Pour l’uti­li­sa­tion rai­son­née des écrans

Tho­mas Roh­mer, ex­pert en pro­tec­tion de l’en­fant et nu­mé­rique, se­ra à Au­rillac le 9 no­vembre

La Montagne (Cantal) - - Cantal - Cloé Ma­gis­ter Pour­quoi sen­si­bi­li­ser les pa­rents à la ques­tion des écrans ? PA­RENTS. Quels sont les risques liés aux écrans ? Pour­tant, les écrans sont sou­vent pré­sen­tés comme étant no­cifs… Quels conseils don­ne­riez­vous aux pa­rents ?

L’ob­jec­tif de la con­fé­rence de ce ven­dre­di : don­ner des conseils et as­tuces aux pa­rents, grands-pa­rents, en­sei­gnants et édu­ca­teurs tou­chés par les en­jeux d’édu­ca­tion, liés à l’uti­li­sa­tion des écrans par les en­fants.

«Écrans et nu­mé­rique en fa­mille : en­jeux d’édu­ca­tion et pré­ven­tion ». Le thème de la con­fé­rence du 9 no­vembre est ain­si po­sé : Tho­mas Roh­mer en se­ra l’ani­ma­teur. Fon­da­teur et pré­sident de l’ob­ser­va­toire de la pa­ren­ta­li­té et de l’édu­ca­tion nu­mé­rique (OPEN), nous l ui avons po­sé quelques ques­tions avant sa ve­nue dans la ca­pi­tale can­ta­lienne.

L’en­jeu est simple : j amais ces ou­tils n’ont été au­tant pré­sents, en quan­ti­té, dans les fa­milles. On risque de fran­chir en­core un pic après les pro­chaines fêtes de fin d’an­née. En pa­ral­lèle, on se rend compte que les écrans viennent bous­cu­ler la ma­nière dont les fa­milles fonc­tionnent en leur sein. Il est né­ces­saire de pou­voir ac­com­pa­gner les pa­rents dans cette ré­flexion, dans la ma­nière dont ils gèrent ces ou­tils. D’au­tant plus qu’ils en sont eux­mêmes de­man­deurs, comme le prouve une étude de l’union na­tio­nale des as­so­cia­tions fa­mi­liales pa­rue en jan­vier 2018, qui dé­mon­trait qu’au­près de 22.000 fa­milles in­ter­ro­gées, l’ac­com­pa­gne­ment au­tour des écrans était de­ve­nu le pre­mier su­jet de pré­oc­cu­pa­tion en France, avant la réus­site sco­laire des en­fants.

Le pro­blème vient de la ma­nière dont les pa­rents uti­lisent ces écrans, sur­tout quand les en­fants sont pe­tits. Dans la plu­part des si­tua­tions, les écrans sont uti­li­sés par les pa­rents comme une mon­naie d’échange pour avoir du temps pour eux, et non pas comme un mo­ ment de par­tage. Quand les pa­rents uti­lisent les écrans comme une ac­ti­vi­té à part en­tière au même titre qu’ils em­mè­ne­raient leurs en­fants faire du to­bog­gan, il n’y a ab­so­lu­ment au­cun risque pour eux de pré­sen­ter quelque re­tard de dé­ve­lop­pe­ment, quelque dé­fi­cience que ce soit. En re­vanche, quand les écrans viennent se sub­sti­tuer à d’autres ac­ti­vi­tés qui sont es­sen­tielles, c’est du temps en moins pour dé­cou­vrir le monde qui les en­toure, et ils pré­sen­te­ront for­cé­ment des re­tards de dé­ve­lop­pe­ment, qui ne sont pas dus à l’ou­til en tant que tel, mais à la ma­nière dont il est uti­li­sé.

Il existe ef­fec­ti­ve­ment des études sur les risques sa­ni­taires. On sait que chez les ado­les­cents par exemple, qui ont beau­coup uti­li­sé les écrans étant pe­tits, on voit ap­pa­raître des pro­blèmes au ni­veau de la vue, et de nou­velles formes de myo­pie. Et ça, c’est dé­mon­tré scien­ti­fi­que­ment. Comme pour les ondes élec­tro­ma­gné­tiques, sur les­quelles on n’a pas en­core ou peu de re­cul. Mais les écrans en tant que tels ne pré­sentent au­cune no­ci­vi­té s’ils sont re­mis à leur juste place, uti­li­sés avec par­ci­mo­nie et qu’ils ne rem­placent pas une autre ac­ti­vi­té.

Le CSA vient de re­lan­cer sa cam­pagne « Pas d’écran avant 3 ans ». À L’OPEN, on es­saye d’être prag­ma­tiques : dire qu’il ne faut pas d’écran au­jourd’hui, ça n’est pas réa­liste et ça n’est pas réa­li­sable. En re­vanche, il faut évi­ter les écrans à cer­tains mo­ments clefs, comme avant de par­tir à l’école, parce que ça énerve et ne per­met pas la concen­tra­tion, ain­si qu’avant le cou­cher parce que ça sol­li­cite trop le cer­veau et ne fa­ci­lite pas l’en­dor­mis­se­ment.

« Dire qu’il ne faut pas d’écran, ça n’est pas réa­liste »

Il est pri­mor­dial de ba­li­ser les mo­ments d’uti­li­sa­tion des écrans et les li­mites avec les en­fants, pour évi­ter les crises de pleurs quand on éteint la ta­blette, le té­lé­phone ou la té­lé. C’est tout bête, mais ça prouve bien qu’à par­tir du mo­ment où on les laisse à leur juste place d’ou­til, il n’y a pas de rai­son que ça se passe mal, et ça se passe même très bien.

Pra­tique. Con­fé­rence-échange, or­ga­ni­sée par l’union dé­par­te­men­tale des as­so­cia­tions fa­mi­liales. Le ven­dre­di 9 no­vembre, à 20 heures, au centre de congrès, à Au­rillac.

PHO­TO D’IL­LUS­TRA­TION F. MAR­QUET

Par­mi leurs prin­ci­paux su­jets de pré­oc­cu­pa­tion : les écrans.

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