Ou­vreur, un poste mau­dit en France

Ca­mille Lo­pez de­vrait être le cin­quième ou­vreur tri­co­lore ali­gné en 2018

La Montagne (Cantal) - - Sports Rugby - Ch­ris­tophe Bu­ron

Le re­tour pro­bable de Ca­mille Lo­pez à l’ou­ver­ture pour af­fron­ter sa­me­di l’afrique du Sud rap­pelle qu’en France plus qu’ailleurs le nu­mé­ro 10 cris­tal­lise tous les maux. Pas moins de sept joueurs ont été ali­gnés à ce poste de­puis la der­nière Coupe du monde.

«Dès qu’il y a une dé­faite, le nu­mé­ro 10 est ce­lui qui charge. On le brûle ». Ce constat est si­gné, il y a quelques an­nées, du sé­lec­tion­neur de l’époque Phi­lippe Saint­an­dré.

Il faut dire que le XV de France a de tout temps était à la re­cherche d’un grand 10. Le mal n’est pas nou­veau, dans un pays où cultu­rel­le­ment le pa­tron a très sou­vent été le nu­mé­ro 9. « PSA » n’a d’ailleurs pas dé­ro­gé à la règle, en « flin­guant » Lo­pez à la sor­tie du Tour­noi 2015 pour oser le pa­ri Mi­cha­lak lors de la Coupe du monde, avec le suc­cès que l’on sait…

Qu’ont fait Guy No­vès et Jacques Bru­nel, les deux sé­lec­tion­neurs des Tri­co­lores de­puis 2016 ? Alors que toutes les grandes na­tions s’ap­puient sur un de­mi d’ou­ver­ture iden­ti­fié (Bar­rett, Fo­ley, Ford, Sex­ton, Rus­sell, Big­gar, San­chez…), l’équipe de France a uti­li­sé pas moins de… sept ou­vreurs dif­fé­rents. Une sta­tis­tique qui sou­ligne le ma­laise fran­çais à ce poste, si stra­té­gique et exi­geant à la fois.

Quand il a pris ses fonc­tions pour le Tour­noi 2016, No­vès a sem­blé ins­tal­ler Jules Plis­son en lui confiant les clés sur les trois pre­miers matchs, avant de le ren­voyer sur le banc, au pro­fit de Trinh­duc, un des grands in­té­ri­maires du poste de­puis ses dé­buts en 2008. Ces deux­là se par­ta­ge­ront la tour­née qui sui­vit en Ar­gen­tine, mais pour les tests de no­vembre, nou­veau coup de ba­lai.

L’an­cien pa­tron du Stade Tou­lou­sain, lors de cette tour­née au­tom­nale 2016, uti­li­sa trois ou­vreurs dif­fé­rents (Trinh­duc, Dous­sain et Lo­pez) en trois matchs… avant de fixer le Cler­mon­tois sur la du­rée lors du Tour­noi 2017 (5 matchs).

Seul Lo­pez a en­chaî­né lors du Tour­noi 2017

For­fait pour la tour­née de juin en Afrique du Sud, Lo­pez pas­sa à nou­veau le té­moin à Plis­son et Trinh­duc. Et en no­vembre, ap­pa­rut Bel­leau pour deux des trois tests, per­dus contre les Blacks et les Wal­la­bies.

Mais le pom­pon re­vient à cette an­née 2018 qui n’est pas ter­mi­née. Jacques Bru­nel, pas ai­dé par les bles­sures, de­vrait ali­gner sa­me­di avec Lo­pez son cin­quième ou­vreur en neuf matchs !

Il a dé­bu­té le Tour­noi avec Ja­li­bert, a pour­sui­vi avec Beauxis, avant de fi­nir avec Trinh­duc. Puis, il a ame­né Bel­leau pour la tour­née néo­zé­lan­daise en juin.

C’est pour­quoi la grande ques­tion avant les tests qui ar­rivent est : Ca­mille Lo­pez se­ra­t­il, en­fin, le de­mi d’ou­ver­ture pé­renne que le XV de France at­tend de­puis des lustres ?

FLOU. En fé­vrier der­nier, lors du Tour­noi, Jacques Bru­nel a hé­si­té entre plu­sieurs ou­vreurs, no­tam­ment Bel­leau ( à gauche) et Beauxis ( à droite), après avoir dé­bu­té la com­pé­ti­tion avec Ja­li­bert.

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