Un nou­veau vi­sage pour l’épi­ce­rie place de l’hô­tel-de-ville

En mai der­nier, Agnès Cassan, an­cienne bou­lan­gère, a re­pris l’épi­ce­rie place de l’hô­tel­de­ville

La Montagne (Cantal) - - La Une - Cloé Ma­gis­ter

De­puis en­vi­ron cinq mois, l’épi­ce­rie si­tuée au

7, place de l’hô­tel-de-ville a trou­vé sa nou­velle pro­prié­taire, pour le plus grand plai­sir des clients.

D’un sou­rire simple et sin­cère, Agnès Cassan ac­cueille les vi­si­teurs qui se suc­cèdent dans son épi­ce­rie. Elle semble connaître leur pré­nom, à tous, sans ex­cep­tion. Et ré­ci­pro­que­ment : tous les clients qui passent dans la bou­tique ont l’air de connaître le sien. « Tout le monde me tu­toie. C’est sym­pa et ça n’a rien à voir avec la clien­tèle de la bou­lan­ge­rie… C’est presque un autre monde », af­firme­t­elle.

Car avant de re­prendre l’épi­ce­rie en face de l’hô­tel­de­ville, Agnès Cassan tra­vaillait de­puis 18 ans avec son ma­ri dans la bou­lan­ge­rie des Alouettes. « Ça nous fait main­te­nant deux en­tre­prises, une à moi, une à mon ma­ri. Cha­cun a son propre ma­ga­sin, ex­plique­t­elle. Et ça me plaît d’être toute seule, d’être tou­jours en con­tact avec les gens… Je ne me voyais pas faire autre chose ».

Une op­por­tu­ni­té per­mise suite au dé­part à la re­traite des an­ciens pro­prié­taires, âgés de 87 ans, qui connais­saient bien leur rem­pla­çante. « On tra­vaillait en­semble avec le dé­pôt de pain de­puis deux ou trois ans, dé­crit cette der­nière. On était dé­jà com­mer­çants, et je crois qu’ils avaient peur que quel­qu’un re­prenne leur ma­ga­sin pour en faire des bu­reaux. Ils ne vou­laient pas le lais­ser à n’im­porte qui… Et moi, je ne vou­lais pas en faire autre chose. »

Les dé­buts, pour­tant, n’ont pas été simples pour la nou­velle ve­ nue. « Ils avaient fer­mé trois mois avant que je ne re­prenne le ma­ga­sin, se sou­vient­elle. Il a fal­lu que les gens s’ha­bi­tuent à re­voir une épi­ce­rie ici, et je suis sûre que cer­tains ne savent tou­jours pas que ça a rou­vert ! »

Mais au­jourd’hui, Agnès Cassan a bien trou­vé sa clien­tèle : celle de son an­cienne bou­lange­ rie, mé­lan­gée à celle des an­ciens pro­prié­taires des lieux. Laurent en fait par­tie. Il a gran­di en face de l’épi­ce­rie. « Je suis vrai­ment content qu’elle ait été re­prise, c’est gé­nial. On était tous tristes quand la bou­tique était fer­mée, on l’au­rait été en­core plus si elle l’était res­tée. »

De nom­breux pro­jets

Un autre client entre fur­ti­ve­ment dans la bou­tique. Juste le temps de faire la bise à la nou­velle pro­prié­taire des lieux, parce qu’il « pas­sait de­vant ».

« Je com­mence à connaître les gens, se ré­jouit­elle. Mes clients, je leur parle. Cer­tains viennent juste pour ça, ils achètent tou­jours quelque chose mais s’en servent de pré­texte pour dis­cu­ter. Je connais la vie de plu­sieurs d’entre eux, et à chaque fois je leur dis : “tout ce que vous dites ne sor­ti­ra pas d’ici” », ajoute­t­elle dans un sou­rire.

Sou­rire qui ne la quitte pas lors­qu’elle pense aux pro­jets qui l’at­tendent pour son ma­ga­sin. Par­mi eux, la re­prise du fro­mage à la coupe et l’agran­dis­se­ment du rayon consa­cré aux pains pour y ajou­ter de la pâ­tis­se­rie, des brioches ou en­core des sand­wichs.

Mais pas ques­tion de tou­cher à l’âme de l’épi­ce­rie pour Agnès Cassan. « C’est un com­merce cen­te­naire, après tout. Ça au­rait quand même été dom­mage d’en faire des bu­reaux. Et j’es­père que ceux qui vien­dront après moi pen­se­ront la même chose ».

« Il fal­lait que les gens s’ha­bi­tuent à re­voir une épi­ce­rie ici »

PHOTO DO­RIAN LOUBIÈRE

CONFIANCE. La re­prise de la bou­tique s’est ef­fec­tuée sans grand pro­blème pour Agnès, qui a été ac­com­pa­gnée par l’an­cienne pro­prié­taire pen­dant une semaine.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.