14 ans de ré­clu­sion cri­mi­nelle

Mo­ha­med B. condam­né hier pour viols

La Montagne (Brive) - - Limousin / L'actu - Co­ra­lie Zarb

Mo­ha­med B. est ju­gé de­puis lun­di de­vant la cour d’assises de la Haute-vienne pour des viols et des agres­sions sexuelles sur sa fille, sa belle-soeur et des élèves.

Peu après 13 heures hier, les ju­rés sont en­trés dans la salle des dé­li­bé­rés, la tête sans doute dé­bor­dante d’in­for­ma­tions.

Après quatre jours de pro­cès, ils ve­naient d’en­tendre Ly­die Wa­ro­lin, avo­cat gé­né­ral, leur ex­pli­quer par le me­nu pour­quoi ils de­vaient dé­cla­rer Mo­ha­med B. cou­pable. Pour­quoi cet homme de 49 ans, pro­fes­seur de ma­thé­ma­tiques, ac­cu­sé de viols sur sa fille de ses 13 ans à sa ma­jo­ri­té, de viols sur sa belle­soeur de ses 14 à ses 21 ans et d’at­teintes sexuelles sur une amie de sa fille, de­vait être en­voyé en pri­son pen­dant douze ans.

Preuves. L’avo­cat gé­né­ral est re­ve­nu sur les dé­cla­ra­tions, co­hé­rentes et sans équi­voques des nom­breuses vic­times et té­moins du dossier, sur les exa­mens mé­di­co­lé­gaux et les ex­per­tises psy­chia­trique et psy­cho­lo­gique qui cor­ro­ borent les dé­cla­ra­tions des vic­times et la vo­lon­té d’em­prise de l’ac­cu­sé.

Quelques mi­nutes après, les ju­rés ont en­ten­du tout l’in­verse, par la voix de Me Ber­trand Villette, avo­cat de la dé­fense. Lon­gue­ment, ce­lui­ci est re­ve­nu sur les élé­ments du dossier, pour dé­mon­trer que les ex­pli­ca­tions avan­cées par son client, qui clame son in­no­cence, n’étaient pas in­vrai­sem­blables.

Il a ten­té de dis­cré­di­ter la pa­role d’une des par­ties ci­viles qui l’ac­cuse d’agres­sions sexuelles lors de cours par­ti­cu­liers, en poin­tant du doigt des va­ria­tions dans les dates et les faits dans ses dé­cla­ra­tions.

Com­plot. Puis il s’est ef­for­cé de don­ner du cré­dit à la thèse du com­plot sou­te­nue par son client, at­tes­tant que cette jeune femme et la fille de l’ac­cu­sé, très amies à l’époque, l’ont ac­cu­sé, afin de se dé­bar­ras­ser de lui. L’ob­jec­tif étant d’ob­te­nir plus de li­ber­té, ce­lui­ci étant sans ar­rêt en train de les contrô­ler.

En­fin, il a de­man­dé aux ju­rés de ne pas te­nir compte du té­moi­gnage ac­ca­blant de la belle­soeur, qui se­lon lui, au­rait un vieux conten­tieux avec son client et agi­rait par ven­geance.

Quant aux restes des té­moi­gnages de jeunes filles, vic­times pré­su­mées des agis­se­ments de leur pro­fes­seur, « au­cune in­ves­ti­ga­tion n’a été me­née pour les prou­ver », a­t­il dé­cla­ré.

Ayant la pa­role en der­nier, Mo­ha­med B. à tra­vers ses san­glots, a ex­hor­té sa fa­mille à res­ter unie avant de s’adres­ser aux ju­rés. « Si vous me con­dam­nez, ce n’est pas grave, la vie conti­nue ».

Al­lant au­de­là des ré­qui­si­tions, la cour et les ju­rés ont condam­né Mo­ha­med B. à 14 ans de ré­clu­sion cri­mi­nelle avec un sui­vi so­cio­ju­di­ciaire pen­dant six ans. Il lui est no­tam­ment fait in­ter­dic­tion d’exer­cer dé­sor­mais une ac­ti­vi­té en rap­port avec des mi­neurs. ■

PHOTO BRIGITTE AZZOPARD

VER­DICT. Après cinq jours de pro­cès, la dé­ci­sion de la cour est tombée vers 16 h 30 hier.

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