L’éla­gage, entre soin et ur­gence

Les arbres de l’ave­nue du Lio­ran et de la place de la Li­ber­té ont eu droit à leur coupe d’hi­ver

La Montagne (Cantal) - - Saint-Flour - Yann Bays­sat

La se­maine der­nière, la place de la Li­ber­té et l’ave­nue du Lio­ran ont chan­gé de vi­sage, à la fa­veur de l’éla­gage me­né par Phi­lippe Vi­gneau et ses hommes.

S’il y avait plus de lu­mière, jeu­di der­nier, place de la Li­ber­té, ce n’était pas grâce au ciel, em­bru­mé. Mais parce que Phi­lippe Vi­gneau et son équipe ont of­fert aux arbres leur coupe d’hi­ver. Un tra­vail de pré­ci­sion… et de pa­tience.

Pour­quoi ici ? L’en­tre­prise Vi­gneau a ré­pon­du, et rem­por­té un ap­pel d’offres de la mai­rie. Qui por­tait sur deux sites : l’ave­nue du Lio­ran, réa­li­sée en dé­but de se­maine, et la place de la li­ber­té, où l’équipe a tra­vaillé mer­cre­di et jeu­di. Ce se­ra tout pour cette an­née. « Mais on in­ter­vient par­fois en ur­gence aus­si, ex­plique Phi­lippe Vi­gneau, quand des arbres peuvent de­ve­nir dan­ge­reux, suite à des in­tem­pé­ries par exemple. » Là, de sé­cu­ri­té, il n’est pas ques­tion : « il s’agit uni­que­ment d’es­thé­tique, sur­tout pour la place de la Li­ber­té. Ce­la fai­sait un mo­ment que ces arbres n’avaient pas été éla­gués, même si on voit qu’ils ont dé­jà su­bi une coupe. Ils com­men­çaient à être touf­fus, et pou­vaient gê­ner, le mar­ché du mar­di comme l’en­seigne Mag’presse. »

Deux coupes au choix. Ques­tion es­thé­tique, il existe deux pos­si­bi­li­tés, pré­cise Phi­lippe Vi­gneau. « On peut faire la coupe en flamme ou en boule. Dans la pre­mière, on va gui­der les branches vers l’ex­té­rieur, dans la se­conde, pour qu’elles se croisent. Le mieux, pour des al­lées, c’est d’al­ter­ner. Mais en­core faut­il que la struc­ture de l’arbre le per­mette. » Pour la place de la Li­ber­té, ce se­ra une sé­rie de flammes, courtes, comme l’a de­man­dé la mai­rie (et comme le sou­haitent les ri­ve­rains). « On tra­vaille en pleine confiance avec la mu­ni­ci­pa­li­té, c’est bien pour nous. D’au­tant qu’elle nous de­mande de faire at­ten­tion aux arbres, ce qu’on aime ».

Un tra­vail soi­gné. « Je pré­fère ce tra­vail de pré­ci­sion que quand on nous de­mande d’étê­ter un pla­tane ou de cou­per com­plè­te­ment un arbre ». Car on est loin du tra­vail de bû­che­ron. Sur­tout avec ces frênes, « des arbres fa­ciles, mais pour les­quels il faut être très pré­cis, car les branches ont ten­dance à se croi­ser. Il y a un as­pect ar­tis­tique, on doit mo­de­ler l’as­pect fu­tur de l’arbre. » Là, les 35 ans de car­rière du chef d’équipe aident bien.

Un tra­vail de soin. Mais il s’agit aus­si, et c’était sur­tout le cas ave­nue du Lio­ran « où cer­taines pièces étaient un peu moches », d’être aux pe­tits soins des arbres. « Comme pour les che­veux, on coupe les branches pour qu’elles re­poussent mieux. Alors on a af­fû­té cer­taines pièces, pour qu’elles rat­trapent les autres. Notre bou­lot, c’est aus­si de don­ner à cer­tains arbres l’en­vie de man­ger de la soupe. Il n’y a rien de pire que de les lais­ ser mou­rir. D’au­tant que la note est sa­lée, en­suite, si la mai­rie veut plan­ter un arbre adulte. »

Un tra­vail pres­sé. Et tout ce­la, il faut le faire au plus vite. « Parce que la mai­rie prend des ar­rê­tés pour in­ter­dire le sta­tion­ne­ment et nous per­mettre de tra­vailler, on doit s’y confor­mer. La ville doit être illu­mi­née le 1er dé­cembre, et il faut quinze jours aux agents pour pla­cer les guir­landes avant. Donc je ne peux pas traî­ner. » Pour ce­la, le chan­tier est me­né à quatre : deux éla­gueurs, et deux hommes au sol, char­gés de net­toyer au fur et à me­sure. « Car on doit rendre le ter­rain ni­ckel, par res­pect pour les ri­ve­rains. » Mais, pour al­ler vite, en­core faut­il que les San­flo­rains soient ci­toyens… Ce qui n’est pas tou­jours le cas. « Il y a tou­jours des gens qui se garent mal­gré les in­ter­dic­tions. Alors je fais le tour du coin, pour voir si je trouve le pro­prié­taire de la voi­ture à dé­lo­ger. Cette se­maine, j’en ai eu un qui s’est ga­ré à deux en­droits in­ter­dits dif­fé­rents, deux jours de suite. Je l’ai vu, je l’ai fé­li­ci­té, il m’a in­sul­té ». Mais les chan­tiers au­ront pu être ter­mi­nés en temps en en heure. Et les sites de ga­gner en clar­té.

MULTIPLICITÉ. Grim­per, ana­ly­ser, tailler, net­toyer… Un tra­vail pré­cis, mais aus­si pres­sé pour l’équipe de Ph­lippe Vi­gneau.

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