La poisse, sû­re­ment, mais pas seule­ment

Re­tour sur la nou­velle et cruelle dé­faite des Bleus, sa­me­di

La Montagne (Cantal) - - Sports - A Pa­ris, Va­lé­ry Le­fort

Je n’ex­plique pas notre manque de maî­trise en fin de match. C’est anor­mal ! » (Itur­ria, 3e ligne)

Les Fran­çais et leur coach, Jacques Brunel, étaient at­ter­rés, au 36e des­sous même, après le re­vers concé­dé dans les ar­rêts de jeu face à l’afrique du Sud. Mais ils ont aus­si leur part d’ombre...

Cette dé­faite­là ­ l a sep­tième en neuf matchs cette an­née ­ va faire très mal dans la tête des Fran­çais. Car, à ob­ser­ver les rares joueurs qui se sont pré­sen­tés face à la presse près de deux heures après cette im­pro­bable sor­tie de route dont seuls les Bleus semblent ca­pables, c’est une ar­mée de zom­bies qui a dé­fi­lé.

On se sou­vient des plus beaux K.­O. de boxe si­gnés Mo­ha­med Ali ou Mike Ty­son. Les Tri­co­lores sont ap­pa­rus dans cet état­là après l’es­sai si­gné Mbo­nam­bi à la 85e mi­nute de jeu. « Je ne sais plus quoi pen­ser, c’est hor­rible », ânon­nait un Maes­tri per­du dans ses pen­sées.

Trop de bourdes

Le sé­lec­tion­neur Jacques Brunel est ap­pa­ru très aga­cé par ce scé­na­rio qui en rap­pelle d’autres, no­tam­ment ce­lui face à l’ir­lande en dé­but du der­nier Tour­noi. « On perd en­core un match qu’on ne doit ja­mais perdre ! », a pes­té le Ger­sois, mâ­choires ser­rées.

Mais il a aus­si­tôt vou­lu pro­té­ger un groupe que l’on sent au bord du dé­cou­ra­ge­ment. D’au­tant que se pro­file un duel com­pli­qué face aux ru­sés Ar­gen­tins de Ma­rio Ledes­ ma, sa­me­di à Lille. Alors, Brunel a sor­ti le sem­pi­ter­nel : « Tout n’est pas à je­ter. » Li­ta­nie connue...

Il n’a pas tout à fait tort. On a ob­ser­vé du mieux, no­tam­ment dans la di­men­sion phy­sique face à une me­sure éta­lon dans ce do­maine. Tou­te­fois, les Boks ont lais­sé l’ini­tia­tive aux Fran­çais en pre­mière pé­riode et, quand ils ont ac­cé­lé­ré en deuxième pé­riode, ce fut beau­coup plus dé­li­cat... Clai­re­ment, il reste un écart à com­bler.

Mais, sur­tout, l’équipe de France com­met trop de bourdes à ce ni­veau pour ne pas ris­quer le re­tour du coup de bâ­ton. Hier, les par­te­naires de Gui­ra­do l’ont pris en pleine face au bout des ar­rêts de jeu. For­cé­ment, c’est dou­lou­reux. Et plus en­core dans un contexte de si­nis­trose.

Mais l’éche­lon in­ter­na­tio­nal ne par­donne pas. Quand un Ted­dy Tho­mas fait le « zo­zo » en Top 14, gâche trois ou quatre oc­cases face à Agen ou Bor­deaux, per­sonne ne s’of­fusque car on ne re­tient fi­na­le­ment que la cin­quième pour s’ex­ta­sier de son es­sai de 60 mètres. La belle af­faire... Sauf qu’au cran su­pér ieur, il n’y a bien sou­vent qu’une, par­fois deux, si­tua­tions.

Sur son contre de la 35e, où il fi­nit par goin­frer un quatre contre un, le Ra­cing­man est im­par­don­na­ ble. Ima­gine­t­on un ai­lier des Blacks ou un An­glais agir avec au­tant de dé­sin­vol­ture ? La ré­ponse est non ! Car Han­sen ou Jones leur mon­tre­rait la porte.

Après, d’autres faits de jeu plombent les Bleus. Lo­pez (8e) qui ou­blie de jouer à la main pour un es­sai tout fait en pre­mière pé­riode ; Va­haa­ma­hi­na (44e) qui se troue sur un ren­voi et per­met aux Boks de re­ve­nir à sept points ; Ga­brillagues qui s’isole et veut mar­quer comme si la vic­toire en dé­pen­dait ( sic), of­frant sur un pla­teau la dague aux Spring­boks trop heu­reux de pou­voir poi­gnar­der les Bleus.

Le fac­teur chance a aus­si lâ­ché les Bleus. Si Pe­naud par­vient à évi­ter la touche à deux se­condes de la fin, c’est ga­gné. Mais la vraie bou­lette, la der­nière et celle de trop, c’est Ga­brillagues qui la com­met. Avec les consé­quences que l’on connaît...

K.-O. DE­BOUT. C’est l’état dans le­quel se trou­vaient Sé­bas­tien Va­haa­ma­hi­na, Da­mian Pe­naud et leur co­équi­piers tri­co­lores après leur dé­faite concé­dée au bout des ar­rêts de jeu face à l’afrique du Sud.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.