« J’ai tes­té l’éco-conduite et j’ai éco­no­mi­sé 27 % de car­bu­rant »

La Montagne (Cantal) - - Le Fait Du Jour - Gé­ral­dine Mes­si­na

« L’éco-conduite ce n’est pas conduire moins vite mais au­tre­ment. » Lio­nel La­font, mo­ni­teur d’au­to-école à Riom, est aus­si for­ma­teur dans les en­tre­prises. Pour convaincre les scep­tiques qui, comme moi, conduisent de­puis trente ans, il branche un or­di­na­teur sur la prise de diag­nos­tic du vé­hi­cule.

Il est 9 h 45, et je prends le vo­lant d’une Peu­geot die­sel. La cir­cu­la­tion est fluide et nous par­tons pour un par­cours d’une di­zaine de mi­nutes que j’ai l’ha­bi­tude de faire entre cir­cu­la­tion en ville et voie ra­pide. Sur ma route, des feux rouges, des ronds­points, des dos­d’âne, des pié­tons et des voi­tures, des li­mi­ta­tions de vi­tesse à 30, 50, 70 et 110 km/h. Sur l’écran de Lio­nel La­font, les ca­rac­té­ris­tiques de ma conduite sont en­re­gis­trées.

Une conduite pol­luante et éner­gi­vore au dé­part

Re­tour à l’au­to­école. Lio­nel ana­lyse tout ça avec moi. Pre­mier constat, je change sou­vent de vi­tesse au­de­là des 2.000 tours, j’uti­lise peu la troi­sième et la qua­trième, en­core moins la cin­quième, je freine beau­coup. Bi­lan de ce par­cours de 6,7 km réa­li­sé à 35 km en moyenne, une consom­ma­tion de 5,8 l/100 km et une émis­sion de CO2 de 157 g/km alors que la norme construc­teur du vé­hi­cule in­dique 90 g/km. Ma conduite est éner­gi­vore et pol­luante.

« Tu at­tends trop pour chan­ger de vi­tesse ; lorsque le mo­teur ronfle c’est dé­jà trop tard et par­fois tu ré­tro­grades parce que tu as peur d’être en sous­ré­gime et de ca­ler (quand la voi­ture tremble) alors que tu es sim­ple­ment en bas ré­gime ( sen­sa­tion que la voi­ture “broute”). Tu n’an­ti­cipes pas as­sez et tu freines trop alors qu’en étant plus at­ten­tive au tra­fic et en res­pec­tant bien les dis­tances de sé­cu­ri­té, tu pour­rais dé­cé­lé­rer en le­vant le pied de l’ac­cé­lé­ra­teur ( mais en le lais­sant au­des­sus du frein au cas où) et te lais­ser por­ter par l’élan de la voi­ture sans consom­mer d’es­sence. Et puis, lorsque le mo­teur est chaud, tu peux l’éteindre lorsque tu sais que tu vas at­tendre plus de 15 se­condes à un feu, tu ne consom­me­ras pas plus au re­dé­mar­rage », m’ex­plique Lio­nel.

Avec le die­sel à 1,57 €, ce­la fait 250€ d’éco­no­mie tous les 10.000 km

Ce dé­brie­fing fi­ni, je re­passe der­rière le vo­lant pour ef­fec­tuer le même tra­jet. Il est 11 heures, la cir­cu­la­tion est un peu plus dense avec plus de pié­tons et de li­vrai­sons. Je me concentre et suis les ins­truc­tions.

À l’ar­ri­vée, les chiffres parlent d’eux­mêmes : ma consom­ma­tion a bais­sé de 27 % pour at­teindre 4,2 l/100 km, mes émis­sions de CO2 sont pas­sées à 114 g/km et je n’ai pas rou­lé moins vite avec une vi­tesse moyenne qua­si iden­tique au pre­mier par­cours, soit 34 km/h contre 35.

« Éco­no­mi­ser 27 % de car­bu­rant à 1,57 € le litre de die­sel, c’est 250 € d’éco­no­mie par tranche de 10.000 km », me fait re­mar­quer Lio­nel La­font. Un ar­gu­ment qui achève de me convaincre quand on nous pro­met pour de­main le litre de die­sel à 2 €.

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