Les Bleus et le match d’une vie

L’équipe de France ne doit pas lais­ser pas­ser sa chance, de­main (17 heures)

La Montagne (Brive) - - Coupe Du Moonnddee E U -

Ça illu­mine un maillot, une vie et une na­tion, à condi­tion d’ap­prendre des er­reurs du pas­sé : les Bleus pré­parent la fi­nale de la Coupe du monde contre la Croa­tie, de­main (17 heures), en ten­tant de gar­der la tête froide.

«C’est le match d’une vie, d’une fu­ture vie, de tout ! », a cla­mé Ky­lian Mbap­pé sur les sup­ports de la Fé­dé­ra­tion (FFF) dans la nuit de jeu­di à ven­dre­di, des étoiles dans les yeux en rê­vant d’en dé­cro­cher une, la deuxième du Coq, à 19 ans seule­ment.

« Oui, ça peut la chan­ger mais on ne pense pas trop à di­manche soir ou lun­di. On veut pré­pa­rer le match », a dit de son cô­té An­toine Griez­mann en conférence de presse. Qui élude ain­si la rime Gri­zou­zi­zou : « J’aime pas trop “Gri­zou”, moi c’est plus “Gri­zi” mais bon… »

Car, dé­jà, la France du foot es­père au bout de ce di­manche un ré­ser­voir à sou­ve­nirs es­tam­pillés « gé­né­ra­tion Griez­mann ». « On parle de la gé­né­ra­tion 98 de Zi­dane ; 2018, je ne sais pas qui ce se­ra, peu im­porte, je veux juste qu’on fasse un gros match et qu’on gagne la Coupe du monde », ba­laie l’at­ta­quant.

« La di­ver­si­té qu’on a est à l’image de ce beau pays qu’est la France »

Le lea­der d’at­taque de Di­dier Des­champs se sait at­ten­du pour le bou­quet fi­nal, au long d’un tour­noi où il monte en puis­sance et pré­sente des sta­tis­tiques cor­rectes (trois buts dont deux pe­nal­ties et une bourde de gardien, deux passes décisives sur coups de pied ar­rê­tés) mais pas aus­si ébou­rif­fantes qu’à l’eu­ro 2016, fi­ni sur des titres de meilleur joueur et meilleur bu­teur avec 6 réa­li­sa­tions.

Il a aus­si as­se­né sa dé­ter­mi­na­tion : « Je veux l’étoile et, si j’ai l’étoile, je m’en fous du jeu ! (voir page sui­vante) » As­su­mant ain­si le style At­lé­ti­co Ma­drid de la sé­lec­tion, dans le­quel il se sent à l’aise : « La dé­fense, dans notre style de jeu, avec les joueurs qu’on a, c’est le plus im­por­tant ».

La pré­pa­ra­tion d’un tel ren­dez­vous sup­pose un équi­libre pré­caire, comme l’a ré­su­mé Mbap­pé fa­çon vieux bris­card : « Là, il faut tout don­ner mais il ne faut pas non plus ren­trer dans un stress, il faut jouer comme on sait faire. Mais, dans l’in­ten­si­té, il faut tout don­ner. Dans ton jeu, dans ta ma­nière d’abor­der les ren­contres, il faut le prendre comme un match comme un autre, même si tu sais per­ti­nem­ment que ce match ne res­semble à au­cun autre ».

« Elle est tel­le­ment proche cette Coupe qu’on a en­vie de la tou­cher. Mais, avant de la tou­cher, il y a 90 mi­nutes, voire 120. Il va fal­loir tout don­ner. Je pense que c’est le match de notre vie », a dit pour sa part Blaise Ma­tui­di, hier, en conférence de presse.

L’ex­pé­ri­men­té mi­lieu avait dé­jà uti­li­sé cette ex­pres­sion de « match de notre vie » à quelques jours de la fi­nale de l’eu­ro 2016. Per­due alors que tous les élé­ments sem­blaient fa­vo­rables aux Fran­çais, de leur so­li­di­té face aux cham­pions du monde al­le­mands en de­mi­fi­nale (2­0) à la bles­sure de Cris­tia­no Ro­nal­do en dé­but de par­tie au Stade de France.

Ne pas ver­ser dans l’eu­pho­rie

« Les larmes ont sé­ché mais c’est en­core dans un pe­tit coin de la tête et tant mieux, ça doit ser­vir pour di­manche, même si je n’aime pas res­sas­ser le pas­sé. Ça sert de le­çon, on sait ce que c’est qu’une fi­nale. On va l’abor­der dif­fé­rem­ment et es­pé­rer faire un grand match pour ga­gner », a avan­cé Ma­tui­di, qui se sou­vient de l’eu­pho­rie sui­vant la de­mi­fi­nale à Mar­seille, « à juste titre » mais « un peu trop »…

Ne pas ver­ser dans l’eu­pho­rie mais res­sen­tir la joie ex­pri­mée dans les rues du pays à chaque qua­li­fi­ca­tion pour l’étape sui­vante : Ma­tui­di et Griez­mann ont fait écho à cette com­mu­nion na­tio­nale. « La di­ver­si­té qu’on a est à l’image de ce beau pays qu’est la France. On est fier de re­pré­sen­ter ce beau maillot, pour nous c’est quelque chose de gé­nial, le peuple est fier aus­si d’avoir une équipe na­tio­nale comme ça », a dit le pre­mier.

« Gri­zou », lui, a car­ré­ment en­ton­né une ode pa­trio­tique : « Il faut être fier d’être Fran­çais ! On le dit très peu : on est bien en France, on mange bien, on a un beau pays, on a une belle équipe de France, on a de beaux Fran­çais, de beaux jour­na­listes (rires) ! J’ai en­vie que les jeunes disent “Vive la France et vive la Ré­pu­blique !”. Je sais qu’on est très re­gar­dé par tout le monde et j’ai en­vie de dire à quel point je suis fier d’être Fran­çais ». ■

JU­VEN­TUS. Ma­rio Mand­zu­kic (à de la Coupe du monde. gauche) et Blaise Ma­tui­di, co­équi­pier en club, se re­trouvent face à face pour cette fi­nale

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