La cour rend un ver­dict de clé­mence

Les deux bra­queurs condam­nés à quatre ans de pri­son

La Montagne (Brive) - - Limousin Actualité - Ju­lien Ba­chel­le­rie

Sans coup de théâtre, la cour d’as­sises de la Corrèze a lo­gi­que­ment condam­né hier les deux au­teurs du bra­quage de la phar­ma­cie de Mer­lines. Le ver­dict a en re­vanche sur­pris par le quan­tum de la peine : cinq ans d’em­pri­son­ne­ment, dont un an avec sur­sis et mise à l’épreuve.

Quelques heures au­pa­ra­vant, l’avo­cat gé­né­ral avait pour­tant re­quis des peines plus lourdes. Huit ans ferme à l’en­contre d’an­tho­ny Guillaume, 20 ans au­jourd’hui, qu’elle consi­dé­rait comme le prin­ci­pal ins­ti­ga­teur du vol à main ar­mée. La ma­gis­trate du par­quet avait dans la fou­lée de­man­dé six ans ferme pour Florian Cuz, âgé de 20 ans éga­le­ment, qu’elle es­ti­mait com­plice en condui­sant la Re­nault Clio à bord de la­quelle le duo avait pris la fuite.

Peine ra­pi­de­ment amé­na­geable

« La cour a sou­hai­té vous in­ci­ter à un autre par­cours que ce­lui de la dé­lin­quance », a in­di­qué le pré­sident de la cour à l’at­ten­tion des jeunes ac­cu­sés. Un mes­sage de clé­mence ce­pen­dant ac­com­pa­gné d’un aver­tis­se­ment : « Avec une con­ dam­na­tion cri­mi­nelle, vous tom­bez dé­sor­mais sous le ré­gime de la ré­ci­dive per­pé­tuelle. Au­tre­ment dit, si vous com­met­tez un nou­veau bra­quage, vous en­cou­rez la ré­clu­sion à per­pé­tui­té. » Les deux pen­sion­naires du box des ac­cu­sés étant in­car­cé­rés dans le cadre de la dé­ten­tion pré­ven­tive de­puis deux ans et quatre mois, ils se­ront ac­ces­sibles à un amé­na­ge­ment de peine.

Une sa­tis­fac­tion pour la dé­fense, qui avait plai­dé la man­sué­tude en évo­quant no­tam­ment l’im­ma­tu­ri­té des deux mis en cause. Avo­cate d’an­tho­ny Guillaume, M e Mélanie Vil­le­neuve avait in­sis­té sur le par­cours de vie chao­tique de son client : « La seule fois où je l’ai vu fier de lui, c’est quand il m’a mon­tré son di­plôme ob­te­nu en pri­son. Au­tant cer­tains dé­lin­quants sont ir­ré­cu­pé­rables, au­tant je l’af­firme, c’est un jeune qui a droit à un ave­nir. »

De son cô­té, le conseil de Florian Cuz, Me JeanF­ran­çois Ca­nis avait sou­li­gné « l’in­cons­cience de la jeu­nesse » : « Au mo­ment des faits, ils avaient 18 ans. A quelques mois près, on était de­vant une ju­ri­dic­tion pour en­fants, et les peines ne sont pas les mêmes. Doit­on es­ti­mer que mon client mé­rite un en­cours de vingt ans ? Ce n’est plus de la jus­tice, c’est une lo­te­rie. »

Le ver­dict ren­du, les mots lus par le bâ­ton­nier, Me Ch­ris­tine Marche, la veille, pour le compte de l’em­ployé de l’of­fi­cine mis en joue, sont res­tés en mé­moire. Il s’agis­sait d’une lettre écrite par la com­pagne de la vic­time, « psy­cho­lo­gi­que­ment très tou­chée par ce bra­quage ». « […] Nous avons eu un fils, mais le bon­heur d’être pa­pa a été en­ta­ché par cette agres­sion qui est bien trop pré­sente dans sa vie […] » ■

Des dé­gâts psy­cho­lo­giques

PHO­TO : J. B.

ARME. Le pis­to­let uti­li­sé pour le bra­quage s’était ré­vé­lé être une arme fac­tice, des­ti­née à la dé­co­ra­tion.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.