Ca­mille Lo­pez : « Ce­la res­te­ra une frus­tra­tion toute ma car­rière »

La Montagne (Cantal) - - Sports Rugby - Comment avez-vous vé­cu cette an­née et de­mie loin des Bleus ? Vous avez mis long­temps à re­ve­nir… Et vous avez for­cé votre re­tour pour pou­voir pos­tu­ler aux échéanOUVREUR. ces de fin de sai­son avec Cler­mont et à la tour­née du XV de France en Nou­velle-zé­lande

En­core amer après sa non-sé­lec­tion en XV de France pour la Coupe du monde 2015, Ca­mille Lo­pez s’est confié sur son par­cours si­nueux avec les Bleus.

Ses bles­sures l’ont em­pê­ché, à 29 ans, de comp­ter plus de 16 sé­lec­tions. La der­nière en date, qui l’a pri­vé des trois der­niers ren­dez­vous des Bleus, est der­rière lui.

Moins sa non­sé­lec­tion par Phi­lippe Saint­an­dré : ti­tu­laire en no­vembre 2014 puis pen­dant les quatre pre­miers matchs du Tour­noi des Six Na­tions sui­vant, il est dé­cla­ré bles­sé par son club Cler­mont, pour le der­nier, alors que l’en­ca­dre­ment des Bleus l’es­ti­mait apte. « Pour par­ler po­li­ment, je me suis re­trou­vé entre guille­mets “bai­sé” », lâche­t­il. Ce­la a été dur. Lou­per la tour­née en Afrique du Sud (2017) était un choix de ma part ( pour une rai­son mé­di­cale), en ac­cord avec le staff, donc ce n’était pas dif­fi­cile. Mais der­rière, tu te blesses le week­end juste avant l’an­nonce de la liste ( pour no­vembre). Là, tu prends un gros coup der­rière la tête. Car tu as beau dire ce que tu veux, en équipe de France le temps passe. C’était d’au­tant plus dur que je sa­vais que c’était « mort » aus­si pour le Tour­noi.

C’était pire que les croisés, une frac­ture du pé­ro­né et de la mal­léole gauche, avec rup­ture des li­ga­ments. J’au­rais si­gné pour un croi­sé à la place. Le staff me dit que j’ai eu une drôle de bles­sure. Le pire, ça a été la che­ville. J’ai mis qua­si­ment dix mois à pou­voir re­jouer cor­rec­te­ment au rug­by.

Oui, mais je boi­tais, j’avais des dou­leurs, j’étais in­ca­pable de ta­per dans un bal­lon. C’était vrai­ment ca­tas­tro­phique. Au­jourd’hui, même si je ne suis pas dé­bar­ ras­sé de tout, je peux jouer au rug­by nor­ma­le­ment et je ne suis pas un han­di­cap pour l’équipe comme je l’étais en fin de sai­son der­nière.

Vous n’êtes donc pas à 100 % de vos ca­pa­ci­tés phy­siques ?

Je ne le se­rai ja­mais car j’ai un bout de bois à la place de la che­ville. Par mo­ments, c’est com­pli­qué. Il y a des jours avec, des jours sans. J’en ai conscience main­te­nant, je m’y suis pré­pa­ré car on m’a dit que ce se­rait comme ça. Mais, au­jourd’hui, je peux jouer nor­ma­le­ment et qua­si­ment tout faire sur le ter­rain.

Dé­jà, j’ai une grande chance d’être là. Je suis très fier d’être ar­ri­vé ici, pour moi ce­la re­pré­sente beau­coup de choses. Par mes bles­sures, j’ai lou­pé un cer­tain nombre de sé­lec­tions : for­cé­ment je l’ai en tra­vers de la gorge, ce­la res­te­ra une frus­tra­tion toute ma car­rière et toute ma vie. Mais ça fait par­tie du mé­tier. Il faut faire avec, même si c’est frus­trant et qu’on a en­vie de tout cas­ser sur le mo­ment. Tu n’as pas d’autre choix que d’en­cais­ser, te re­le­ver et te re­cons­truire.

Vous de­vez sur­tout avoir en tra­vers de la gorge votre non-sé­lec­tion pour la Coupe du monde 2015…

Celle­là est dure. Parce que tu fais les sept der­niers matchs ti­tu­laire au poste, et sur le der­nier match (du Tour­noi 2015), je me suis re­trou­vé au mi­lieu d’une dis­pute de ga­mins entre deux staffs. Et, pour par­ler po­li­ment, je me suis re­trou­vé entre guille­mets « bai­sé ». Des choix ont été faits. Non pas que spor­ti­ve­ment je mé­ri­tais de la faire, mais on m’a don­né peu d’ex­pli­ca­tions. On m’a dit des choses pour dire des choses.

Frei­né par les bles­sures, Ca­mille Lo­pez ne compte que 16 sé­lec­tions.

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