Un élan de so­li­da­ri­té pour ac­com­pa­gner une fa­mille sy­rienne

Un élan de so­li­da­ri­té ac­com­pagne une fa­mille ins­tal­lée sur la com­mune de­puis oc­tobre 2017

La Montagne (Brive) - - La Une -

De­puis oc­tobre, la fa­mille sy­rienne Al Mus­ta­fa a trou­vé re­fuge à Chamboulive. Dans la com­mune, une ving­taine de bé­né­voles aident le couple et ses quatre en­fants à s’in­té­grer.

As­sis juste de­vant le comp­toir de la bou­lan­ge­rie de Chamboulive, Na­sheat, 9 ans, a le re­gard es­piègle. Chaque jour, après la sor­tie de l’école, le pe­tit Sy­rien, ar­ri­vé dans le village en oc­tobre der­nier avec ses pa­rents et ses trois soeurs (lire ci­des­sous) vient cher­cher son goû­ter. Et fait la conver­sa­tion, en fran­çais, à Co­rinne Na­di­ras, la bou­lan­gère et à ses clients. « Je le vois tous les jours, ra­conte la com­mer­çante, dé­jà très at­ta­chée à l’en­fant et à sa fa­mille. Il vient, il mange des bon­bons, il em­balle le pain, par­fois il joue avec la mon­naie… Nous sommes très proches. »

De­puis oc­tobre, la fa­mille Al Mus­ta­fa a trou­vé, dans la com­mune d’en­vi­ron 1.200 ha­bi­tants, un havre de paix, une terre d’ac­cueil, loin du conflit sy­rien et une so­li­da­ri­té in­es­pé­rée. « Quand nous avons su qu’une fa­mille ar­ri­vait, nous avons lan­cé aux ha­bi­tants un ap­pel à la so­li­da­ri­té, rap­pelle Noël Mar­ti­nie, le maire. Nous avons eu des meubles, des vê­te­ments, du linge… Bien plus qu’il n’en fal­lait. » La fa­mille qui ré­side dans un ap­par­te­ment de Corrèze ha­bi­tat, n’avait rien et ne par­lait pas un mot de fran­çais. Ce­la a bien chan­gé. “Bon­jour, ça va, à bien­tôt, de rien…”, May­sae, la mère de fa­mille a fait d’im­menses pro­grès, grâce no­tam­ment aux cours don­nés par deux bé­né­voles, Gi­sèle et Béa­trice : « Nous avons uti­li­sé des des­sins, des images, des mimes… Le but était de pré­pa­rer les pa­rents avant les cours obli­ga­toires », ré­sument les bé­né­voles qui es­ti­ ment que la mo­ti­va­tion du couple a été « pri­mor­diale. » Quant aux en­fants, l’école a été sal­va­trice, tous s’ex­priment dé­jà bien en fran­çais.

Un tra­duc­teur

Outre l’ap­pren­tis­sage de la langue, les Cham­bou­li­vois sont mo­bi­li­sés au­près des Sy­riens pour toutes les tâches ad­mi­nis­tra­tives. Si Zou­heir Char­ki, Ma­ro­cain d’ori­gine, les aide à la tra­duc­tion des do­cu­ments et à la com­mu­ni­ca­tion, via l’arabe, avec les ha­bi­tants, des bé­né­voles as­surent la lo­gis­tique. Comme Mau­rice qui mul­ti­plie les al­lers­re­tours entre Tulle, Li­moges et Chamboulive pour em­me­ner le couple à la pré­fec­ture, au Pôle em­ploi… tan­dis que d’autres les conduisent aux exa­mens mé­di­caux. Une or­ga­ni­sa­tion qui a même né­ces­si­té l’ins­tau­ra­tion d’un plan­ning mis en place par une conseillère mu­ni­ci­pale. Une aide quo­ti­dienne « na­tu­relle », es­time le maire. Le­vant son pouce, Mo­ha­med Al Mus­ta­fa l’as­sure, la vie à Chamboulive, c’est « 10 sur 10 ». ■

PHO­TOS AGNÈS GAU­DIN

BÉ­NÉ­VOLES. Ils sont une ving­taine, élus, as­so­cia­tifs, en­sei­gnants, re­trai­tés… mo­bi­li­sés pour ai­der la fa­mille Al Mus­ta­fa, ori­gi­naire de Sy­rie, à s’in­té­grer à la vie de la com­mune.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.