Bon­naire : «Pour­quoi jouer cette ul­time mê­lée comme si on per­dait ?»

La Montagne (Cantal) - - Sports - Va­lé­ry Le­fort

L’an­cien flan­ker de L’ASM, Ju­lien Bon­naire (*) avait du mal à se re­mettre de cette dé­faite. Mais plus en­core de cer­taines si­tua­tions qui ont conduit à ce re­vers alors que le suc­cès ten­dait les bras aux Bleus.

Comment ré­su­mer au mieux ce ré­sul­tat ?

C’est un coup de mas­sue. On s’est don­né les moyens de ga­gner cette par­tie, de faire un ré­sul­tat face à une na­tion ma­jeure. Mais, à la sor­tie, c’est d’au­tant plus frus­trant que c’est notre manque de maî­trise qui nous pé­na­lise.

Il reste quelques se­condes, et il y a cette mê­lée...

Oui, cette mê­lée à pra­ti­que­ment 80 mètres de notre en­but ! On a tout à cet ins­tant pour ga­gner le match. La mê­lée nous est fa­vo­rable en plus. On les en­fonce ! Mais on manque de maî­trise au­tour du ruck. Mais pour­quoi la jouer comme si on per­dait, comme si le score fi­nal en dé­pen­dait ? On l’a jouée pour mar­quer alors qu’il suf­fi­sait de gé­rer. Et à la sor­tie, on perd le bal­lon et tout s’en­chaîne avec le scé­na­rio fi­nal que l’on connaît. Des fois, on est les cham­pions du monde des mau­vais choix... On de­vrait être sou­riant, content du tra­vail ac­com­pli et, fi­na­le­ment, c’est tout le contraire. Mais, jus­te­ment, il nous manque sans doute une vic­toire de pres­tige comme celle­là pour pas­ser à autre chose.

Comment ex­pli­quer ce manque aus­si im­por­tant de maî­trise dans ses mo­ments clés ?

Sans doute parce que c’était dur et que c’était une grosse équipe en face. On avait dit que ce­la al­lait pi­quer, ce fut vrai­ment le cas. Les Boks sont très denses, vrai­ment durs au mal. Quand tu es dans le rouge, tu y laisses for­cé­ment de l’éner­gie, de la lu­ci­di­té. Mais c’est cruel quand même que ce­la se ter­mine ain­si.

« Tho­mas ? Ra­geant pour tout le monde » Parce que les Bleus ont aus­si com­mis des er­reurs...

Oui, on se met plu­sieurs fois en po­si­tion de mar­quer mais on ne sait pas conclure. Ce­pen­dant il y a quand même du mieux. Vous al­lez me dire : ça échoue en­core ce soir. Oui, c’est vrai, mais on va conti­nuer à tra­vailler pour gom­mer tout ce­la... On s’est créé des oc­ca­sions mais on laisse les points en route. Ce que ne font pas les grandes équipes.

La per­cée de Tho­mas est, à ce titre, élo­quente...

( Il tré­pigne, vi­si­ble­ment aga­cé). C’est ra­geant pour tout le monde. Et j’es­père que c’est aus­si le cas pour lui ! Ce qui fait ch..., c’est qu’il fait le plus dur ! J’es­ père qu’il va en avoir plei­ne­ment conscience.

Un mot sur Itur­ria, à un poste que vous connais­sez bien et qu’il dé­cou­vrait en Bleu ?

Il a ré­pon­du pré­sent. Moi, j’ai ap­pré­cié son match. Mais je ne suis pas sur­pris. On connaît son po­ten­tiel.

CONSTAT. « C’est cruel mais, dans le sport de haut ni­veau, il n’y a pas de place pour l’à-peu-près », juge Ju­lien Bon­naire.

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