Le Ca­fé de France fête ses trente ans

Lu­cien, Isa­belle, Yann et Thier­ry Peu­chles­trade ont ou­vert leur éta­blis­se­ment en 1988

La Montagne (Cantal) - - Aurillac - Em­ma­nuel Tre­met em­ma­nuel.tre­[email protected]­tre­france.com FA­MILLE.

De­puis trente ans, Lu­cien, Isa­belle, Thier­ry et Yann Peu­chles­trade ac­cueillent des gé­né­ra­tions d’au­rilla­cois dans leur Ca­fé de France.

Au­rillac et les Peu­chles­trade, c’est une his­toire de fa­mille. Sur les ter­rains de rug­by d’abord. Lu­cien ain­si que ses fils, Thier­ry – qui coache tou­jours l’équipe pre­mière – et Yann ont por­té le maillot du Stade Au­rilla­cois. Leur re­la­tion avec la pré­fec­ture du Can­tal s’écrit aus­si de­puis trente ans der­rière le comp­toir du Ca­fé de France, place Ger­bert. « Avec mon frère, nous jouions au rug­by à l’époque. Et il est ar­ri­vé qu’en plein hi­ver, le match soit re­mis pour cause de neige. Alors, nous ve­nions là. À l’époque, le ca­fé était te­nu par M. Bi­taud. Il y avait un grand billard fran­çais », ra­conte Yann Peu­chles­trade, qui a tro­qué de­puis le maillot du Stade pour une toque de cui­si­nier.

Une ges­tion en fa­mille

C’est lui qui of­fi­cie der­rière les four­neaux et pro­pose, chaque mi­di, sa cui­sine fa­mi­liale. No­tam­ment des oeufs « avec une mayon­naise par­faite », des plats du jour « sa­vou­reux » et à des prix abor­dables se­lon les clients, ser­vis par sa soeur Isa­belle. « On sa­vait qu’il était en vente. En dis­cu­tant avec nos pa­rents, nous avons dé­ci­dé de ra­che­ter l’éta­blis­se­ment. On sa­vait qu’il y avait du po­ten­tiel. Mais sans se pro­je­ter sur l’ave­nir. »

C’était le 9 sep­tembre 1988. Au­jourd’hui, le billard a dis­pa­ru, mais les Peu­chles­trade vont fê­ter les trente ans d’exis­tence de leur éta­blis­se­ment, sa­me­di 17 no­vembre, à par­tir de mi­di. L’oc­ca­sion de re­ve­nir sur cette aven­ture fa­mi­liale. Pour n’ou­blier per­sonne, leur in­vi­ta­tion s’adresse à celles et ceux qui ont par­ta­gé l’his­toire de ce lieu pour se sou­ve­nir. Et ils sont nom­breux : les moules­frites du jeu­di soir, le « Tour du France » or­ga­ni­sé tous les 13 juillet, les par­ties de dés « 7­14­21 », les fa­meux apé­ros du ven­dre­di soir, la fi­nale de la coupe du monde de foot­ball en 1998… Pour Yann Peu­chles­trade, « cette eu­pho­rie, cette liesse de 1998 », c’est le sou­ve­nir le plus mar­quant.

« Ça a bien pris au dé­but, car Thier­ry et moi étions joueurs du Stade. Une fois le match ter­mi­né et la douche prise, nous ve­nions ou­vrir le bar. Comme tout lieu qui ouvre, ce­la a sus­ci­té l’in­té­rêt et la cu­rio­si­té des gens. C’était le lieu de ren­dez­vous. » Certes, les dé­buts sont liés au rug­by mais pas que. Il suf­fit de se rendre au France le ven­dre­di soir lors du fes­ti­val de théâtre de rue pour s’en rendre compte. « C’est le ren­dez­v ous des Au­rilla­cois », as­surent Sé­bas­tien, Jé­rôme et Éric, des ha­bi­tués de ce bis­trot, qui a gar­dé un lé­ger style pa­ri­sien, au charme non feint, ins­tal­lé juste à cô­té de la pré­fec­ture.

« C’est le ren­dez­vous des Au­rilla­cois »

Et si de­puis trente ans, ça fonc­tionne, « c’est parce qu’on le fait en fa­mille », ré­pète Yann. « Quand tu fai­blis, il y a tou­jours quel­qu’un qui est là. On ne peut pas te­nir un bar dans une ville comme Au­rillac en ne pen­sant que vou­loir faire de l’ar­gent. Il faut que les gens aient en­vie de ve­nir chez nous, d’échan­ger, de par­ta­ger. Nous avons une clien­tèle res­pec­tueuse des autres. »

L’échange et le par­tage, c’est jus­te­ment ce que les Peu­chles­trade pro­posent pour fê­ter les trente ans du France, sa­me­di pro­chain. « Il n’y a rien de spé­cial de pré­vu. Il y au­ra un gui­ta­riste pour l’am­biance mu­si­cale. Nous vou­lons que tout le monde dis­cute jus­qu’au bout de la nuit. » Une fête en toute sim­pli­ci­té, à leur image. Au ca­fé comme dans la vie.

PHO­TO DORIAN LOUBIÈRE

Thier­ry, Isa­belle, Lu­cien et Yann Peu­chles­trade (de gauche à droite).

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