Le se­cré­taire gé­né­ral de la CGT re­laxé

Il était pour­sui­vi pour une ac­tion au péage de Ger­zat

La Montagne (Cantal) - - Région Actualité - Sté­phane Bar­noin

Pour­sui­vi pour une ac­tion soi-di­sant « illé­gale » me­née au péage de Ger­zat l’été 2017, le se­cré­taire gé­né­ral de l’union dé­par­te­men­tale (UD) du Puy-deDôme de la CGT contes­tait toute ir­ré­gu­la­ri­té. Il a eu gain de cause, lun­di, de­vant la jus­tice.

Ju­lien Pau­liac s’est re­trou­vé à la barre du tri­bu­nal cor­rec­tion­nel après une ac­tion me­née le 8 juillet 2017, en plein conflit sur la ré­forme du Code du tra­vail.

Bar­rières ou­vertes

Ce ma­tin­là, une cin­quan­taine de mi­li­tants, ap­par­te­nant à quatre or­ga­ni­sa­tions dif­fé­rentes, s’étaient dé­ployés au péage de Ger­zat pour une « dis­tri­bu­tion mas­sive de tracts ». L’opé­ra­tion avait pro­vo­qué l’ou­ver­ture des bar­rières. Une au­baine pour l es va­can­ciers en tran­sit : se­lon la so­cié­té APRR, 4.374 vé­hi­cules avaient pu fi­ler gra­tui­te­ment vers le sud en l’es­pace de trois heures. De quoi gé­né­rer, tou­jours se­lon l’ex­ploi­tant, une perte sèche de 40.300 eu­ros.

« Je n’avais ni la force, ni le bou­ton pour le­ver les bar­rières. On n’a tou­ché à rien. Nous, on était juste là pour trac­ter », in­siste d’em­blée Ju­lien Pau­liac. Les élé­ments du dos­sier confortent sa ver­sion : au­cune dé­gra­da­tion ma­té­rielle n’a été consta­tée. C’est en fait une opé­ra­trice D’APRR qui a mis les bar­rières en po­si­tion « ma­ni­fes­ta­tion » – et les a donc ou­vertes – à titre pré­ven­tif.

Mais la ques­tion cen­trale est ailleurs : cette ac­tion sur la voie pu­blique a­t­elle été me­née dans un cadre lé­gal ? Comme l’im­po­ sent l es textes, Ju­lien Pau­liac avait an­non­cé la mo­bi­li­sa­tion à ve­nir via un mail en­voyé à la pré­fec­ture. Mais son cour­riel était pa­ra­phé par lui seul, alors que trois si­gna­tures d’or­ga­ni­sa­teurs sont en théo­rie né­ces­saires. « Je connais cette règle. Mais de­puis huit ans que je suis se­cré­taire gé­né­ral de L’UD, nos ac­tions ont qua­si­ment toutes été an­non­cées aux au­to­ri­tés de la même fa­çon, sans que ce­la pose le moindre sou­ci. C’est l’usage ici. On a des re­la­tions très saines avec la pré­fec­ture, tout se passe de ma­nière fluide. Fran­che­ment, je ne com­prends pas pour­quoi je suis de­vant vous au­jourd’hui », se dé­fend le res­pon­sable de la CGT.

« Sans vic­time »

Ses doutes sont par­ta­gés par le pro­cu­reur lui­même, qui re­con­naît « vo­lon­tiers » que le dos­sier est truf­fé de « dif­fi­cul­tés » et donc d’in­suf­fi­sances. « À l’évi­dence, et contrai­re­ment à ce qui a été re­te­nu dans les pour­suites, nous ne sommes pas face à une ma­ni­fes­ta­tion “in­ter­dite”, concède Ér ic Maillaud. Et le ma­gis­trat de s’éton­ner au pas­sage de l’ab­sence à l’au­dience D’APRR, dont la plainte avait pour­tant ini­tié la pro­cé­dure. Conclu­sion : « On se re­trouve sans par­tie ci­vile, et donc sans vic­time… »

La re­laxe pure et simple re­quise par le par­quet est évi­dem­ment ap­puyée par le conseil du pré­ve­nu.

« Je n’ai vrai­ment pas le sen­ti­ment d’avoir com­mis un dé­lit », ré­sume Ju­lien Pau­liac au terme des dé­bats. C’est aus­si l’avis du tri­bu­nal.

PHO­TO FRED MAR­QUET

CLER­MONT-FERRRAND. Entre 300 et 400 mi­li­tants s’étaient ras­sem­blés de­vant le pa­lais de jus­tice, lun­di, pour dé­non­cer la « ré­pres­sion syn­di­cale » et sou­te­nir Ju­lien Pau­liac( ici au centre, juste avant l’au­dience).

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