« Les play-offs, une obli­ga­tion de ré­sul­tat »

Le pré­sident Alain Au­bard fait le bi­lan et se pro­jette sur la sai­son pro­chaine

La Montagne (Brive) - - Sports Handball - Xa­vier Georges Twit­ter : @Xa­vier – Georges

Après la sai­son dif­fi­cile et en de­mi-teinte du LH 87, le pré­sident Alain Au­bard fixe l’ob­jec­tif d’at­teindre les phases fi­nales l’an pro­chain.

Vous vous étiez fixé l’ob­jec­tif des play-offs en dé­but de sai­son et vous ter­mi­nez fi­na­le­ment 9e du cham­pion­nat à six points de la 5e place. Avez-vous le sen­ti­ment d’avoir man­qué votre

sai­son ? Di­sons qu’elle ne s’est pas dé­rou­lée comme on l’au­rait sou­hai­té. Nous avons été très ir­ré­gu­liers. On vou­lait être mieux clas­sé que l’an passé. Comme on avait fi­ni 6e, faire mieux c’était 5e et on était alors qua­li­fiés pour les play­offs. Même si on n’avait pas l’am­bi­tion de mon­ter dès cette an­née, oui nous sommes un peu dé­çus. On ne s’ima­gi­nait pas vivre une sai­son aus­si com­pli­quée que celle­là.

■ Le fait d’avoir ra­té votre re­cru­te­ment l’été der­nier et d’avoir dû rec­ti­fier le tir en cours de route ne vous a-t-il

pas été pré­ju­di­ciable ? Si. Je pense que si l’on avait eu plus de sta­bi­li­té dans les buts no­tam­ment, nous n’au­rions pas été loin des play­offs. Après, il y a plu­sieurs pos­si­bi­li­tés de gé­rer un club. Soit on s’en­flamme et on re­crute des joueurs avec un budget que l’on n’a pas, et ce n’est pas notre style. Soit on fait avec le budget que l’on a. Et en dé­but de sai­son, on n’avait pas les moyens de re­cru­ter le gar­dien que l’on a re­cru­té pour les trois der­niers mois (Pe­ter­sen). Mais c’est sûr que nos dif­fi­cul­tés ont été liées au fait que pen­dant toute la sai­son on re­cru­tait tou­jours des joueurs pour pal­lier des ab­sences, des bles­sures ou des mé­formes alors que les autres avaient un ef­fec­

tif stable et étaient au point col­lec­ti­ve­ment. « Plus pré­cis sur le re­cru­te­ment » ■ Quel en­sei­gne­ment ti­rez­vous de cette sai­son ? Que le re­cru­te­ment des joueurs, c’est un vrai mé­tier. Je pense que l’on a en­ga­gé de bons joueurs mais ce­la ne suf­fit pas, il faut qu’ils soient com­plé­men­taires. On doit être beau­coup plus pré­cis sur le re­cru­te­ment et la com­po­si­tion du groupe. Jusque­là, on ne le fai­sait pas avec au­tant d’ap­pli­ca­tion que ce­la né­ces­site. Pour la sai­son pro­chaine, plus que la qua­li­té in­di­vi­duelle des joueurs qui est un pré­re­quis, on s’est at­ta­ché à ce qu’ils soient com­plé­men­taires et qu’ils puissent jouer les uns avec les autres. Et si un jour on doit mon­ter en 1re di­vi­sion, cette par­tie re­cru­te­ment de­vra né­ces­si­ter un

poste qua­si à plein­temps. ■ Ne­nad Sta­nic, l’en­traî­neur, a pu être contes­té cette sai­son au sein du club ou dans les tri­bunes. Lui ac­cor­dez­vous tou­jours votre confiance? Oui. Le fait d’être contes­té dans les tri­bunes, c’est le lot de tout en­traî­neur pro­fes­sion­nel. Il y a tou­jours 1.200 coachs tous les week­ends. Ne­nad, comme tout le monde, a des qua­li­tés et des dé­fauts. Il tra­vaille pour s’amé­lio­rer sans cesse. Il a notre confiance. Il a sa part de res­pon­sa­bi­li­tés – comme celle des di­ri­geants – sur le re­cru­te­ment mais en­core une fois, ce n’est pas une spé­ci­fi­ci­té à cette an­née. Après, il n’a ja­mais été re­mis en cause par les joueurs. Le groupe est res­té tou­jours sou­dé dans les mo­ments les plus compliqués. Or c’est là que l’on voit s’il y a un pro­blème entre le coach et le groupe. Donc Ne­nad a notre confiance. Il a en­core deux ans de contrat, on en­tend bien qu’il aille au bout, voire plus après. On pense que l’on est ca­pable de mon­ter en 1re Di­vi­sion avec Ne­nad Sta­nic sur le banc.

■ Quelle se­ra votre am­bi­tion

la sai­son pro­chaine ? Ce se­ra clai­re­ment d’être en play­offs. D’au­tant qu’il y au­ra une place de plus avec dé­sor­mais les six pre­miers à l’is­sue de la phase ré­gu­lière. Donc oui, avec l’équipe que l’on est en train de construire, dire que l’on n’a pas en­vie d’être en play­offs, ce ne se­rait pas sé­rieux. Jus­que­là, on avait plu­tôt une obli­ga­tion de moyens, à sa­voir tout faire pour y être. Là, on va plus pas­ser à une obli­ga­tion de ré­sul­tat. Il fau­dra que l’on soit en play­offs.

■ Vous al­lez pas­ser d’un budget de 1,550 mil­lion d’eu­ros à 1,8 mil­lion d’eu­ros l’an pro­chain au ni­veau de la SAS. Quelle échéance vous fixez-vous pour mon­ter en

Lidl Star­ligue ? Si on conti­nue sur cette dy­na­mique, l’ho­ri­zon est à trois ans. Mais on n’a pas le cou­teau sous la gorge. Je pré­fère bien pré­pa­rer la mon­tée. On pren­dra le temps qu’il fau­dra. Si c’est trois ans, c’est par­fait. Si c’est deux ans, c’est mieux. Et si c’est cinq ans, ce se­ra cinq ans. On pré­fère être un club sain, struc­tu­ré, éco­no­mi­que­ment viable plu­tôt que s’en­flam­mer à vou­loir mon­ter pour jouer une sai­son cau­che­mar­desque et faire un trou dans la caisse.

« À Beau­blanc et au Zé­nith » ■ L’USAL ou le LFC connaissent cha­cun des dif­fi­cul­tés ex­tra­spor­tives. Avez-vous le sen­ti­ment qu’il y a une place à prendre, spor­ti­ve­ment et au­près du pu­blic, der­rière le

CSP ? Je suis d’abord dé­so­lé de ce qu’il se passe à L’USAL et au LFC. Après, je ne m’ap­puie pas sur les dif­fi­cul­tés éco­no­miques de ces clubs pour dire qu’il y a une place à prendre. Je pense qu’on la prend un peu na­tu­rel­le­ment, il n’y a qu’à voir l’en­goue­ment du pu­blic, la salle est pleine à chaque match. Les par­te­naires suivent, les gens qui dé­couvrent le hand ici ont en­vie de re­ve­nir, on es­père dé­lo­ca­li­ser un peu plus de matchs l’an­née pro­chaine. Main­te­nant, si on veut fran­chir un pa­lier, il fau­dra trou­ver des so­lu­tions au ni­veau des infrastructures.

■ Ce­la veut dire qu’à terme, il fau­drait que vous ayez

une autre salle ou votre propre salle ? Si on a notre propre salle, c’est mieux mais compte te­nu des dif­fi­cul­tés éco­no­miques ac­tuelles et de l’ar­gent pu­blic qui ne coule pas à flots, pour­quoi ne pas es­sayer d’uti­li­ser mieux ce qui existe dé­jà ? La ville de Li­moges est d’ac­cord pour que l’on joue un peu plus à Beau­blanc. On peut faire trois, quatre ou cinq matchs à Beau­blanc, sa­chant que le CSP est prio­ri­taire. Ce­la per­met­trait aus­si d’uti­li­ser les ré­cep­tifs du nou­veau stade de Beau­blanc car outre la ca­pa­ci­té de la salle, ce qui nous freine peut­être plus au­jourd’hui c’est l’es­pace ré­cep­tif d’après match.

■ L’une des réus­sites de cette sai­son a été le match au Zé­nith en dé­cembre. Al­lez­vous ré­édi­ter l’ex­pé­rience la

sai­son pro­chaine ? Oui. Ce­la va en plein dans ce que l’on sou­haite faire, c’est­àdire plus dé­ve­lop­per un spec­tacle au­tour d’un match de handball plu­tôt qu’un pur match de hand. Donc oui, nous avons la vo­lon­té de le re­faire au moins une fois, a mi­ni­ma. ■

« On pren­dra le temps qu’il fau­dra pour mon­ter […]. Si c’est cinq ans, ce se­ra cinq ans ». ALAIN AU­BARD. Pré­sident du LH 87

PHOTO STÉ­PHANE LEFÈVRE

AM­BI­TION. Les joueurs du LH 87 au­ront les play-offs dans le vi­seur la sai­son pro­chaine.

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