Sans sé­cu­ri­té, pas de feu d’ar­ti­fice !

Pro­po­ser un spec­tacle py­ro­tech­nique de­puis le centre­ville tul­liste im­pose des règles plus strictes

La Montagne (Brive) - - Tulle Vivre Sa Ville - Sa­rah Bour­le­tias

Ou­bliées les hau­teurs tul­listes. De­puis l’été der­nier, le feu d’ar­ti­fice du 14 juillet est ti­ré en centre-ville, quai Ga­briel­pé­ri. De quoi rendre les règles de sé­cu­ri­té un peu plus strictes.

Les feux d’ar­ti­fice, il connaît. De­puis vingt ans, Phi­lippe Quey­riaux est l’un des ar­ti­fi­ciers choi­sis par la Ville de Tulle pour as­su­rer le show du 14 juillet. Cette an­née, le chef d’en­tre­prise rem­pile pour un énième spec­tacle.

Sauf que de­puis l’été der­nier, les exi­gences de sé­cu­ri­té sont un peu plus ac­crues. « Ti­rer un feu d’ar­ti­fice en plein centre­ville exige le res­pect de règles plus strictes », pré­vient l’ar­ti­fi­cier. « Ce­la n’est pas for­cé­ment plus com­pli­qué, mais il faut être plus vi­gi­lant. » En com­men­çant par re­voir cer­tains « ca­libres » à la baisse.

Pas d’armes lourdes au pro­gramme, mais des « tubes » par les­quels s’échappent les feux d’ar­ti­fice. « Parce que nous sommes plus proches du pu­blic, la taille de ces tubes doit être ré­duite par rap­port à ceux uti­li­ sés lors­qu’un feu est ti­ré en de­hors d’un centre­ville ou d’une zone très ha­bi­tée. »

Cet im­pé­ra­tif en exige un autre : « Si l’on uti­lise des ca­libres plus pe­tits, de 75 mil­li­mètres ou moins, le pu­blic de­vra être si­tué à 75 mètres mi­ni­mum du site où sont ti­rés les feux. »

La place Mar­tial­bri­gou­leix, où l’es­sen­tiel des spec­ta­teurs de­vrait se rendre pour pro­fi­ter des fes­ti­vi­tés, se­ra donc qua­drillée. « Une par­tie res­te­ra fer­mée afin que les gens ne s’ap­prochent pas trop près de la zone de tir », pour­suit Phi­lippe Quey­riaux. « On ins­talle tou­jours une sorte de no man’s land où per­sonne, en de­hors des ar­ti­fi­ciers, ne peut cir­cu­ler. »

Ces exi­gences n’en­tament en rien la qua­li­té du spec­tacle. « De plus pe­tits ca­libres et une zone de tir plus proche du pu­blic n’in­duisent pas un feu d’ar­ ti­fice de moindre qua­li­té. C’est même le contraire ! Il est plus fa­cile de mon­ter une bombe au mor­tier que de tra­vailler sur de très pe­tits contacts. Les ar­ti­fi­ciers sont obli­gés d’être plus tech­niques et créa­tifs. Ils uti­lisent aus­si da­van­tage de ma­tières py­ro­tech­niques pour com­pen­ser les pe­tits ca­libres. »

De quoi lais­ser es­pé­rer un spec­tacle aux mille et une cou­ leurs… que les ar­ti­fi­ciers ont po­tas­sé pen­dant près d’une se­maine. « C’est aus­si la consé­quence d’un feu d’ar­ti­fice ti­ré en centre­ville : ce­la exige da­van­tage de tra­vail en ate­lier », pour­suit Phi­lippe Quey­riaux. « Il faut comp­ter en­vi­ron trois jours de concep­tion, et au­tant pour la réa­li­sa­tion tech­nique. »

Que les spec­ta­teurs ap­pré­cie­ront en une poi­gnée de mi­nutes. ■

« On ins­talle un no man’s land »

PHOTO D’ILLUSTRATION AU­RÉ­LIE PATEREK

DIA­MÈTRE. Les ca­libres par les­quels sortent les feux d’ar­ti­fice ne doivent pas dé­pas­ser un cer­tain dia­mètre dès lors que le feu est ti­ré en centre-ville, près de zones ha­bi­tées.

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