Tant d’arbres tom­bés avec la neige

Des spé­cia­listes de la ré­gion émettent plu­sieurs hy­po­thèses pour ex­pli­quer l’épi­sode

La Montagne (Cantal) - - Région Actualité - Anne Bourges [email protected]­tre­france.com LE­ZOUX.

Cer­taines liai­sons fer­ro­viaires sus­pen­dues en Au­vergne pour cause d’arbres sur les voies. Des mil­liers de foyers sou­dain pri­vés de té­lé­phone ou d’élec­tri­ci­té. Pour­quoi tant de bois au sol, le 30 oc­tobre, après un si bref épi­sode hi­ver­nal ?

La quan­ti­té de neige tom­bée du­rant la nuit du lun­di 29 au mar­di 30 oc­tobre n’a pas seule­ment sur­pris les ser­vices de voi­rie et pié­gé les au­to­mo­bi­listes.

L’épi­sode a aus­si fait tom­ber de nom­breux arbres, no­tam­ment sur les lignes de che­min de fer et sur les réseaux té­lé­pho­niques et élec­triques, pri­vant d’ali­men­ta­tion jus­qu’à 54.000 foyers.

Entre arbres en­tiers ou branches im­po­santes, le vo­lume de qui a cé­dé est sai­sis­sant par en­droits. Pour­quoi ?

1 Ques­tions de sé­che­resse ?

A prio­ri, le phé­no­mène n’est pas di­rec­te­ment lié au très l ong épi­sode de sé­che­resse es­ti­val, même s’il s’est pro­ lon­gé jus­qu’à la veille du bru­tal bas­cu­le­ment hi­ver­nal.

Fo­res­tier na­tu­ra­liste pour le Co­mi­té scien­ti­fique ré­ gio­nal du pa­tri­moine na­tu­rel, Laurent La­thuillière, ex­plique que des arbres ont pu être fra­gi­li­sés par le manque d’eau. Lors d’épi­ sodes de sé­che­resse sé­vères et pro­lon­gés, les vé­gé­taux conti­nuent à trans­pi­rer mais ne par­viennent plus à trou­ver dans le sol l’ap­port hy­drique né­ces­saire à la re­mon­tée de sève. Des bulles d’air se forment alors dans les ca­naux. La cir­cu­la­tion peut alors ne pas re­prendre. Les par­ties de l’arbre dé­vi­ta­li­sées sont sus­cep­tibles d’avoir cas­sé.

2 Ques­tions de poids de la neige sur des arbres en feuille ?

Di­rec­teur du la­bo­ra­toire de phy­sique et phy­sio­lo­gie in­té­gra­tives de l’arbre, Bru­no Mou­lia penche plu­tôt pour cette hy­po­thèse. « Le pas­sage bru­tal de l’été tar­dif (avec des feuilles sur les arbres) à la neige ar­ri­vée sur des feuillages en­core trop denses, a sou­mis les arbres à une forte charge… ».

Mais ce­la sup­pose que ce soient sur­tout les feuillus qui aient cé­dé plus que d’ha­bi­tude. Ce qui n’a ma­ té­riel­le­ment pas pu être vé­ri­fié.

Ce­la dit, l’in­ci­dence du pa­ra­mètre « feuillage per­sis­tant » de­vrait avoir moins af­fec­té les peu­ple­ments de feuillus en mon­tagne. En al­ti­tude, sti­mu­lée par les épi­sodes hi­ver­naux, la sé­lec­tion est res­pon­sable d’une adap­ta­tion mor­pho­lo­gique qui rend les peu­ple­ments plus ré­sis­tants, ex­plique Laurent La­thuillière. « On a ré­cem­ment mon­tré, en fo­rêt, en condi­tions na­tu­relles, que les arbres s’adaptent aux contraintes mé­ca­niques su­bies », confirme Bru­no Mou­lia. C’est l’exemple des ports de branche plus in­cli­nés pour per­mettre à la neige et au givre de mieux s’écou­ler.

3 Le fac­teur vent qui s’est ajou­té à la neige ?

C’est une ex­pli­ca­tion que Bru­no Mou­lia i nvite à prendre en compte. « Les si­tua­tions “neige plus vent” sont les plus dé­lé­tères pour les arbres […]. Ils s’adaptent en ef­fet aux contraintes mé­ca­niques su­bies, mais, sur­tout vis­à­vis du vent, ce­la prend du temps. Ici c’est ar­ri­vé sou­dai­ne­ment. »

Les arbres s’adaptent aux contraintes mé­ca­niques, mais…

Le 30 oc­tobre, le spec­tacle des arbres tom­bés sur les lignes de che­min de fer entre Cler­mont-fer­rand et Thiers.

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