« Nous n’avons plus per­sonne pour qui nous in­quié­ter en Sy­rie »

La Montagne (Brive) - - Corrèze Actualité -

Quand on pro­nonce le nom Sy­rie, les yeux de Mo­ha­med Al Mus­ta­fa se ferment. Son pays, il l’a quit­té avec sa femme et les en­fants en juin 2011.

« C’était la guerre et nous vou­lions fuir ce conflit, rap­porte le tren­te­naire qui, en Sy­rie, vi­vait de pe­tits bou­lots. Nous vou­lions sau­ver notre fa­mille. Plu­sieurs des nôtres ont été tués dans les com­bats. » La fa­mille prend alors la route du Li­ban et ar­rive à Bey­routh le 26 juin 2011. Mais la vie y est com­pli­quée.

« Au Li­ban, les gens nous re­je­taient parce qu’ils voyaient ar­ri­ver d’un mau­vais oeil beau­coup de Sy­riens sur un ter­ri­toire bien plus pe­tit, des gens qui cher­chaient du tra­vail. » Pen­dant six ans, la fa­mille Al Mus­ta­fa vit des aides humanitaires, le père de­vient concierge et l’aî­née des en­fants est sco­la­ri­sée. Mais la vie reste très dif­fi­cile.

L’es­poir de faire ve­nir sa soeur

« Comme ils vou­laient par­tir du Li­ban et que la com­mune était can­di­date pour ac­cueillir des ré­fu­giés, Chamboulive leur a été pro­po­sée », confie le maire. C’est ain­si que la fa­mille a dé­cou­vert le 2 oc­tobre 2017 la Corrèze. « On nous a dit que nous al­lions en France, dans les en­vi­rons de Cler­montFer­rand », rap­porte la fa­mille.

Et main­te­nant ? « Nous ai­me­rions que ma soeur qui est res­tée au Li­ban puisse ve­nir s’ins­tal­ler en Corrèze », es­père la mère de fa­mille.

Quant à un éven­tuel re­tour en Sy­rie un jour, le couple peine à y pen­ser. « Ils voient que le conflit ne s’ar­rête pas, tra­duit leur ami Zou­heir Char­ki. Et là­bas, ils n’ont plus de fa­mille. Plus per­sonne pour qui s’in­quié­ter en Sy­rie. Alors, ils suivent leur che­min, sans trop sa­voir de quoi se­ra fait leur fu­tur. » ■

IN­TÉ­GRA­TION. Mo­ha­med et May­sae Al Mus­ta­fa ont fui les com­bats en Sy­rie en 2011 avant de res­ter six ans au Li­ban.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.