Or­léans re­cherche mé­de­cins de ville

La ca­pi­tale du Centre­val de Loire manque de pra­ti­ciens

La Montagne (Cantal) - - Santé - Cé­dric Gou­rin

De­man­dez à un Or­léa­nais s’il est fa­cile d’ob­te­nir un ren­dez-vous mé­di­cal, la ré­ponse se­ra presque tou­jours la même : « Bon cou­rage ! »

Le dé­fi­cit de gé­né­ra­listes et spé­cia­listes est de­ve­nu tel, dans l’ag­glo­mé­ra­tion or­léa­naise, que cer­tains ha­bi­tants en viennent à se dé­pla­cer à Pa­ris pour consul­ter un den­tiste, un oph­tal­mo­lo­giste…

Pour ce qui est des gé­né­ra­listes, avant de trou­ver son ré­fé­rent, il faut sou­vent s’ar­mer de pa­tience, té­lé­pho­ner, en­core et en­core, en es­pé­rant – le jour où quel­qu’un dé­croche le com­bi­né – ne pas s’en­tendre dire : « Dé­so­lé, nous ne pre­nons pas de nou­veaux pa­tients ». Du vé­cu.

La piste des in­ternes

Le cons­tat est ac­ca­blant : il manque une qua­ran­taine de pra­ti­ciens pour qu’or­léans at­teigne la moyenne na­tio­nale.

« Il y a tou­jours plus de dé­parts que d’ins­tal­la­tions », ob­serve Christophe Ta­fa­ni, pré­sident du Con­seil de l’ordre des mé­de­cins du Loi­ret. Les consé­quences ne sont pas né­gli­geables. Ain­si, de­puis la fin du prin­temps, l’as­so­ cia­tion SOS Mé­de­cins a mis fin à ses consul­ta­tions libres entre 12 et 14 heures. Ar­gu­ment : « Nous ne sommes pas un ca­bi­net de mé­de­cine gé­né­rale. Il faut que les mé­de­cins ins­tal­lés re­prennent leurs res­pon­sa­bi­li­tés en ac­cep­tant de nou­veaux pa­tients ».

« Une dé­marche concer­tée » au­rait été pré­fé­rable, se­lon le Dr Ta­fa­ni, pour qui « per­sonne ne reste à rien faire. Il n’y a pas de so­lu­tion mi­racle et il faut ar­rê­ter d’être pes­si­miste. Tout ce qui peut ai­der est bon à prendre ». Dans ce do­maine, les col­lec­ti­vi­tés lo­cales dé­pensent sans comp­ter. Plu­sieurs mai­sons de san­té plu­ri­dis­ci­pli­naires ont été fi­nan­cées dans l’agglo. Avec suc­cès, comme à Fleu­ry­l esAu­brais, où de nou­veaux mé­de­cins s’ins­tallent.

« C’est un lourd handicap », ad­met le maire d’or­léans et pré­sident de la Mé­tro­pole, Oli­vier Car­ ré, convain­cu que « la so­lu­tion est dans la prise en compte de la chaîne de soins, de l’hô­pi­tal au mé­de­cin de ville ». Avec un double ar­gu­ment : « Ou­vrir des postes de pro­fes­seur des uni­ver­si­tés/pra­ti­cien hos­pi­ta­lier » au CHR, et per­mettre que l’hô­pi­tal soit un « ou­til dans la chaîne de for­ma­tion des in­ternes de la fa­cul­té de Tours ». Une so­lu­tion pour qu’or­léans re­trouve du souffle.

PHOTO ÉRIC MALOT

MAI­SONS DE SAN­TÉ. Les col­lec­ti­vi­tés lo­cales et ré­gio­nales ont fi­nan­cé plu­sieurs en­ti­tés plu­ri­dis­ci­pli­naires pour ten­ter d’at­ti­rer de jeunes mé­de­cins.

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