Fu­sion des aca­dé­mies : la rec­trice joue l’apai­se­ment

La rec­trice joue l’apai­se­ment en at­ten­dant d’en sa­voir plus…

La Montagne (Brive) - - La Une - Flo­rence Cla­vaud-pa­rant

Alors que se pro­file une fu­sion des aca­dé­mies, la rec­trice Ch­ris­tine Ga­vi­ni-che­vet, en at­tente d’ins­truc­tions mi­nis­té­rielles, en­tend pri­vi­lé­gier le dia­logue avec des syn­di­cats in­quiets.

De­puis la pu­bli­ca­tion du rap­port mi­nis­té­riel (*) pré­co­ni­sant une nou­velle carte des aca­dé­mies cal­quée sur celle des grandes ré­gions (donc la dis­pa­ri­tion de l’aca­dé­mie de Li­moges), les in­quié­tudes sont vives, no­tam­ment par­mi les per­son­nels. Dans ce contexte sen­sible, la rec­trice d’aca­dé­mie Ch­ris­tine Ga­vi­niC­he­vet a mul­ti­plié ces der­niers jours les ren­contres avec les syn­di­cats (FSU et Unsa). En l’ab­sence d’ins­truc­tions pré­cises de la part de son mi­nis­tère, elle dit vou­loir pri­vi­lé­gier le dia­logue so­cial, alors qu’en Li­mou­sin, 300 agents et cadres ad­mi­nis­tra­tifs sont concer­nés par une ré­or­ga­ni­sa­tion ter­ri­to­riale aux contours en­core flous.

■ Que sa­vez-vous exac­te­ment du pro­jet ? Le mi­nistre nous a dit qu’il an­non­ce­rait ses dé­ci­sions fin mai. Dans l’at­tente, je n’ai pour l’heure au­cune feuille de route. En tant que rec­teurs, on nous a pré­sen­té le rap­port et nous en avons aus­si­tôt in­for­mé les syn­di­cats.

■ La fu­sion des trois aca­dé­mies

de Nou­velle-aqui­taine est-elle dé­sor­mais in­évi­table ? Le rap­port es­time que l’or­ga­ni­sa­tion in­ter­mé­diaire, qui consis­tait à créer des grandes ré­gions aca­dé­miques avec des “grands rec­teurs” tout en conser­vant les aca­dé­mies ac­tuelles, ne fonc­tionne pas bien. Pour ma part, je trouve qu’en Nou­vel­leA­qui­taine, ce­la marche plu­tôt pas mal… Mais quoi qu’il en soit, le mi­nis­tère en­tend ne plus faire du­rer ce sta­tu quo. Mais il est im­por­tant de pré­ci­ser que les so­lu­tions en­vi­sa­gées se­ront dif­fé­rentes se­lon les ré­gions et se­lon leur taille. Il y au­ra une vraie concer­ta­tion. Et il faut rap­pe­ler que le rec­teur de Nou­velle­aqui­taine, qui se­ra un ac­teur es­sen­tiel de la mise en place du pro­jet, connaît bien les en­jeux ter­ri­to­riaux, et connaît aus­si très bien le Li­mou­sin.

■ Aux yeux du mi­nis­tère, le Li­mou­sin se­rait de­ve­nu une aca­dé­mie trop pe­tite… mais la Nou­velle-aqui­taine pour­rait au fi­nal s’avé­rer une aca­dé­mie trop grande ? C’est un peu ça. En tout cas, le pro­blème mé­rite qu’on y ré­flé­chisse. Et nous sommes en­core dans l’ex­pec­ta­tive. C’est­à­dire que les so­lu­tions en­vi­sa­geables peuvent al­ler de la fu­sion pure et simple des trois aca­dé­mies… à un nou­veau par­tage des com­pé­tences qui pour­rait ac­cor­der da­van­tage de pou­

voir au grand rec­teur. Rien n’est dé­ci­dé. Nous ver­rons aus­si quel rôle peuvent jouer les dé­par­te­ments, qui pour­raient de­ve­nir un éche­lon stra­té­gique dans cette nou­velle or­ga­ni­sa­tion ter­ri­to­riale.

■ Mais qui dit trans­fert de com­pé­tences dit aus­si trans­fert de per­son­nels ? Non, il n’y au­ra pas de mo­bi­li­té im­po­sée par­mi les per­son­nels ad­mi­nis­tra­tifs. Nous ne lais­se­rons au­cun cadre sans so­lu­tion. Tous ceux qui se­ront concer­nés se ver­ront pro­po­ser soit une mo­bi­li­té fonc­tion­nelle, soit une mo­bi­li­té géo­gra­hique en fonc­tion de leurs sou­haits et de leur si­tua­tion.

■ Quid des en­sei­gnants ? Il n’y au­ra pas de change­

ment dans le pé­ri­mètre de ges­tion des en­sei­gnants jus­qu’en 2022.

■ Et après 2022 ? J’ai lu cette date comme vous. Je n’ai pas da­van­tage d’information.

■ La carte des for­ma­tions pro­fes­sion­nelles est dé­jà gé­rée à l’échelle de la Nou­velle-aqui­taine. Qu’en se­ra-t-il de l’offre pé­da­go­gique dans

les fi­lières gé­né­rales ? Vous sa­vez, on a cou­tume de dire : “Bor­deaux va tout as­pi­rer”… Or l’edu­ca­tion Na­tio­nale n’est pas un sys­tème po­li­tique, c’est une ad­mi­nis­tra­tion d’état. Notre rôle n’est pas de pri­vi­lé­gier un tel ou un tel, mais au contraire de res­treindre les in­éga­li­tés ter­ri­to­riales et de veiller à as­su­rer un maillage co­hé­rent. De la même fa­çon, nous avons bien en tête le risque d’iso­le­ment des per­son­nels. Nous al­lons conser­ver l’éche­lon dé­par­te­men­tal et il n’est pas ex­clu qu’il prenne d’ailleurs de l’im­por­tance…

■ Avez-vous un ca­len­drier

pré­cis ? Non. S’il s’agis­sait d’une simple ques­tion de gou­ver­nance, ce­la ne né­ces­si­te­rait pas beau­coup de temps. Or, l’en­jeu d’une ré­or­ga­ni­sa­tion des ser­vices, avec toute la di­men­sion hu­maine qu’il re­vêt, va bien au­de­là d’une seule ques­tion de ca­len­drier… ■ (*) Voir notre édi­tion du mer­cre­di 16 mai.

S. LEFÈVRE

C. GA­VI­NI-CHE­VET. « Nous al­lons conser­ver l’éche­lon dé­par­te­men­tal et il n’est pas ex­clu qu’il prenne de l’im­por­tance. »

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