans ses mains la première boîte de Legos reçue en 1988 de son oncle aujourd'hui décédé.

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